SEL3IOURS
Et \T)US trop généreux ; Car mon peu de fortune...
BONÉZI.
Eh! mon dieu! bagatelle!
Votre future est riche, et pour vous et pour elle; Ce n'est pas là l'obstacle...
(conGdeinraent.)
Et vous seriez unis, Mon cher, dès aujourd'hui, si vous n'aviez pas pris Un métier... Ce n'est pas qu'il ne soit estimable; Moi, j'en fais très grand cas... un cas considérable;
i54 LA DUPE DE SOI-MEME,
Mais chacun n'aime pas les beaux-arts comme nous; 11 faut qu'on s'y connaisse. Et d'ailleurs, voyez- vous, Vive un état qui joint l'honorable à l'utile.. . La banque, par exemple!... Ah!... mais il est facile D'y suppléer.
SELMOURS , l'embrassant .
Mon père !
BONÉZI.
Ai-je rien fait encor ?
Avant de m'embrasser, soyez heureux, d'abord.
SELMOURS.
Ah ! mon bonheur est sûr.
BONÉZI.
Modérez cette ivresse ; Car enfin il nous faut du temps et de l'adresse.
SELMOURS.
De l'adresse ?
(Justine s'avance sur la pointe du pied.) BONÉZI.
Sans doute. Ah! parbleu! voilà bien Les discours des amants! ils ne doutent de rien. Connaissez- vous si peu votre futur beau-père ?
SELMOURS.
Il est si bon !...
RONÉZI.
Si bon ? qui? lui ? C'est un corsaire , Un Arabe, un Juif... Mais, je saurai lui parler.
SEI-MOURS, surpris.
Lui parler!