LES ANTIQUITÉS
La treizième planche représente la lutte de Pan et de l'Amour ailé. Silène , tenant de la main gauche une palme, porte la droite sur les cornes du petit satyre. Bacchus assis, et tenant de la main gauche un Jong.thyrse, regarde les combattants. Plus haut parait une femme assise, que les uns prennent pour une nourrice de Bacchus , d'autres pour Ariane, ou pour Semèlé, ou pour Vénus, ou pour Cérès. M. Bayardi, dans son catalogue , prend l'ènfant ailé pour Bacchus , et avertit que dans cette peinture la tête de l'homme au long thyrse avait disparu, la di cui. testa è perduta. Nos savants ne nous apprennent point comment elle a été retrouvée. Ils se «contentent de dire qu'elle est couronnée de pampres et de raisins.
Ariane abandonnée dans l'île de Naxos par Thésée , dont on voit le navire , gagnant le large , déjà loin du rivage, est le sujet traité dans les deux planches suivantes. Dans la seizième , la même Ariane est représentée endormie ; un satyre la découvre en partie, tandis que Bacchus, conduit par l'Amour, et; s'appuyant d'une main sur l'épaule de Silène, parait épris de ses charmes. Ce dieu est suivi dans le lointain d'une troupe d'hommes et de bacchantes , où Ton remarque la double flûte , et la corbeille mystique.
Ija dix-septième planche, dont les académiciens d'Herculanum font grand cas ( i ) , représente Apol-
(i) Ils renvoient ici au n°. 233 du catalogue, c'est le 243; il y a quelques autres fautes pareilles, comme pages lai, i3o,
d'herculanuh. 249
Ion appuyé sur une espèce de pilastre, en face d'une femme assise , qui , tenant une branche de laurier , a la tête basse , comme par un sentiment de honte ou de tristesse. La figure néanmoins d'Apollon est telle qu'on peut la prendre pour celle de Paris, ou de Diane, ou de Minerve, ou même de Yen us; et souvent on a cru voir dans les anciens monuments ce dieu sous une forme féminine.
Quant à la femme assise, qui a une petite chaîne d'or à son cou, on ne sait quel nom lui donner. On a pensé à Hélène, à Iphigénie, à Cassandre, etc., sans pouvoir se décider.
La célèbre dispute d'Apollon et de Marsyas , ce téméraire silène , ou satyre ( car on varie sur ce point ) , qui osa défier avec sa flûte le dieu de la lyre, est le sujet de la planche dix-neuf. Apollon > assis et couronné, tient de la main gailche une lyre à quatre cordes , et le plectrum de la droite. Près de lui une muse , tenant une guirlande de fleurs , semble vouloir en couronner l'instrument victorieux. Aux pieds d'Apollon paraît à genoux Olympe, qui intercède pour son malheureux maître. Marsyas, dépouillé et les mains liées derrière le dos^ est attaché à un tronc d'arbre ; et un homme , un couteau à la main , paraît attendre les ordres qu'on va lui donner d'écorcher vif l'infortuné silène, près duquel on voit la double flûte étendue par terre. A ce propos les savants d'Herculanum rapportent lopinlon de ceux qui attribuent à Marsyas l'origine de i'art d'enfler deux flûtes à la fois, quoique d'autres en fassent honneur à Jagnis , sou père. On
%So LSS AJfTJQUlTES
Toit au bout inférieur de chaque flûte une espèce de cheville, qui servait sans doute, dans ces temps grossiers, à varier les tons, les flûtes n'ayant alors point de trous sur les côtés.
Le même instrument paraît aussi dans les deux planches suivantes, dont la première représente un chœur de bacchantes, et l'autre une pompe de Bacchus : M. Bayardi avait aussi cru Tapercevoir dans la main gauche d'une figure de la planche trente^ un ; mais ce sont deux fleurs , suivant l'exposé des académiciens d'Herculanum.
Les planches vingt-deux et vingt"*trois ont rap* port à quelques cérémonies des mystères de Bacdius,mais il est difficile d'en déterminer l'objet: aussL ne nous donne-t-on à cet égard que des conjectures: on peut en dire autant de la vingt-quatrième , qu'on croit regarder le plus fameux , comme le plus caché, des mystères de Bacchus, de ce Bacchus sur»tout qui portait le nom de Bassareus ou Sabazius. On n'est pas plus éclairé sur les deux planches suivantes ; ce qui n'empêche pas les académiciens d'Herculanum de dédommager leurs lecteurs par des notes pleines d'érudition. Il est encore question de Bacchus dans la planche vingtsept; mais c'est presque tout ce qu'on en peut dire. Le principal morceau de la suivante offre la plupart des symboles et des choses propres aux cérémonies du culte de Bacchus, une panthère, un serpent, des cymbales, une branche de laurier , la corbeille , ou le van mystique , le tympanum , le thy rse et diverses sortes de vases.
Ou Tf^rd^ comme inîiiUtres de Bacchus^ deux femmes que présente la planche vingt-^neuvième. Xi'une porte d'tme main le tjrmpaoum , et de Tautre une petite corbeille pleine de verdure. On rappelle à ce Mijet les fête» appelées Thalysies, dans lesquelles on offrait à Céréa et à Bacchus les prëmîce» des champs, pré^nt qui s'ofirait aussi à d'antres <Uvîmtés« La seconde femme porte une patère d'une niaÎQ , 4ét de l'autre un rameau ou une tige qui a la figure d'une ma^aue formée de feuilles et de fleurs; ce qui Ta fait prendre par quelques-uns pour une £érule.
I^a planche trente offre deux morceaux, ou deux figm^es, l'une d'une femme, l'autre d'un homme. Ce que la première tient de la main droite a été pris par quelques-uns pour un thyrse ou un bâton , au haut duquel on portait de la flamme pour éclairer les fêtes nocturnes de Bacchus, tandis que d'autres l'ont regardé comme une trompette. Sur l'épaule gauche, elle porte, suivant M. Bayardi^ une colonne ; mais on remarque ici que c'est un instrument creux qu'on croit pouvoir être aussi une trompette. Rien de plus varié que la forme de cet instrument dans les monuments anciens. Le pavillon de cette trompette est surmonté d'un aigle ; autre circonstance qui a fait naître différents avis, dont le meilleur pourrait être celui qui ne trouve en cela qu'un caprice de peintre. L'homme a la poitrine découverte, de la barbe au menton : il est couronné de lierre, assis et revêtu du pallium; ce qui a* fait croire à quelques-uns que c'était un
a5a LES ANTIQUITES
poète grec, peut-être Homère; d'autres ont mieux aimé le prendre pour un philosophe , et les avis différents ont été. s^ttaqués et soutenus avec un égal avantage. Quoique les savants d'Herculanum aient prodigué dans leurs remarques une vaste et curieuse érudition, bien des gens les en auraient dispensés , vu l'incertitude qui en résulte , et au* raient désiré plus d'étoffe avec moins de broderie. Mais il faut se ressouvenir qu'ils écrivent même pour l'utilité de ces lecteurs qui n'ont ni le pouvoir ni la volonté de consulter les ouvrages qu'on cite , et qu'en indiquant les routes qu^ils ont imaginées pour se conduire dans cette ténébreuse carrière , ib ont voulu mettre tes autres à portée d'en découvrir peut-être de plus sûres:
d'hzrgula^um. a53