ACTE II, SCÈNE VI
ARMAND
Je n'en prends pas la peine ; un léger souvenir, Le fruit capricieux d'un instant de loisir...
DUCLOS
Le fruit de votre amour qui clairement s'exprime.
ARMAND
Vous seul en les montrant avez fait tout leur crime ; Et Cécile sans vous, monsieur, n'eût point appris Le secret malheureux que vous avez surpris.
DUCLOS
Ah! vous avouez donc que vous aimez Cécile?
ARMAND
Oui.
DUCLOS
Vous me l'avouez avec un air tranquille!
ARMAND
Vous l'aurais-je caché? si, toujours inquiet, Méfiant...
DUCLOS
Vous voyez! je l'étais sans sujet!
Vous craigniez bien plutôt que cette confidence Sur votre trahison n'éveillât ma prudence.
De quelle trahison me parlez-vous ici ?
DUCLOS
Non ; je vous trouve enseinhlc, ot no suis point trahi !
ARMAND
Le hasard, malgré moi, m'a fait revoir Cécile, Je vous le jure encor.
DUCLOS
Bah! détour inutile!
ARMAND
Eh quoi ! mon cher ami...
DUCLOS
Vous n'êtes plus le mien; Vous m'avez trompé.
ARMAND
Moi ! veuillez m'écouter.
DUCLOS
Rien.
ARMAND
Rien!... Voilà doue le prix de messoms, de mon zèle,
D'un dévouement constant, d'une amitié fidèle!
De votre défenseur vous accusez la foi!
Je viens plaider pour vous , il faut plaidef pour moi i
Le concours fortuit de quelques circonstances
Contre moi, je le sais, a mis les apparences;
Mais de ces jeux du sort quels mortels sont exempts?
Sur la foi du hasard et des événements ,
Doit-on juger celui dont l'honorable vie
D(îs hommes et du sort dément la calomnie?