ACTE 11, SCEM-: V. i
SELMOURS, stupéfait.
Qui ? moi !
BONÉZI.
Sans doute; il faut malgré lui l'épouser.
DUBOIS, à part.
La bonne dupe !
SELMOURS.
O ciel ! qu'osez-vous proposer ?
BONÉZI.
Eh! ce que je ferais en pareil cas moi-même.
SELMOURS.
Mais le père...
BONÉZI.
Est un sot.
SELMOURS.
Mais sa fille...
Vous aime.
SELMOURS.
Quoi! sans le consulter...
BONÉZI.
A-t-il pris mon avis Pour m'enlever la veuve à qui j'étais promis ?
DUBOIS
Ah ! oui , parbleu , vraiment !
SELMOURS.
Troubler une famillj ?. .
BONÉZI.
Eh! c'est lui (|ui la trouble en refusant sa fille.
SELMOURS, avec ame.
Non!... je veux, quoi qu'il puisse en arriver un jour , A l'honneur, au devoir, immoler mon amour.
BONÉZI.
Mais votre bonheur veut...
SELMOURS, de même.
Le bonheur véritable Est de porter partout un cœur irréprochable.
BONÉZI.
Et ce cœur n'aura-t-il rien à se reprocher, S'il cause le trépas d? qui l'a su toucher?
SELMOURS, ému.
Que vous me déchirez!... Ah! de ce que vous dites, Si vous pouviez peser l'importance et les suites!... Si vous considériez...
BOIVÉZI.
Eh ! quels égards doit-on A ces pères tyrans, de qui l'ambition, Immolant le repos et les jours de leurs filles. Produit et le désordre et les pleurs des familles ? Comment donc! un Français à qui, moi, dans ce jour, Je donne des leçons pour servir son amour !... Mais je n'en reviens pas !
SELMOURS.
A tout moyen extrême Avant d'avoir recours , si je parlais moi-même Au père ?
BONÉZI.
Qui ? vous !