ARMAND, DUCLOS, CÉCILE, MARIE
DUCLOS, en dehors.
Armand! où donc est-il? Armand! que je le voie!
(Il l'aperçoit cl lui saule au cou.)
Ah! pher ami! je sais... j'ai gagné... quelle joie!
J'en étais sûr! Pourtant, comme je l'ai traité!...
Oui, si j'avais perdu, je l'aurais mérité!
ifai su notre succès par Robertot lui-même...
Il partait. Il était d'une fureur extrême !
Mais vous, qu'avez- vous donc ? n'êtes-vous pas content?
N'êtes- vous pas heureux d'avoir un tel talent?
ARMAND
Très heureux en effet... Cécile aussi sans doute?
DUCLOS, à Cécile.
Ah! pardonnez,., ma joie à vos peines ajoute: J'ai tort.
MARIE
Le plus grand tort c'est de nous ruiner.
DUCLOS
Vous ruiner! qui? moi! peut-on le soupçonner?
(à Cécile.)
Quand je ne saurais pas combien Armand vous aime, N'ai-je pas une dette à vous payer moi-même?
( à Armand.)
Tantôt, quand mon procès me paraissait perdu,
Ne voulait-elle pas que tout me fût rendu? Et je pourrais, pour prix d'un procédé si tendre, Conserver tous les biens qu'elle a voulu me rendre! Morbleu! c'est m'offenser, et je m'en vengerai; De sa dot c'est moi seul, moi, qui me chargerai.
CÉCILE
Monsieur...
MARIE, à Cécile, montrant Armand.
Çà maintenant nous l'épousons, je pense.
ARMAND
Eh bien ! Cécile , eh bien !
DUCLOS
Est-ce qu'elle balance?
CÉCILE
Pardonnez: tous les deux vous me pressez en vain, Et je dois refuser et vos dons et sa main.
ARMAND
Ciel!
CÉCILE, à Duclos.
Si je ne suis point fille de votre frère, Monsieur, je ne suis plus pour vous qu'une étrangère , Qui des biens de vos fils ne dois accepter rien. Je voulais des parents et non pas votre bien.
( montrant Armand.)
Et, plus j'ai pour monsieur d'estime véritable. Plus d'accepter sa main je me croirais coupable. Un homme tel que lui , que je sois riche ou non , Ne doit point épouser une fille sans nom.