DE J. J. BARTHELEMY. XIII
quatre ans, il perdit sa mère très-jeune encore, et déjà chère à ses concitoyens par les qualités de son cœur et de son esprit : il apprit de son père à la pleurer. Joseph le prenait souvent sur ses genoux , et l'entre^ tenant , les lannes aux yeux , de leur perte commune , la lui Élisait sentir avec tant d'attendrissement, que l'impression ne s'en est jamais efFacée. Ainsi , le bon cœur du |)ère formait , par un exemple touchant , le bon cœur du fils, et développait la sensibilité exquise dont la nature l'avait doué.
*Magdeleine Rastit Barthélémy laissa deux fils et deux filles qui ne démentirent jamais leur honorable naissance , ni les leçons et les exemples d'un père si uni^ versellement estimé de ses concitoyens ^ que le jour dé sa mort fat un jour de deuil pour toute la ville d'Àubagne. La mort du frère de celui dont j'écris la vie , fit dans la suite le même effet; et c'est ainsi qu'une succession de vertus non interrompue a honoré cette respectable famille , bien plus que n'auraient pu faire les titres et les décorations dont la vanité fait tant de cas : précieux héritage que les neveux de Jean-Jacques Barthélémy étaient bien dignes de recueillir, et qui ne dépérira pas entre leurs mains,
Jean- Jacques avait douze ans, lorsque son père, après avoir formé son cceùr, l'envoya faire ses études à Marseille, cçtte ancienne et fameuse ville, qui, du temps de Tacite , était recommandable par la simplicité de