LOI DES ANCIENS PERSES
A^ÉNOVHOTi, parlant de rinstitution des. jeunes Perses , dit , « que pour leur procurer de bonne a heure la connaissance des lois et des formalités a de la justice, on avait établi dans les écoles pu- «Jbliques un tribunal où ils venaient s'accuser « mutuellement de leurs fautes; et qu'entre autres a crimes on y punissait l'ingratitude avec beaucoup if de sévérité. 11 ajoute que sous le nom d'ingrats « les Perses comprenaient tous ceux qui. se ren* « daient coupables envers les dieux, les parents^ « la patrie et les amis ».
Cette loi admirable non - seulement ordonnait la pratique de tous les devoirs, mais elle remontait jusqu'à leur origine , et les rendait aimables. En effet , si l'on ne peut manquer à ses devoirs sans ingratitude, il s'ensuit qu'il faut les remplir par motif de reconnaissance ;. et de là résulte ce
principe sublime et lumineux, qu'on ne doit agir que par sentiment.
U serait à souhaiter qu'un homme de beaucoup d'esprit employât beaucoup de temps à développer cette grande vérité : elle est la base de la morale et du bonheur; car lorsqu'on agit par amour, on agit sans peine , et lorsque l'amour est bien réglé , on est heureux.
Quand j'ai voulu hasarder quelques réflexions sur cette matière , j'ai été effrayé de la majesté du sujet et de la médiocrité de mes talents: mais la pureté de mes intentions m'a rassuré contre des craintes légitimes. J'ai voulu prouver mon zèle à des personnes dont les bontés me touchent autant qu'elles m'honorent. Je leur s^^crifie ici mon amourpropre , prêt à leur faire des sacrifices plus consi*dérables encore ; et j'ose me flatter que si ce petit ouvrage ne respire pas -la reconnaissance et les sentiments qui me pénètrent , elles s'en prendront moins à mon cœur qu'à mon esprit.
Relativement au passage de Xénophon, ces ré-* flexions auront pour objet la Religion, les Parents, la Patrie et les Amis.
DE MORALE. l5