‹ Œuvres diversesChapitre 13 sur 69 · A S. M. ALEXANDRE I · texte numérisé non relu

A S. M. ALEXANDRE I

BHfiiBo^ oa toin«s lu acpiiBf 9 Eolni dédUnt latsadaction de /'i^n^iWe.

Mo'dèle beiireux des potentats » ^

Deff législateurs et des sages y L'amour de vos jBnjeis^ l'orgueil de vos âats» .

Agréez les nouveaux hommages , • D'un poète déjà connu par vos bien fait^f Qui loua raréfiant i^et ne flgitia [Dînais :

92 EPIIRJÈS.

D'un pénible, travail oet aspeir irie €onsoltf.

Tel que l'aimaut /tidèle au pôle^ Qui montre au nautonier et sa route et le port , Par un instinct secret dirigé vers le;nord , A travers TOcénn , dans sa prison flottante Montre ^out votre zoire une aqiitië coostantef Ainsi , par^in attrait imfTcrîeu^c et doux y Des cœucs bien nés la boussole Hdèle, ^

La reconnaissance , m'appelle Vors vos climats ^ et se tourne vers vous.

Autrefois ina muse rustique .

Vous présenta ^ de ses modestes mains , ^ Des fruits de son clos poétique ^ Et quelqu^ft fleurs de se& jardins :

Au lieu de ce tribut fragile ^ Je vous offre aujourd'hui le laurier dé Virgile j

Non ee lauriec profane et mensonger Que sur lePausilippeau crédule étranger L'intérêt vend, et que l'erreur achète ;* ' Mais les lauriers dont ce fameux poète Ornaje front du second des Césars ^ Lorsque^ vainqueur des discordes civiles j Il relevait les temples et les-villes, Ressuscitait les lois, et ranimait les arts.

Du poète romain téméraire interprète ^^

J'écoutai trop'' mon audace indiscrète ; Mais peut-être iin rdyon^de soti feu créateur Anima quelquefois *son faible imitateur :

Sous votre zone glaciale

Ainsi Hatirore boréale , Quand le soleil absent diffère son retour;

Triomphe de la nuit , et console du jour.

Virgile^ ignore de nos belles y Quelquefois dé^ nos beaux éspiMsy . ^ Dans' des estampes infidèles - A^ait perda son brillant coloris :

Si de ses peintures vivantes J'ai conserve quelques touches savantes |.

Que rojtre accueil en soit le prix.

Dans vos loisirs ^ si j'en dois croire Cette légère dëite Qui 9 pour vous y abjurant son infidelijte.

Déjà de vos vertus parle comme rHistoire% Vous cultivez les arts; et dans le même temps Où vous dictez vos lois sur la terre et sui^ l'onde ^ ' A ces soi^s importans qui font le sort du monde Vous deVobez quelques instans Pour les donner à la langue divine ' , Et* de Corneille ^t de Racine^ Un jour , si mon désir des dieux est avoue , . Partout se répandra cette langue immortelle ; Car le langage où vous êtes loue Doit devenir la langue universelle.

Si dans le nord, un Virgile nouveau Pour vous dèl'e'pope'e allume le flambeau y' Il n'aura plus à peindre un prince déplorable |

Roi fugitif d'un peuple misérable ^ Pe malheurs en malheurs jeté' par les destiifs \ Ni quelques bafques vagabondes

Au gre d'Eole esrai^tes sur les ondes ^^

M EPrniB&

Et demandant un poH à des gIîiimiJa lointains ;^

Mais un grand peuple, y heureux dans sa patiie , Riche de vos vertus et de votive industrie ,

MaSs<vos*!Hijets et vos vaisseaux., Heureûk instituteurs d'un peuple encor barbare y Par le eonlnierce le plus rare , fit des échanges tont Douvèaux, , Portant des mœurs et des lois au Tartare ^ Et rapportant, ses grains et ses troupeaux.

C'est sur les pas i& mon fnodèle j C'est en son nom que ma ^use aujourd'hui f

Son admirateur fidèle |

Ose solliciter l'appui

D'un prince humain y sensible et juste.

Virgile est mon Mécène; et qui peut mieux qoè lui

Me protcgér aujprès d'&uguste? ^ • Mais quoi ! vous comparer à ce roitiàin 'fameux

N'est-ce point blesser votre gloire?

Plus d'une cruauté , plus d'un Crinie honteux , Aux yeux de l'avenir a souillé son histoire : Il proscrivit Ovide , il )ivra Gicéron ; En couronnant Tibère il prépara Néron».

Votre gloire,eirnaissantycalmeyinnoéente et sage , Eclata sans tempête | et briiU sans nuage.

D'un beau jour qu printemps , tel le jeune soleil

Sous un ciel paisible et vermeil

Ouvrant et poursuivant sa course,

Ety ppur*tousJes climats divers .' D'abondance et de joie inépui3able sourfie.

N'enlève les vapeurs dans t empire des airs Que pour ïes rendre à la terre embrasée

En salutaire plaie , tn fertile rosée.; Des'Gouleiirs sur Ta terre épanche le trésor, ' Se léte dans la pourpre , et se touche dans Tor i De sa donce lumière enveloppe le monde | S'annonce à runlvêrs^avec nn front'serein.

