‹ Œuvres diverses de J.J. BarthélemyChapitre 43 sur 59 · CHANT IL · texte numérisé non relu

CHANT IL

I RiSTEs mortels, qui, pour vous rendre heureux, Employez Tart , épuisez la nature ,

Tous vos plaisirs ne sont qu'une imposture Qui vous dérobe à Tobjet de vos vœux.

Si le bonheur est la santé de lame^ *

II doit régner dans le calme des sens , Dans le concert des désirs innocents , Dans les douceurs d'une paisible vie.

Où sans apprêt, sans crainte, sans envie, Sans y penser, on jouit sans dégoût, On rit d'un rien , on s'amuse de tout.

Repos charmant, délicieuse ivresse, Où du passé Ton perd le souvenir, Où rarement on pense à l'avenir.

Où le présent n'a rien qui n'intéresse.

O Chanteloup, ô séjour plein d'attraits!

Vous nous faisiez goûter l'heureuse paix Dont j'ai tâché de crayonner l'image , Quand tout-à-coup ce serpent qui jadis D'Adam et d'Eve altéra le ménage.

Vint se glisser dans notre paradis.

CHAITT ir. 169

Mais revenons à notre Aicibîade, A Salisson , qui d*un esprit rassis N est occupé que de son ambassade, n prend un brin de feuille de laurier Qui lui tient lieu de rameau dolirier, Puis il saisit une aile détachée , De papillon, et l'ayant dépecée Il en construit un joli caducée.

Il part soudain , sans être retenu Ni par les cris d'une épouse en fane y Ni par les pleurs d'une amante chérie.

En quelques sauts le yoilà parvenu Tout près des lieux où la triste araignée Des moucherons filait la destinée.

Là, quels objets s'offrent à ses regards!

n aperçoit sur des toiles branlantes De mille morts les dépouilles sanghntes , .

Des corps flétris et des membres épars ; Plus loin encor des victimes tremblantes , Et s'agita nt en vain de toutes parts Pour secouer leurs chaînes accablantes.

Dans le moment qu'immobile , interdit , Notre guerrier et s'arrête et balance, Le monstre noir se cache, et se blottit, Le suit des yeux , et respire en silence ; Puis, comme un trait, sur la toile s'avance.

Mais étonné des sjrmboles de paix ' Que Salisson a pris pour sa défense, n sent calmer ses mouvements secrets , Et sur son dos ayant pris l'excellence

l6o LA GHA^TELOUPÉE.

Il la transporte au fond de son palais.

Là , dépouillant son naturel farouche , Fidèle aux lois de l'hospitalité, Dans un festin par ses mains apprêté, Il lui présente une tête de mouche.

Et cependant le négociateur, De l'araignée intrépide flatteur.

Parait surpris de sa grâce touchante , Exalte fort sa beauté ravissante , Ses bras si longs et son corps si petit; Entend finesse à tout ce qu'elle dit.

Et par degrés fait couler dans son ame D'un sot orgueil le dangereux poison.

Pardonnez, reine, au zèle qui m'enflamme, Âjoute-t-il; mais vous, votre maison, Devez périr par un complot infâme.

Philis, qu'entoure un peuple d'assassins, Hier au soir étoufiEa de ses mains De notre roi la malheureuse femme.

t Ce sort cruel, cet horrible tourment, N'en doutez pas, Philis vous le prépare.

Sa voix est douce, et son cœur est barbare.

Dans ses fureurs elle a fait un serment Qui de vos maux va devenir l'époque.

Elle disait : Je veux que loup me croqu^ , Si désormais l'araignée en ces Ueux Ose montrer son aspect odieux.

Cherchez par-tout le noir et vil insecte ; Contre le mur brisez sa race infecte.

Elle parlait de vous en ce moment j Illustre reine , et sa jalouse rage

CHAUT II. l6

Associait le mépris à loutrage.

Il faut ou fuir, ou venir promptement

Par votre aspect conjurer cet orage.

