‹ Œuvres diverses de J.J. BarthélemyChapitre 47 sur 59 · DE PALMYRE · texte numérisé non relu

DE PALMYRE

JAI ous recueillons les premiers fruits d'une expédition littéraire , faite par une société libre , éclairée, dont les opérations, asservies à un plan régulier, ne pouvaient être , ni pré<ypitées , ni retardées par des ordres supérieurs ou par des vues d'intérêt, et qui ne doit qu'à elle-même la gloire d'avoir exécuté une grande entreprise. Deux Anglais , MM. Dawkins et Bouveric , qui voyageaient en Italie, il y a quelques années, et qui joignaient à l'amour des lettres et des arts , les moyens les plus propres à le satisfaire , formèrent le projet d'aller visiter en Orient les lieux les plus remarquables de . l'antiquité. Dans cette vue ils s'associèrent M. Robert Wood , éditeur de cette ouvrage , et un architecte dont l'habileté leur était connue, et dont le travail a justifié leur choix : un vaisseau équipé

(i) Autrement dite Tadmor au désert A Londres/ 17 53, in-fol. Journal des Savants, avril 1754, p. a4o, édition in -4^.

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à leurs frais vint les prendre à Naples. Il apportait de Londres des présents considérables pour les bâchas et autres officiers de distinction dont ils auraient à se ménager le crédit, des instruments de mathématique propres aux observations qu'ils se proposaient de £aire, et une bibliothèque choisie, composée des meilleurs écrivains de la Grice, soit historiens, soit poètes, auxquels étaient jointes les relations des voyageurs modernes les^plus estimées.

Ce fut avec de pareils secours qu'ils parcoururent la plupart des iles de l'Archipel , une partie de la Grèce en Europe , les côtes de l'Hellespont , de la Propontide et dû Bosphore de Thrace, et qu'ils pénétrèrent dans l'Asie mineure, dans la Syrie, la Phénicîe, la Palestine et l'Egypte. Dans ces lieux, autrefois le théâtift de tant de faits héroïques, nos voyageurs se laissaient conduire paisiblement par les récits des historiens et les descriptions des poètes. Ils se rappelaient à chaque pas les' actions mémorables qui s'y étaient passées , et ce souvenir semblait prêter une sorte de vie et de mouvement aux objets qui les environnaient. Et en effet, c'est dans les plaines de Marathon , c'est aux détroits des Therttiopyles, qu'on lit avec plus de plaisir les vies de Miltiade et de Léonidas. C'est sur les bords du Scamandre que V Iliade brille de nouvelles beautés, et jamais VOdyssée n'eut tant de charmes que dans les lieux qu'Homère a fait retentir de ses chants, ou que les malheurs d'Ulysse ont rendus célèbres*

On jugera sans peine de l'impression que tant de tableaux variés , tant de scènes briUantes , de^

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valent produire sur des voyageurs animés d'un même esprit et d'un même goût : de la chaleur que répandaient sur {eurs plaisirs et leurs travaux communs» des découvertes qui se succédaient sans interruption; enfin, du courage que leur inspiraient des succès qui en plus d'une occasion ont surpassé leur attente, Pénétrés de ces sentiments, ils n'ont pas cru devoir s'y borner. Lorsque la connaissance du local leur a paru nécessaire pour l'intelligence d'un auteur ancien, ils en ont levé le plan. Us ont fait des cartes de géographie pour la plupart des poètes , et celle de la plaine du Scamandre , qu'ils ont tracée tenant Homère à la main , leur a coûté quinze jours de travail. Loin de négliger les in* scriptions qui se présentaient sur leur route, ils ont rapporté les marbres mêmes sur lesqueb on les avait gravées , toutes les fois qu'ils ont pu triompher de l'avarice ou de la superstition des possesseurs; et l'acquisition de plusieurs manuscrits dont la langue ne leur était pas familière , est une preuve qu'ils sacrifiaient tout à l'espoir d'être utiles, quelque incertain que pût être cet espoir.

Cependant un autre objet fixait principalement leurs regards. Instruits des avantages que l'on a retirés du livre de M. Desgodets sur les édifices de l'ancienne Rome, ils dirigeaient souvent leur attentiez vers ces monuments qui embellissaient autrefois la plupart des villes de l'Orient , et dont , en plusieurs endroits, il ne reste que des débris informes, qu'il £aillait quelquefois arracher des jéntraÂlles de la terre. Dans ces ruix^s qui, malgré

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les ravages du temps et des hommes, conservent encore l'empreinte du goût particulier à chaque sie^cle, ils étudiaient loriginè et les progrès de l'architecture; et c'èsfsur des pièces si jus*tificatives qu'ils se trouvent en état de donner l'histoire de ce bel art, et sur- tout des changements qii'il a éprouvés depuis le siècle de Périclès jusqu'à celui de Dioclétien.

