‹ uvres diverses de m. RogerChapitre 95 sur 235 · SCENE HT · texte numérisé non relu

SCENE HT

(haut.) J'arrive tard? Mais quoi! j'ai trouve sur ma route Un merveilleux , un fat, qui ne sait rien, sans doute, Et qui juge, proscrit, loue à tort à travers Les tableaux, la musique, et la prose et les vers. Il m'a de ses bons mots assommé plus d'une heure, Et suivi, malgré moi, jusqu'à notre demeure. Aussi, morbleu ! je l'ai gourmande comme il faut.

DESROSTfAIS.

Vous vous plaignez d'un fat? Plaignez-le bien plutôt : Doublement malheureux, dans le monde il éprouve Et l'ennui qu'il y porte et l'ennui qu'il y trouve.

Non , c'est une fureur qui se répand partout :

On n'invente plus rien , et l'on critique tout.

Ah! çà, ne perdons pas notre temps. Votre ouvrage

(regardant Desrosnais.)

N'est pas fini, sans doute? Un joli voisinage Donne lieu quelquefois à des distractions.

Pardon.

DUBREUIL

Que je le voie , avant que nous allions Au Salon.

DESROSNAIS.

Au Salon ?

(à part.)

Eh quoi ! toujours ensemble !

a56 CÂROLINL:,

nUBREUIL.

Gela doit être beau!

CAROLENE , lui montrant son dessin.

Tenez, que vous en semble?-

DUBRELIL.

Je l'avais prévu.

Quoi !

DUBREUIL

Mais cela ne vaut rien.

<;AR0LI]VE, montrant Desrosnais.

Monsieur n'en juge pas ainsi.

DUBREUIL

Je le crois bien ; Tout ce qui vient de vous, il le trouve admirable.

DESROSNAIS.

Vous l'avez dit, Monsieur; rien de plus véritable.

DUBREUIL , considérant le dessin.

Quels traits! quelle maigreur !... voyez un peu ce bras!,.. Des oreilles, un nez, qui ne finissent pas! Enfermez-vous ; sans quoi, toujours mauvais ouvrage.

(à Desrosnais , avec malice.)

Vous, monsieur, pour quelqu'un qui peint le paysage , Vous n'allez pas souvent à la campagne?

DESROSNAIS.

Ah! bon!

Vous croyez?

DLBREUIL , tirant sa montre.

(Viel! midi!... coiu'ons vile au Salon.

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