Quai-je entendu? réplique fièrement

Sa majesté. Moi, reine des corniches,

Des modillons, lambris, alcôves, niches,

Abandonner lâchement le séjour i

Où je commande, où j ai reçu le jour!

Moi , qui , plaçant mon trône sur les faites ,

Bravai cent fois les éclairs, les tempêtes.

Qui, tous les jours, sans trembler , sans pàfir.

Reste tranquille au milieu des abymes !

Non , ce n'est point dans des rangs si sublimes

Qu'une grande ame apprend à s'avilir.

C'est à Philis de ramper sur la terre.

Et c'est à moi de régner dans les cieux.

J'irai demain lui déclarer la guerre ;

Demain j'irai me montrer à ses yeux,

Et mes regards , au défaut du tonnerre ,

La forceront d'abandonner ces lieux.

Allez , allez , dites à votre maître

Que j'aurai soin de venger son honneur ,

Et que Philis va bientôt me connaître.

A ce discours l'adroit ambassadeur Prend congé, part, revient en diligence, De ses travaux reçoit la récompense.

Et reste affable au sein de la faveur.

Digne rival de Dossat, de Destrade, Charmant Boufflers, après votre ambassade, I II

l6a LA GHAICTELOUPÉ^.

Tel on vous vit, modeste eh yos sncoès.

Vous dépouiller du titre d'excellence, Et recevoir cent vingt écus de France Des mains d*un roi généreux à Texcès , Sans que Téclat d une telle opulence Vous eût rendu d*un difficile accès.

Le lendemain était un jour funeste^

Un vendredi, jour que Philis déteste;

Car il influe et jette im sort maudit

Sur ce qu'on fait : Château-Renaud Va dit;

Elle Ta su par sa bonne nourrice,

Qui le tenait d'une excellente actrice,

Qui le tenait d'un jeune cavalier,

Qui le tenait d'une religieuse.

Qui le tenait d'un père cordelier ,

Qui l'avait su par line ravaudense.

Le fil heureux de cette vérité

Se prolongeant par ces routes obliques ,

Monte fort haut dans les fastes antiques.

Ira fort loin dans la postérité.

Si l'araignée avait été savante

Gomme Philis , elle attrait attendu

Qu'un jour plus pur de sa clarté brillante

Eût éclairé son ptojet suspendu.

Mais elle part sous les plus noik? auspices.

Sans considter les dames de la c6ur.

Sur le penchant de mille précipices.

Par monts, par vaux, par maint et maint détour,

E!lle va, vient, descend, remonte, grimpe,

Arrive eiifin au sommet de l'Olympe,

CHAWT II. |63

Précisément au-dessuB du fauteuil Où, tous les soirs , Philis «e tient assise.

Or, Salisson qui la suivait de l'œil, Voulut savoir la fin de l'entreprise.

Dans le salon il entre à petits pas , Marche sans bruit sur le bout de la patte ^ Y voit Tbéds (i), qui sur la molle ouatle Fait reposer ses innocents appas.

Cédant alors à l'espoir qui lé flatte, Dans cet asyle à ses regards offert Il va chercher le vivie et le couvert.

L'astre brillant finissait sa carrière ;

A la faveur de la beauté du jour,

Philis errait dans les champs d'alentour ;

Dans les hameaux , dans une humble chaumière ,

Elle portait sans faste des Isecours.

Elle y portait ces bienfaits , ces discours

Qui, dans les cœurs flétris par l'indigence,

Font luire encore un reste d'espérance.

Elle revient avec Gatti (2) , 1 abbé (S) ,

Et son cher onde (4). On soupe , on a soupe.

Dans le salon on rentre, on se promène;

Et puis chacun raisonne comme il peut,

Et puis chacun- joue à tout ce qu'il veut.

Et puis Philis tout doucement ramène

(i) Petite chienne.

(a) Médecin italien.

(3) L'abbé B

(4) Le B. de Thiers.

!G4 LA CHANTELOUPJÉE.