Rien n'aurait troublé le cours de tant de découvertes, nous pourrions dire de tant de conquêtes, sans la mort de M. Bouveric, que des vertus solides, un goût éclairé et des connaissances profondes, ornaient à l'eiivi. Heureusement les mêmes qualités se trouvaient réunies dans son ami, M. Dawkins. Son zèle et son activité firent que la petite société s'aperçut moins de la perte qu'elle venait d'éprouver. Enfin, après avoir terminé leurs recherches, nos voyageurs sont revenus en Europe, chargés de richesses plus précieuses à nos yeux que celles dont LucuUus et Pompée avait dépouillé l'Orient.

Leur dessein est de les communiquer successivement au public, et c'est pour consulter son goût qu'ils lui présentent l'ouvrage que nous annonçons; ils l'ont d'abord fait imprimer en anglais, et , pour le rendre d'un usage plus général , ils en ont donné , à Londres même , une édition en français ; le plan , la conduite et le succès de l'entreprise sont développés dans une préface éci'ite avec autant de précision que de simplicité. Nous en avons emprunté les principaux traits , mais nous- les avons exposés sous un jour plus favorable que ne l'a

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fait l'auteur lui-même , qui , ayant partagé les travaux et la gloire de ee. voyage, s'est exprimé avec une modestie convenable à ceux qui exécutent de grandes choses.

Le même ton règne dans un morceau très-bien fait qui est à la suite de la préface; ce sont des recherches sur l'ancien état de Paimyre. Cette ville, dont on. rapporte l'origine à Salomon., et que les auteurs orientaux paraissent avoir toujours connue sous le nom de Tadmor, était éloignée d'environ vingt lieuf s de l'Euphrate, et cinquante de la Méditerranée. Située au pied d'une chaîne de montagnes qui la couvraient à l'occident, elle s'élevait par degrés au-dessus d'une plaine fertile, en tout temps arrosée par des ruisseaux, dont les sources placées sur les hauteurs voisines prenaient au gré du laboureur toutes sortes de directions , et devenaient plus abondantes en été qu'eu hiver. Cet heureux canton, où la nature étalait ses richesses, était environné de tous côtés par de vastes déserts, où le voyageur, incertain de sa route, ne trouvait souvent qu'un sable aride et brûlé par les ardeurs du soleil. A la faveur d'une pareille situation, la ville de Paimyre s/éparée du reste du monde, ne prenait aucune part aux guerres qui, pendant plusieurs siècles, ravagèrent les contrées de l'Orient, et jetait en silence les fondements de sa grandeur future. Du moins ne lui vôit-on jouer aucun rôle, ni ' lors de l'expédition du jeune Cyrus ou d'Alexandre le Grand, ni dans l'histoire des rois de Syrie, ni pendant les premières conquêtes que les Romains

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firent dans ces pays éloignés ; et , lorsquMl en est fait ensuite mention dans les auteurs anciens, il en est parlé comme d*ane ville libre, riche, com* merçante , en état de résister à Marc- Antoine , qui , dans la vue de dépouiller ses habitants, résolut de les poursuivre au-delà de l'Euphrate, où ils s'étaient retirés avec leurs trésors , mais qui tenta vainement de passer ce fleuve en leur présence. Il les accusait de n'avoir pas gardé une exacte neutralité entre les Parthes et les Romains. Cette accusation , qui att fond n'était qu*uu prétexte à son avarice , pouvait en apparence justifier son expédition. La ville de Palmyre était alors, et fut long- temps après, une des frontières communes de l'empire romain et de celui des Parthes. Elle conservait sa liberté au milieu de ces deux puissances attentives Tune et l'autre à la mettre dans leurs intérêts; et devenue * pendant la paix un des entrepôts de leur commerce respectif, elle était pendant la guerre l'objet de de leurs craintes mutuelles. Il parait que dans là suite elle reçut une colonie romaine , mais on ignore l'occasion et la date précise de cet établissement; on ignore de même si la forme de l'ancien gouvernement en fut altérée ; ce qu'on sait de plus certain, c'est qu'au temps de l'empereur GalKen, la ville de Palmyre devint, en quelque façon, la rivale de Rome par les exploits et les vertus d'un de ses citoyens. A ces traits on doit reconnaître Odenat, ce brave officier qui rétablit les affaires des Romains en Orient, qui battit plusieurs fois les Perses, et fit trembler leur souverain dans sa

