CÉCILE, MARIE
CÉCILE
Encore une démarche inutile !
MARIE
Peut-être ; N'est- il pas chez lui?
CÉCILE
Non ; c'est qu'il u y veut pas être.
Déjà, depuis deux mois, pour le voir un moment, Combien de soins, d'efforts employés vainement! Pour toi, comme pour moi, sa porte est condamnée. Quelle humeur!... ou plutôt quelle haine obstinée!... Quoi ! cet homme qu'on dit brusque, emporté, mais bon, Pou content de m'ôter et mes biens et mon nom , De méconnaître en moi la fille de son frère, Refuse de me voir ' renvoie avec colère
35o L'AVOCAT,
Mes lettres sans les lire; et, lorsque je ne veux
Qu'assoupir des débats affligeants pour tous deux,
Il cherche cet éclat qui fait toute ma crainte;
Il n'écoute pitié, ni prudence , ni plainte !
Le cruel ne sait pas que d'un mot, aujourd'hui,
( montrant une lettre pliée qu'elle tient à la main.)
Je pourrais le confondre et me venger de lui.
MARIE
Le confondre d'un mot! eh bien! dites-le vite.
CÉCILE
Non ; lui seul doit l'entendre et toujours il m'évite.
31 A. RIE
Mais quel est donc enfin ce mot mystérieux? Est-il dans cette lettre?...
(Cécile cache la lettre.)
Allons, soit... à mes yeux Dérobez-la toujours ! Mais si dans votre cause Elle a de l'importance, ainsi que je suppose, Car je l'ignore au fond, et c'est mal , entre nous, A. monsieur Robertot que ne la donnez-vous? Peste ! il la ferait bien valoir à l'audience.
CÉCILE
Ah ! si je n'écoutais que mon impatience
Et mon dépit... Mais non. N'avons-nous pas déjà
flagné notre procès une fois sans cela?
MA.RIE
De quoi tremblez-vous donc?
CÉCILE
Quand je gagnai l'affaire