De son époux les grâces , et Tesprit ,

Et les talents, et sa bonté profonde;

Elle en disait ce que chacun en dit,

Et le disait mieux que personne au inonde.

Mais dans l'instant , ô prodige! ô malheur!

Comme un éclair part un cri de dotdeur ; C est elle-même. A peine elle respire, Sa faible voix sur ses lèvres expire.

Le cri redouble et répand la terreur.

L oncle frémit, Gatti fait la culbute, Hors de lui-même, entraînant dans sa chute Le trésorier de Saint-Martin de Tours (i).

Chacun s*écrie : Au voleur , au secours , Au revenant. — Non, non, à Faraignée, Disait Philis , elle tombe sur moi.

De ses guerriers la troupe consternée Sent en secret augmenter son effroi.

Le tocsin sonne. A ce signal d'alarme Confusément se rangent sous les armes Valets de chambre, ofiBciers, cuisiniers.

Laquais , frotteurs , cochers , palefreniers.

Raquette en main, Gatti marche à leur tête.

Au milieu d eux il Admine , il tempête.

Trois fois il lance un volant dans les airs.

Le monstre rit de ses efforts divers.

Mais le héros qu'un tel outrage anime , Presse les rangs , et donne le signal Avant-coureur d'un assaut général.

(i) L'auteur.

CHAUT II. l65

Pour seconder sa fureur légitime

On voit soudain voler coussins , chapeaux ,

Livres , papiers , mitaines et manteaux.

Vers les lambris les broches se hérissent ,

L*air s'obscurcit, les lumières pâlissent.

De tous côtés Fimage de la mort

Vient assaillir l'araignée interdite.

Son cœur ne peut se soumettre à la fuite

Et sait braver les outrages du sort.

Elle s'élance aussitôt de la voûte ,

Et dans les rangs de l'ennemi troublé

Tombe en fureur. L'armée est en déroute :

Gatti lui seul n'en est point ébranlé,.

Et, soutenu par l'ardeur qui l'embrase,

Il court au monstre, et sous ses pieds l'écrase.

De sa valeur tous les soldats surpris , Pendant trois jours chantèrent sa victoire :

Mais le rayon le plus beau de sa gloire Fut un regard qu'il obtint de PhiUs.

l66 LA CHANTBLOrPÉE.

CHANT m

KJvij la nature a posé des Kmites Pour contenir en des bornes prescrites Des passions l'essor impétueux.

L*homme pervers et l'honime yertttenx Doiyent tous deuit, par divers sacrifices, Assujétir leurs penchants combattus.

Il faut que Fun soit mmtre de ses vices , L'autre le doit être de ses vertus.

Si dans le mal l'excès est effroyable, Cet excès même en prévient le danger.

Mais dans le bien comment se corriger De cet abus que tout rend excusable, Et qui pourtant, par un sort déplorable.

Produit Tefifet d'un dangereux poison ?

Un rien déchire une ame trop sensible.

La bonté même est très-souvent nuisible.

On déraisonne à force de raison.

Trop de vertu rend un homme sauvage , Et l'on se perd à force de courage.

Tel fut le sort du pauvre Salisson.

Par son récit la cour Infortunée

CHAMT m. 167

Avait appris la mort de Taraignée.

Cette nouvelle avait dans un clin-d*œil Semé par*tout l'épouvante et le deuiL L'un court au temple, invoque Proserpine, L'autre humblement se frappe la poitrine.

Les généraux, tous au conseil d'état Viennent en foule , excepté Goliath , Qui, sans respect et d'une dent profane Dans ce moment fourageait Mariane.

£ia peur ayant glacé tous les esprits^ On voit déjà la cruelle Philis Par son exemple ordonner le carnage , Et n'épargner ni le sexe ni Tàge, Piller, brûler, et de ses propres mains De Grand-Glouton ravager le royaume.

C'est Ànnibal qui marche droit à Rome, C'est Attila , le fléau des Romaips.