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capitale ; qui , par la terreur de son nom , obligea les Goths à quitter brusquement l'Asie mineure ; qui , en daignant accepter le titre d'auguste , et l'association à l'empire que lui offrit Gallien, fit plus d'honneur à ce prince qu'il n'en reçut luimême d'un pareil choix; enfin, qui mérita d'avoir Longin pour panégyriste, et Zénobie pour épouse, car, malgré le témoignage de Trébeitius Pollio, nous aimons à nous persuader avec l'auteur anglais qu'elle ne trempa point dans la conspiration qui fit périr Odenat. Des soupçons vagues, recueillis par un écrivain de peu d'autorité , suffiront-il pour ternir la vie d'une reine qui aima la gloire , et qui ne ft'éloigna jamais des routes qui y conduisent? M. Robert Wood rapporte ici tout ce que les an* ciens auteurs ont dit au sujet de Zénobie , et met dans leurs récits l'ordre et l'eiicbainement dont ils sont susceptibles. Ou y voit une jeune princesse unir dans un degré supérieur les grâces aux talents, la valeur et l'expérience aux autres qualités qui forment les héros, remplacer dignement sur le trône un des plus grands hommes qu'ait produit rOrient, dédaigner lalliance des Romains et les mettre en fuite de tous cotés , s'emparer de la Mésopotamie , de la Syrie , de l'Egypte et de presque toute l'Asie mineure , et , après des conquêtes si rapides, tomber entre les mains de l'empereur Aurélien , qui la conduit à Rome où elle passe le reste de ses jours dans une condition privée. Sa chute entraîna celle de l'empire qu'elle avait ionmé. La viUe de Palmyre subît le joug des Romains qui

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la détruisirent ; et, malgré les'soins d'Àurélien, <|ui y fit rebâtir le temple du soleil, malgré les efforts de quelques empereurs qui tâchèrent de la rétablir en différents temps, elle ne jouit plus de son ancienne splendeur. Il n'en est point parlé dans l'histoire romaine après le siècle de Justinien; les auteurs orientaux n'en ont eu qu'une idée superficielle; et la plupart des géographes du dernier siècle qui eu ont fait mention, ne connaissent point son état actuel. Mais, en 167 S, des négociants d'Alep, Anglais de nation , résolurent de s'y rendre sur le récit qu'ils avaient entendu faire des ruines qu'on y voit. Les avanies qu'ils éprouvèrent de la part des Arabes ayant rendu cette première tenta* tiv« infructueuse , ils y retournèrent en 1691 , et y passèrent quatre jours à copier des inscriptions et à lever des plans. Ce voyage fit beaucoup de bruit en Europe ; la relation en fut imprimée dans les Transactions philosophiques, M. Halley l'accom* pagna d'une histoire succincte de l'ancien état de Paimyre, et d'autres critiques se sont exercés sur ce même sujet; mais il n'en est traité nulle part avec plus d'exactitude et de lumières que dans l'ottvrage que nous abrégeons.

Paimyre est habitée aujourd'hui par un petit nombre de familles arabes , dont les huttes construites sans goût et sans ornement , sont dispersées au milieu d'un amas confus de colonnes et de fragments, de marbre et de granit; contraste singulier, où l'on voit d'un coté ce que l'ignorance et la pauvreté peuvent offrir de plus humiliant , et de

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Tautre ce que Topulence et l'art ont jamais produit de plus magnifique. Ces ruines, que nos voyageurs visitèrent en lySi, et qu'ils étudièrent pendant quinze jours, sont les restes des temples et des autres édifices qui ornaient autrefois cette ville , et dont M. Robert Wood a tâché de fixer le temps. Il remarque à cet effet que les divers monuments de Palmyre n'offrent point dans leur architecture ces différences qui caractérisent des âges fort éloignés l'un de l'autre; que l'ordre corinthien qui y règne presque partout ne permet pas de les rapporter à des temps fort éloignés : enfin, que les inscriptions qu'on y lit en plusieurs endroits semblent prouver qu'ils ont été construits dans les trois siècles écoulés depuis la naissance de J. C. jusqu'à Dioclétien. L'auteur est persuadé aussi que la plupart de ces édifices ont été élevés par les Palmyréniens eux-mêmes , et que la situation de Palmjnre suffît pour rendre raison du degré d'opulence où elle était parvenue, et de la somptuosité de ses bâtiments. Le désert était, à son égard, ce qu'est la mer par rapport à la Grande-Bretagne. Il faisait ses richesses et sa sûreté. Ses habitants furent heureux tant qu'ils s'appliquèrent uniquement au commerce, et que les arts, introduits chez eux à la suite des trésors de l'Orient et de l'Occident, se bornèrent à l'embellissement de leur ville. Mais lorsque la perte de la liberté eut entraîné celle du commerce , Palmyre cessa , pour ainsi dire , d'exister ; et , si les débris de sa magnificence subsistent encore aujourd'hui , ils doivent leur conservation I i3

