‹ Œuvres diverses de J.J. BarthélemyChapitre 31 sur 59 · ÉCLAIRCISSEMENT · texte numérisé non relu

ÉCLAIRCISSEMENT

OuoiQUfi Barthélémy n'ait pas eu l'intention de faire un article approfondi sur la vérité de la religion chrétienne , on pourrait néanmoins lui repro-

O Ou RiFLEXiovs de l'éditeur^ le baron de Sainte-^Croùc , sur le premier article ; RcLioioif .

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cher de s*ètre servi d'un argument trop faible, et combattu avec beaucoup de vivacité par Shaftes^ bury et plusieurs autres philosophes. Cet argument est fort ancien et n'a été ignoré ni de Platon , dans son dialogue intitulé Phœdon , ni de Cicéron , qui le fait valoir au sujet de l'imhiortalité de l'âme, dans le premier livre de ses Tusculanes. Arnobe , parlant en feveur du christianisme, dit expressément qu'entre deux partis douteux, l'un qui nous donne des espérances, et l'autre qui nous les ôte, la saine raison nous dicte de choisir le premier, comme le plus sûr. L. II. Contr. génies. Parmi les écrivains du dernier siècle, Antoine Amauld et Labruyère ont adopté cet axiome ; mais celui qui Va mieux développé est évidemment Pascal ; et on a coutume de lui en faire tout l'honneur. C'est lui qu'on a attaqué personnellement là-dessus , et Barthélémy parait l'avoir suivi. Il faut lire tout ce que Pascal dit sur ce sujet dans le premier et le septième chapitres de mfi Pensées. Kien de plus judi* cieux que ses réflexions ; mais il ne les donne point comme formant une démonstration rigoureuse.

Après avoir d'abord fait voir , ' par un calcul simple et frappant, qu'il est plus avantageux de croire que de ne pas croire ce qu'enseigne la religion chrétienne ; il observe que « l'homme étant autant c( corps qu'esprit , il lui faut une croyance d'habi- « tude, qui, sans violence, sans art, sans argu- « ment , nous fait croire les choses et incline toutes « nos puissances à cette croyance , en sorte que te notre âme y tombe naturellement. » Samuel

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Clarke ^ profond et habile raisonneur, ne néglige pas aussi ce genre de preuve; il avance que lors même qu'on supposerait la vérité de la religion moins démontrée et moins conforme à la droite raison , le parti le plus sûr serait toujours de vivre suivant les préceptes de FÉvangile : Discours sur la certitude de la religion chrétienne , chap. aa. Locke lui-^méme ne s'est point éloigné de cette idée j dans son JEssai sur F Entendement humain ^\iy, II, cha* pitre 2 1 . Enfin , Leibnitz , ayant examiné , avec sa logique ordinaire, cet argument, assure quV/ est bon^ K II ne donne pas précisément, selon lui , une « croyance ; mais il oblige d'agir suivant les prête ceptes de la croyance , car on n*a pas la croyance « quand on veut. Ce n'est pas le manque de « croyance qui mérite proprement d'élre puni, 9- mais la malice et l'obstination ; et c'est ce que « beaucoup de théologiens reconnaissent expressé- « ment. » Remarq. sur Tenîhous. , omvr. total. V , p. 33» Avouons donc que Twiome du plus sûr a une grande utilité , celle de nous porter à un. exa* meu réfléchi et à nous disposer à croire sincère* ment, Alors le cœur vient au secours de l'esprit; c'est vraisemblablement sous ce rapport que Bar* thélemy a fait usage de cet aipiment par pré£érence à tant d'autres plus forts , mais qui l'auraient trop écarté du but qu'il se propose dans son excellent traité.

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