ACTE V, scf:M: m
Votre cspërancc est morte, ot >olie esprit i;iiéri.
l'infanti:.
Ali! qu'il s'en faut encor.
LFOnOR.
Que pouvcz-Miiis prétendre^
t'iNFANTE.
Mais plutôt quoi espoir me pourrois-lu iléfeiidre? Si Hodriçue couthat sous ces eoudilious, Pour ou rompre ri-n'el j'ai trop d'inveutious. L'amour, ce doux auteur de uies cruels supplées, Aux esprits des amauls appreud trop d'artillces.
Ll.OOR.
Pourrez-Yous quelque chose, après qu'un père mort N'a pu, dans leurs esprits, allumer de diseord? Car Chimèue aiséuieut moulre, par sa conduite, Que la haine aujourd'hui ne fait pas sa poursuite. Elle obtient nu combat, et pour son combattant C'est le premier olfert qu'elle accepte à l'inslanl : Elle n'a point recours à ces jnains généreuses Que taut d'exploits fameux rendent si glorieuse»; Don Sanche lui sultit et mérite sou choix, Parce qu'il va saruier peur la première fois; Elle aime en ce duel son peu d'expérience; Conuiie il est sans renom, elle est sans défiaucc; Et sa facilité vous doit bien faire voir Qu'elle cherche un combat qui force son devoir; Qui livre à son Hodiigue une victoire aisée, Et l'autorise enfin ù paroitrc apaisée.
l'ikfante.
Je le remarque assez, et toutefois mou cœur A l'envi de Chimèue adore ce vainqueur. A quoi me résoudrai-je, amante infortunée/
LÉON ou.
A TOUS mieux souvenir de (jui vou.s êtes née : Le ciel vous doit un roi, vous aim< z un sujet!
1,'lN» INTE.
Mon inclination a bien chau{;é d'obji't. Je n'aime plus Uodriijue, uu simple jjenlilhomme ; Non, ce n'est plus ainsi <|iie mon amour le nijunue Si j'aime, c'est l'auteur de tant de beaux <-X|doit<, C'est le valeur<"ir ' ■' ' ■ ni'i'-" !■• '.'tix rois.
Je me vaincrai pourtant, non de pour d'aucun hlâm», Mais pour ne troubler pas une si belle llnmme ; Et, quand pour ni'oblifjor on l'aurou couionné. Je ne veux point reprendre un bien que j'ai donné. Puisqu'en un tel combat sa victoire est certaine, Allons encore un coup le donner à Chiuiène. , Et toi, qui vois les traits dont mon cœur est percé. Viens me voir achever comme j'ai commencé.
SCElNis ir. — uiiimeNK, elvirk.
cniMÈNE. Elvire, que je soutTre! et que je suis à plaindre! Je ne sais qu'espérer, et je vois tout à craindre; Aucun vau ne m'échappe où j'ose consentir; Je ne souhaite rien sans un prompt repentir, A deux rivaux pour moi je fais prend le les armes : Lo plus heureux succès me coûtera des larmes; Et quoi qu'en ma faveur en ordonne le sort, lion père est sans vengeance, ou mon amant esi moiit
ELVlRE.
D'un et d'autre côté je vous vois soulagée : Ou vous avez Uodiigue, ou vous êtes vengée; Et quoi que le destin puisse ordonner de vous, 11 soutient votre gloire, et vous donne un é[)oux
CHIMÈNE
Quoi! l'objet de ma haine, ou bien de ma colère*!
L'assassin de Rodrigue, ou celui de mon père!
De tous les deux côtés on me donne un mari
Encor tout teint du sang que j'ai le plus chéri.
De tous les deux côtés rpon âme se rebelle.
Je crains plus que la mort la fin de ma querelle.
Allez, vengeance, amour, qui troublez mes esprit»,
Vous n'avez point pour moi de douceurs à ce prix :
Et toi, puissant moteur du deslin qui m'outrage.
Termine ce combat sans aucun avantage,
Sans faire aucun des deux ni vaincu, ni vainqueur
ELVIRE
Ce seroit vous traiter avec trop de rigueur.
Ce combat pour votre âme est un nouveau supplice,
' Va». Quoi ! l'objet de ma hame, ou de latil de tolùre !