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à la sécheresse du climat, qui n'a pu les dégrader, à la faiblesse dés habitants, qui n'ont pu les détruire , à l'éloignement des autres peuples, qui n'ont pu les transporter. Les Palmyréniens honoraient le soleil et la lune d'un culte particulier. Ils étaient soumis au gouvernement républicain , et paraissent avoir aimé les lettres ; si Longin n'est pas né chez eux , ils ont la gloire de l'avoir protégé. Les auteurs anciens parlent de leur adresse à tirer de l'arc , et l'on voit encore dans leurs sépulcres des momies préparées de la même manière que celle des Égj^ptiens , soit par rapport à la composition du baume destiné à les conserver, soit par rapport aux replis des bandelettes qui les couvrent. De toutes ces réflexions, notre auteur conclut que les Palmyréniens imitaient de grands modèles dans leurs manières, dans leurs vices et dans leurs vertus, et que les coutumes qu'ils observaient dans leurs funérailles venaient d'Egypte, leur luxe de Perse, et leurs arts de Grèce. Parmi les témoignages dont M. Robert Wood s'est servi pour éclaircir l'histoire de Palmyre , il a cité une médaille de l'empereilr Caracalla, où cette ville prend le titre de colonie. Nous ignorons si cette médaille se trouve ailleurs que dans les ouvrages de ceux qui l'ont rapportée d'après Goltzius , auteur respectable , mais souvent fautif. Quoi qu'il en soit , nous profitons de cette occasion pour en publier une qui ne l'a pas encore été , et qui peut exercer avec fruit la sagacité des antiquaires. Cette médaille , qui est de petit bronze, est conservée dans le riche cabinet de M. Pellerin ,

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et représente d'un côté la tête de Serapis au milieu de celles du Soleil et de la Lune , divinités tutélaires des Palmyréniens. On voit au revers, avec le nom de Palmyre exprimé en grec, une Victoire qui tient une balance en équilibre au-dessus d'une borne. Ce type singulier et inusité signifierait - il que ce peuple, dont Talliance était également recherchée des Parthes et des Romains , a>^it remporté des avantages capables de conserver l'équilibre du pouvoir entre ces deux grands empires, et de les contenir dans leurs bornes respectives? Nous n'insistons point sur cette conjecture , et nou^ passons à un autre article de l'ouvrage de M. Robert Wood.

Il a pour objet les inscriptions q\ie nos voyageurs ont copiées à Palmyre. Elles sont gravées en trois planches, et peuvent être divisées en deux classes principales. Les unes sont en grec, et les autres dans l'ancienne langue du pays. Là plupart des grecques avaient déjà été publiées par les Anglais qui sur la fin du dernier siècle se rendirent à Palmyre , et plusieurs savants critiques , tels que MM. Halley , Edouard Rernard et Thomas Smith , avaient tâché de les éclaircir. Nos voyageurs les ' ont vérifiées sur les lieux, et voici les différences qu'on peut observer entre leur copie et les précédentes. I® Ils se sont attachés servilement à dessiner la forme des lettres, précaution très-nécessaire et souvent négligée par ceux qui recueillent des inscriptions; a^ ils ont corrigé quelques fautes qui s'étaient glissées dans les premières copies; 3® ils

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ont rapporté plusieurs inscriptions qui avaient échappé aux premières recherches. Outre ces avantages , M. Robert Wood a joint à ces monuments des notes courtes et judicieuses. Les inscriptions palmyréniennes ont dû coûter plus de travail, mais nous osons dire qu'elles fourniront encore plus de lumières que les inscriptions grecques. Pour justifier cette assertion , nous sommes obligés de développer un point important de la littérature orientale.

Les premiers Anglais qui furent à Palrayre s'aperçurent d'abord que presque toutes les inscriptions grecques qu'on trouvait parmi ces ruines étaient accompagnées d'autant d'inscriptions en une langue dont l'alphabet ne leur était pas connu , et qu'ils prirent pour l'ancienne langue dès Palmyréniens. Ils rapportèrent en Europe trois ou quatre de ces inscriptions, toutes copiées avec si peu d'exactitude que non-seulement la forme des caractères s'y trouve notablement altérée , mais qu'il y manque presque partout des lettres radicales et des mots entiers; et ce qui devait augmenter l'embarras , c'est que ces omissions n'étaient pas même indiquées. De plus, il s'était répandu des copies différentes de ces inscriptions, et les fautes y avaient tellement été multipliées qu'il ne restait souvent d'autre ressource pour fixer la leçon d'un mot, que l'intérêt et la convenance du système qu'on avait embrassé. Aussi, parmi les savants qui voulurent débrouiller ce cahos , les uns avouèrent qu'ils avaient inutilement épuisé leurs conjectures ,

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