‹ uvres diverses de m. RogerChapitre 144 sur 235 · CÉCILE, MARIE · texte numérisé non relu

CÉCILE, MARIE

CÉCILE

Encore une démarche inutile !

MARIE

Peut-être ; N'est- il pas chez lui?

CÉCILE

Non ; c'est qu'il u y veut pas être.

Déjà, depuis deux mois, pour le voir un moment, Combien de soins, d'efforts employés vainement! Pour toi, comme pour moi, sa porte est condamnée. Quelle humeur!... ou plutôt quelle haine obstinée!... Quoi ! cet homme qu'on dit brusque, emporté, mais bon, Pou content de m'ôter et mes biens et mon nom , De méconnaître en moi la fille de son frère, Refuse de me voir ' renvoie avec colère

35o L'AVOCAT,

Mes lettres sans les lire; et, lorsque je ne veux

Qu'assoupir des débats affligeants pour tous deux,

Il cherche cet éclat qui fait toute ma crainte;

Il n'écoute pitié, ni prudence , ni plainte !

Le cruel ne sait pas que d'un mot, aujourd'hui,

( montrant une lettre pliée qu'elle tient à la main.)

Je pourrais le confondre et me venger de lui.

MARIE

Le confondre d'un mot! eh bien! dites-le vite.

CÉCILE

Non ; lui seul doit l'entendre et toujours il m'évite.

31 A. RIE

Mais quel est donc enfin ce mot mystérieux? Est-il dans cette lettre?...

(Cécile cache la lettre.)

Allons, soit... à mes yeux Dérobez-la toujours ! Mais si dans votre cause Elle a de l'importance, ainsi que je suppose, Car je l'ignore au fond, et c'est mal , entre nous, A. monsieur Robertot que ne la donnez-vous? Peste ! il la ferait bien valoir à l'audience.

CÉCILE

Ah ! si je n'écoutais que mon impatience

Et mon dépit... Mais non. N'avons-nous pas déjà

flagné notre procès une fois sans cela?

MA.RIE

De quoi tremblez-vous donc?

CÉCILE

Quand je gagnai l'affaire

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