‹ Œuvres diverses de J.J. BarthélemyChapitre 59 sur 59 · DE MARC-ANTOINE · texte numérisé non relu

DE MARC-ANTOINE

bués par étages , suivatit Tancienne pratique. Ce vaisseau est apparemment le même dont parle Bayf dans la préface et dans le corps de son ouvrage dere navaliy imprimé par Robert Etienne en 1 537, c'est l'édition que nous avons vue. Cependant , quoique Bayf (i) eût été à Venise, il s'exprime de manière à faire croire qu'il n'avait pas vu ce bâtiment. Mais ce qui parait plus singulier, c'est qu'au rapport de Bayf, François I faisait construire au Havre , ad Portum Gratiarum , une quinquérème pareille, à cinq ordres de rames, mais d'un meilleur goût et mieux proportionnée (a). C'est ainsi qu'il en parle ^ en adressant la parole à ce prince luimême: Nec mirum si hœcjidem non habebunt apud homines nostroSy qui et Fenetorum quinqueremem unam admirantury et tuam totidem ordinuniy quœ iUcan symmetriâ superubity gratulabundi expectanL II en parle aussi dans le corps de son ouvrage: revenons à celui du père Paciaudi.

Il relève, avec raison, une méprise de Larrey, qui a cru que ces lettres. IMP. AUG., qu'on trouve souvent sur les médailles d'Antoine, signifiaient empereur auguste, au lieu que les dernières signifient augure, dignité dont Antoine se fit toujours honneur; ce qui est confirmé par d'autres médailles

(i) Voici ce qu'il en dit, pag. 35: Veneti videant an illa eorum quinqueremis , quœ XXVIIJ tantùm^ opinor, transtris constat y œdificata sit ad antiquarum quinqueremiumrationem.

(a) Elle se nommait Caracon, selon Deslandes, et fut brûlée presque sous les yeux de François I.

agH DES MÉDAILLES

du triumvir, où ce mot est écrit en toutes lettres. Mais la justice, due à tout le monde, ne nous permet pas d'approuver de même la sortie qu'il fait contre Bayle , en le traitant de cynique. A l'occasion d'un traité de paix que le roi de Perse fit avec les Grecs , le critique rapporte les témoignages de Plutarque et de Diodore de Sicile ; et comme les dates produites par ces deux auteurs ne paraissent pas s'accorder , il conclut que les préjugés sont pour Diodore. « Il faut avouer, ajoute-t-il, que a Plutarque n'est 'point un bon guide de chronolo^ « gie: ir transporte quelquefois les événements, « tout comme s'il composait un poëme épique. » Je ne compte pour rien , dit à ce sujet le père Paciaudi (i), l'autorité de cet écrivain acharné à médire des anciens, qui avance que Plutarque a parlé d'Antoine plutôt en poëte qu'en historien. Les débauches d'Antoine ne sont*elles attestées que par Plutarque, et le dérangement des faits peut-il en infirmer la certitude? Mais, i^ il n'est du tout point question d'Antoine dans la remarque de Bayle, comme on vient de le voir, a^ Ce critique n'attaque point la fidélité de Plutarque , ni la vé^

(i) Nec quicquam tribuo auctorUatis maledico illi veterum scriptorum obtrectatori, seu veriiis cynico caniy qui ut Plutarchum dente carperet rahido ait poesin^ potiiis de Antonio ^ quàm historiam finxisse, Jn quœ ah iUo summa animi levitate, vitœque licerttia facta perhibentur^ unius nituntur Plutarchi testimonio? Aut inordinaia temporum séries y quamBayliushistorico culpœ vertit^ dictis ahrogat Jiiîem ? (Pag. ai).

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rite des faits rapportés eii cet endroit. Il se coutente de dire que l'auteur grec n'est pas un bon guide en chronologie : or, on peut être historien véridique, et chronologue peu exact; ensuite dire qu'un auteur transpose les événements, ce n'est pas assurer que les événements soient faux. 3^ Préférer l'autorité de Diodore de Sicile à celle de Plutarque pour Tordre des temps, ce n'est point médire des anciens.

Le père Paciaudi adopte l'idée par laquelle l'abbé Barthélémy rend raison de cetft singularité de quelques médailles antiques , qui présentent d'uu côté un relief, et de l'autre une aire quadrangulaire en creux (i). Il pense que dans l'enfance de l'art, les premiers ouvriers, pour retenir le flan par le moyen des coins , imaginèrent de graver en creux celui qui devait former le type de la médaille, et en relief celui qui devait la fixer. Ce relief était divisé par des lignes gravées en creux, de sorte que la pièce portant sur les parties saillantes , en recevait l'empreinte au premier coup de marteau, et y demeurait engagée pendant le reste de l'opération. Le père Paciaudi a vu plusieurs de ces médailles antiques , avec le tétragone en creux ^ et il en publie sept qui n'avaient point encore paru.

Il termine son ouvrage par des observations sur un marbre antique, venu du Péloponèse, qu'il a vu à Venise. Ce marbre gravé ;représente, à son

(i) On a supprimé dans cette phrase quelques expressions qui sont du secrétaire, ou principal rédacteur du journal.

3oa . RAPPORT.

jusqu'à la notion du beau idéal , dont il se pénétra , et dont il pénétra tous ses lecteurs. De grands succès couronnèrent ses efforts : des erreurs inévitables armèrent les critiques. Mais ses erreurs, ainsi que ses découvertes, firent naître de nou«^ velles idées; et, sous ce point de vue^ il peut être regardé comme un des législateurs de la littérature. Le citoyen Jansen, en réunissant dans son édition toutes les observations que de savants hommes ont faites sur les ouvrages de Winkelmann , rendra un service signalé aux lettres et aux arts. Son entreprise mérite d'être encouragée. Les hommes de génie sont de tous les temps et de tous les pays; et la France , en honorant la mémoire de Winkelmann , aura autant de droit de se l'approprier que la Prusse qui lui donna le jour.

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