Un orateur , de s^ patte étendue Traçant en Tair des gestes élégants , Marchons, dit-il, contre les intrigants; Mais marchons tous. La patrie est perdue , Si Scevola , Brutus , Harmpdius N'enflamment point nos esprits abattus.

C'est en son nom que ma voix vous appelle :

Rien de si beau que de mourir pour elle.

Vivre pour soi me semble encor plus beau ^ Répond un autre. Il a bien fait ses classes , L'illustre membre, et je n'ai ni ses grâces, Ni son $av<Hr; mi^ son bouillant cerveau

l68 LA. CHANTELOUPÉE.

De la raison n'atteint pas le niveau.

On a grillé de Grand-Glouton l'épouse; Qu'importe à moi, que Philis trop jalouse Ait fait le coup? Un pareil attentat Ne fut jamais une affaire d'état.

Sauve qui veut l'honneur de la couronne.

Je suis d'avis de ne forcer personne.

Il faut, dit-on, nombre de combattants Pour assurer de si hautes vengeances; Je répondrai qu'il est encore temps De réunir les plus grandes puissances, Punaises , pous , puces et pucerons , Rats et souris , teignes , mites , cirons :

Si c'est trop peu de ceux de la Touraine Faites venir ceux du Perche et du Maine , Et vous aurez cinq à six millions De dents,' de traits, de griffes, d'aiguillons. Tant de soldats garants de la victoire, Vous suffiront sans l'appui de mon bras.

Je suis né libre; aux honneurs du trépas, Je vous le dis, et vous pouvez m'en croire.

Je ne suis pas empressé de courir.

Et je veux vivre avant que de mourir.

Gomme les flots s'élèvent et se brisent, Tous les projets s'en£aintent, se détruisent. On parle, on crie, et le seul désespoir Semble éclairer l'intérêt, le devoir.

Dans cet instant, Grosse-Téte s'avance.

 son aspect, tout le monde en silence.

Sent dans son cœur renaître qHelque espoir.

GHAKT III. 169

Voici, dit>>il| ce que rexpérience Depuis long-temps ma fait apercevoir :

L'homme a la force, et nous avons l'adresse.

Je connais bien son pouvoir, sa faiblesse.

Est-il tranquille, il faut qu'à tout propos

De son voisin il trouble le repos.

Si Fun d'entre eux a la puce à l'oreiUe,

Plua de bonheur; soit qu'il dorme ou qu'il veille.

Des soins cuisants, une secrète horreur,

Glacent d'effroi son esprit et son cœur;

Et dans l'accès d'un funeste délire

D porte au loin le trait qui le déchire.

Oh ! si mes sens , par le temps affaiblis ,

Pouvaient m'offrir encore leurs services ,

De quelle ardeur, avec quelles délices,

J'attaquerais l'oreille de Philis !

— Non, non, moi seul doit remplir votre attente.

Dit Salisson ; j'ai bravé le courroux

De l'araignée, il me sera plus doux

De caresser une oreille charmante.

De tous côtés un murmure flatteur D'un tel succès lui décerne l'honneur.

Suivi des vœux de toute l'assemblée Il disparaît. Son amante accablée L'apprend et court au-devant de ses pas.

Elle l'arrête; et, d'une voix mourante.

Elle s'écrie : Ah! vous ne foirez pas.

Plutôt me voir à vos pieds expirante.

Que d'endurer le noir pressentiment Qui ne me fnontre, en ce cruel moment,

lyo LA GHANTELaUPÉE.

Autour de tous qu un afireux précipice.

O juste ciel! je n'ai qu'un sentiment, Pourquoi faut-il qu'il fasse mon supplice?

J'ai trop âouffert de tos premiers exploits, Je ne saurais rappeler toa^ constance Et supportai une seconde fois Votre danger, meft firayeura, votre «ibseoce. A quelle horreur mes jours sont condamnés!

Quoi! TOUS m'aimei, et vous m'abandonnez!

