ACTE II, SCENE I. 5ôi
Je n'avais pas, hélas ! Armand pour adversaire.
IVIARIE.
Fort bien! parce qu'il vient de Paris? En effet
Voilà de s'effrayer un merveilleux sujet!
Eh ! parlons vrai : tenez, vous le craignez, Cécile,
Moins que vous ne l'aimez... la feinte est inutile.
Et votre trouble seul... Allez, sans vanité.
Je m'y connais.
CÉCILE
Eh bien! oui, c'est la vérité.
MARIE
;Mais pouvez-vous penser qu'il vous aime?
Au contraire.
Me fuirait-il, hélas! si j'avais su lui plaire?... Je m'en flattai pourtant, et crus d'abord en lui Voir ce trouble qu'en moi tu blâmes aujourdhui.
MARIE
Ah! ah! ce qu'on désire aisément se suppose;
Et pour gagner nos cœurs il faut si peu de chose î
CÉCILE
J'en crus trop aisément ses regards, ses discours... L'illusion qui plaît devrait durer toujours ! Mais, tu le vois , malgré le traité qu'on propose. Pour me désespérer il veut plaider la cause.
MARIE
Pour vous désespérer! ali! Dieu l'en punira. Il veut plaider l'affaire? eh bien ! il la perdra.
CÉCILE
Je devrais la gagner, mais ses talents...
MARIE
Folie !
Un homme qui, dit-on , fait de la poésie.
CÉCILE
Ce que je crains eucor bien plus que son talent ,
C'est cette probité, garant sûr et constant
Du bon droit de tous ceux dont il prend la défense,
Et qui pour mon procès me fait trembler d'avance.
Suis-je assez malheureuse? Un seul homme à mes yeux
Réunit goût, esprit et talents précieux;
Sa réputation , sa vertu sont sans tache ;
Sa personne séduit, son caractère attache;
Il n'est ni déUcat , ni sincère à demi ;
Je l'aime î... et le hasard en fait mon ennemi.
Ce qu'en lui j'admirais est ce qu'il me faut craindre ;
Plus il est honnête homme et plus je suis à plaindre.
MARIE
Ah! laissons cet Armand. Le mari qu'il vous faut, C'est Courville; il est riche, et très riche'.
CÉCILE
Mais sot !
MARIE
L'un n'empêche pas l'autre.
CÉCILE
Ail; quelle est ma faiblesse D'avoir de l'épousci pu ilr.nnrr ma promossc!