‹ uvres diverses de m. RogerChapitre 168 sur 235 · ARMAND, CÉCILE, MARIE · texte numérisé non relu

ARMAND, CÉCILE, MARIE

MARIE

Que voulez-vous eucore à ma pauvre maîtresse , Monsieur ? Faut-il vous voir et vous craindre sans cesse ? Venez-vous?...

CÉCILE

C'est assez.

MARIE

Ah! j'ai peut-être tort!

CÉCILE

Tout ce que tu diras ne peut changer mon sort. Sans fatiguer monsieur d'un reproche inutile , Sortons.

ARMAND

Non... demeurez. Ecoutez-moi, Ce'cile.

Vous devez me haïr... J'ai bravé vos douleurs, J'ai plaidé contre vous et causé vos malheurs... Mais j'ai fait mon devoir. M'en feriez-vous un crime, Lorsqu'en le trahissant je perdais votre estime.^ Quel tourment pour un cœur si tendrement épris! Choisir de votre haine ou de votre mépris!... Je vous ai , je le sais , ravi votre fortune ; Mais qu'avez-vous perdu , quand il vous en reste une Que ne pourront jamais arracher de vos mains Ni caprices du sort, ni jugements humains?

Vous vous croyez à plaindre, 6 femme que j'adore! Ah! combien à mes yeux vous êtes riche encore! Tant de vertus, d'attraits, que vous seule ignorez, Quelle dot pour l'époux que vous vous choisirez! Mais hélas! à ce titre est-ce à moi de prétendre? Puis-je essuyer vos pleurs, moi qui les fis répandre?. Si pourtant le respect , si le plus tendre amour Peuvent auprès de vous trouver grâce à leur tour, Pardonnez-moi, Cécile, et dans votre adversaire Ne voyez qu'un ami qui vous chérit en frère ; Que ce jour orageux ait un doux lendemain. Et daignez m'enrichir en recevant ma main.

MARIE , avec un cri de joie.

Ah! monsieur l'avocat, serait-il bien possible?

CÉCILE

A tant d'amour, monsieur, je dois être sensible^ Mais ne puis avec vous former aucun lien.

ARMAND

Quoi! vous ?...

MARIE

Le refuser! mais y pensez-vous bien ?

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