‹ uvres diverses de m. RogerChapitre 156 sur 235 · ACTE II, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VI

ARMAND

Je n'en prends pas la peine ; un léger souvenir, Le fruit capricieux d'un instant de loisir...

DUCLOS

Le fruit de votre amour qui clairement s'exprime.

ARMAND

Vous seul en les montrant avez fait tout leur crime ; Et Cécile sans vous, monsieur, n'eût point appris Le secret malheureux que vous avez surpris.

DUCLOS

Ah! vous avouez donc que vous aimez Cécile?

ARMAND

Oui.

DUCLOS

Vous me l'avouez avec un air tranquille!

ARMAND

Vous l'aurais-je caché? si, toujours inquiet, Méfiant...

DUCLOS

Vous voyez! je l'étais sans sujet!

Vous craigniez bien plutôt que cette confidence Sur votre trahison n'éveillât ma prudence.

De quelle trahison me parlez-vous ici ?

DUCLOS

Non ; je vous trouve enseinhlc, ot no suis point trahi !

ARMAND

Le hasard, malgré moi, m'a fait revoir Cécile, Je vous le jure encor.

DUCLOS

Bah! détour inutile!

ARMAND

Eh quoi ! mon cher ami...

DUCLOS

Vous n'êtes plus le mien; Vous m'avez trompé.

ARMAND

Moi ! veuillez m'écouter.

DUCLOS

Rien.

ARMAND

Rien!... Voilà doue le prix de messoms, de mon zèle,

D'un dévouement constant, d'une amitié fidèle!

De votre défenseur vous accusez la foi!

Je viens plaider pour vous , il faut plaidef pour moi i

Le concours fortuit de quelques circonstances

Contre moi, je le sais, a mis les apparences;

Mais de ces jeux du sort quels mortels sont exempts?

Sur la foi du hasard et des événements ,

Doit-on juger celui dont l'honorable vie

D(îs hommes et du sort dément la calomnie?

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