Daignez cahner, charmante Sauterelle ,

Cette douleur, cet aimable transport,

Dit SalLsson. Le devoir me rappelle ,

Et la patrie exige de mon zèle.

Pour la sauver un généreux effort.

Oui, je le sens; mais ce n'est pas pour elle.

Je veux vous plaire à forcé de vertus,

Vous mériter pour mieux vous, plaira encore.

Ah ! soutenez mes eqirits abattus.

Ne craignez rien: à la troisième aurore.

Je reviendrai me ranger sous YOê lois;

Je reviendrai briUant de mes exploits.

Vous adorer, dimpw vqs aliirmes,

Auprès de VQU^ gp^ter un doux loisir»

Jugez comlnen cQtte ^oire a de cbiMwes, .

Puisqu'elle est joinl^ à Ve^iKnir. du fi^im*

Eh! que me font ta|;loir^ el ta patrie?

Je ne vois pbu que tm jour» en danger.

Que tes serroenla, que ma flamme trahie t Et qu'un ingrat dont jedoûi.Bie viangev.

C'est trop soufiErîr ma honte et %i^ injure»;

CMABTT III. 171

Et si les dieux punissent les parjures , Témoins des matix que tu me fais souftir.

Puissent-ils.... Non , je ne puis le haïr.

Non, je ne puis me condamner à vivre.

Je puis mourir. Permets*moi de te suivie; Je combattrai pour tes jours précieux , Tu combattras avec moi , sous mes yeui.

Les feux brûlants dont je suis pénétrée Seconderont TefiFort de ta valeur ^ Et siu* tes pas ton amante éplorée Partagera ta gloire ou ton malheur.

Un tel dessein alarme la tendresse De Salisson. Mais déjà le temps presse , Le jour parait. Gomment dissuader L amour en pleurs? Il faut enfin céder.

En implorant le dieu qui les anime.

Les deux amants se mettent en chemin, Dans les dangers se tiennent par la main.

Risquant cent fois de tomber dans labyme , Jurent cent fois de ne se point quitter.

Et cependant à force de trotter Ils ont atteint, par une noble audace.

Le ciel du lit, et puis la bonne grâce, Puis l'oreiller, puis le front de Philis.

Dans le sommeil ses sens ensevelis Goûtaient la paix qui règne dans son ame ; Et dans la chambre une lampe de nuit Éclaircissait à peine par sa flainme L'ombre épaissie anx environs du ht,

Le couple heureux, dans ces lieux introduit,

17a LA GHANTELOUPÉE.

Est agité d un trouble qu'il ignore,

Croit respirer la fraîcheur de Taurore ,

Et l'air Irûlant qu'on respire à Paphos.

Puis Salitôon laisse tomber ces mots

En soupirant : Pendant qu'elle sommeille

Emparons-nous de l'une et l'autre oreille;

Prenez la droite , et je vais de ce pas

Saisir la ^uche. A ces mots , Sauterelle ,

Par un sentier qu'elle ne connaît pas

Descend vers l'œil, et par malheur pour elle.

Va s'égarer dans des taillis touffus ,

Dans la paupière.... Elle hésite et chancelle.

Elle s'épuise en efforts superflus ,

Et simple, hélas! comme une villageoise,

Elle se croit dans la forêt d'Amboise.

En vain ses cris appellent son amant.

Il approchait déjà de 1 édifice

Qu'il a choisi pour son département.

Il en admire avec étonnement

Les beaux contours, l'élégant artifice.

Il y pénètre , et plein d'un saint respect ,

Il le parcourt, il va de salle en salle,

Avec plaisir se perd dans ce dédale.

Mais le plaisir rend toujours indiscret.

Sur la peau fine il croit pouvoir sans crainte De ses baisers laisser la douce empreinte.

Il se trahit ; son aiguillon tranchant Croit l'effleurer, et la mord jusqu'au sang.

Philis s'éveille, et du brûlant caustique Sent redoubler la vive impression.

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