SCÈNE IV. - CAMILLE, HORACE, CURLàCE
HORACE
Avez-vous su l'ét t qu'on fait de Curiace, Ma sœur?
CAMILLE
Hélas! mon sort a bien changé de face.
HORACE
Armez-vous de constance, et montrez-vous ma sœur; Et si par mon trépas il retourne vainqueur, Ne (e re^^vez point en meurtrier d'un frère, Vais en homme d'honneur qui fait ce qu'il doit faire, s^iii sert bien son pays, et sait montrer à tous, Par sa haute vertu, qu'il est digne de vous. Comme si je vivois, achevez l'hyménée; V.ais si ce fer aussi tranche sa destinée,
vait dans ces vers un outrage odieux qu'Horace ne devait pas faire à son feeanfrere : je lui dis que c-la préparait au meurtre de Camille, et il ne se rendit pas. Voici ce qu'il eu dit daus son Introduction à la Connaissance de Vesprit /tumntn ;< Corneille apparemment veut pcinrjre ici une valeur fi-roce; mait » s'exprime-t-on ainsi avec un ami et un guerrier modeste? La fierté est une
> passion fort théâtrale; mais elle dégénère en vanité et en petitesse sitôt qu'os
> la montre sans qu'on la provoque. » (Voltaire.)
' Dans Corneille, la scène entre Horace et Curiace "^st admirable. L'amour de la pairie et son énergie poussée jusqu'à la dureté ; . . oour obéissant à la loi de l'honneur, sentant la douleur du sacrifice et l'accomplissant ; les sentiments lei plus généreux de l'àme humaine luttant l'un contre l'autre : il n'y a pas de plu» grand spectacle moral au théâtre. Dans Lope de Vcga, les deux champions De se rencontrent que pour se défier et même s'injurier avant le combat, comme deux héros d'Uonière; et comme si ce n'était pas assez de ces injures, quand Curiace rci'te un instant seul avec Flavia, celle-ci veut l'étrangler, afin d'épargner à son Horace les périls du combat, c Je ferai un acte de Romaine en t'é'ranglant de mes mains ; > et elle le saisit à la gorge. Curiace a grand'peine a se (lébarrasser (Je Flavia ; mais il lui arrive un délenseur : c'est Horatia. € Qii'est-C5 que je vois ! s'écrie Horatia entrant tout à coup; barbare! lâche Dou mari ; ■È'jhe mon niaii! > Elle veut à son tour tuer Flavia, et Curiace a !»!en de la peine encore à empêcher la bataille entre ces deux femmes furieusefc
ISaint-Marc Girardio.)
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Failes à ma vicloire un pareil traitement. Ni* me repi(i(ho7 point la mort de \otie amant. Nos larmes vont couler, et votre cœur se presse : Consumez avec lui toute cette t'oiblesse. Querellez ciel et terre, cl maudissez L sort; Mais après le combat ne pensez plus au mort.
(à Cnriace.)
Je ne vous laisserai qu'un moment avec elle, Puis nous irons ensemble où l'honneur nous appelle^