Endort lés vents et tranquillise Tonde , Joint les bienfaits du -soir aux bienfaits 4^ matin , Rend les )prés aux^troupeauz^el les fleurs k Tabèille, Permet aux téphyrs seuls deisbivte son chemin^

Et ne répond au genire hiimain

Ni dçs'tempétes oe la veille *

Ni des torrens du lendemain :

Tel descend le bonheur de ^(kre ran? sublime. . Daignez donc m'accorder votre indulgente estime ; El que Virgilci èn cpstume françaisr,

Pour jouir d'un nouveau succès ,

Passant de ces belles contrées

Sur vos plages hyperbo'récs y Obtienne cncor dans le palais des czàrs Les honneiirs^qu'il reçut à la cour des Césstrs. Il n'j trouvera p/is la maîtresse du monde , . En crimes , en vertus , en désastres -féconde , Vil'ramasy en naisjsant, de peuplades sans nom ; Au sortir du berceau comme un jeune lion

Dévorant tout sdr son passage , Au milieh de la paix jouet d un long orage , Echappantpar la guerre à la dissension ;. - Tourmentant en ton» sens ses lois républicaines , Payantrla liberté ide se* d^risir des cnâînes Par la discorde et la sédition ; '

Selassant d'un bonheur tranquille; Soumise dans les camps, factieuse à la ville i

96 EPITRESk

Par des decreU gouvernant le. soldat y A la fougue du4)çuple opposant le» auspices , Sage- dans son sénat ^ folle dans- ses comices, Sur la foi d'un oiseau s'élançant au combal y De succès en succès hâtant sa dëc04^nce ; Par les'excès du luxe , enfant de 4ibondance*|

Vengeant les rois qu'elle immola ; Du Levant pour le Nord entassant l'upulenee ,'

Et sous Verres prillant ppjir Attila j Dans sa fougueuse adolescence Secouant tour à tour les enlrjives'des lois , Et le joug populaire ^t le sceptre des rois ; Cédant , ressaisi ssanl^^ fière Indépendance \ Reine , tyran , esclave, et rebelle à la foi^ j

D'une moitié de ses antiques droits Déshéritant le Tibre , enrichissant «fijzance ; Tous les vices Yninant cette double puissance \

Enfin de ce colosse immense L'édr&ce orgueilleux s'écrouiant sous son poids.

Au lieu de Rome antique et défaillante, ■

Il V verra la jeunesse brillante " De votre empire florissant , Sous vos heureuses lois chaque jour s^aecroissant^ Le pouvoir protecteiu» la force bienfaitrice , Le commerce enhardi , le cpédit assuré , La clémence marchant auprès de 'la justice, Et des sujets heureux sous un maître adoré.

• * Le commerce long-témp^ sur vos bo^ds tributaires

Porta des rives étrangères • Leur richesse empruntée et leur Uixe vénal; Aujourd'hui , défiant le faste oriental ,

Vous offrez h nos yeux votre pompe indigène :

JEnorgueillr de son luxe natal , Du superbe Paris Pëlersbotirg est rival,

Et la Neva roule égale à la Seine ; , Vos mouls vous donnent des métaux ^

Vos bois des mât», vos rochers des cristaux ; Vos mers vous ont soumis l^urs bndes orageuses ;

Dans vos cîte's, vàs^portS', vos arsenaux, Que de grandsjnonumens, que de hardiV travaux ! Du Savoir embarque sur vos nefs voyageuses

Les promenades courageuses ReconnaisscBt le monde,' et cherchent sur les-eaux

Des continens et de3 peupfes nouveaux. -- Epfin, pour achever d'embellir vos rivages , Les beaux-arts, de la paix aifi\ables nourrissons , GréfFent des fruits plus doux sup des liges sauvages, Et sèment de fleurs vos plaçons.

Oui, vainement la nature sévère

Autour de Vbus entasse les frimas, - * Les lieux où vous re'gnez sont toujours sûrs de plaire;

Les bonnes lois font les.ciimat^. ' Ainsi dïi biten publÎQ Te'difice s'ëlèvc; Ce que Pierre entreprit Alexandre Tachèiyc.

V olre âge même, ornement <lu pouvoir, Noiu-rit la confiance;^ entretient Tallegresse ;

D'un long bonheur il donne la promesse :

Le présent a ses bieos , l'avenir son espoir. - Des âges qui naîtront vous semez la richesse : Et, certain de jouir, enchanté de prévoir.

Le peuple qu'à vos lois enchaîne te devoir Eu voyant vos vertus,- bénit votre jeunesse.

CEUV. DIV. ' 9

08 EPITRESL

Jadis le vovageor qui du pied d'an eoleau Voyait laillir \m liinpide ruisseaa .

oordede fleurs, et dans sa course Aux chanws fertilisé^ distribuiuit son eau, Saluait sa Naïade, et, ckeccliant son berceau, Courait a?ec respect l'adorer dans sa source ;

£t moi , d'cin si vertueux fils Pourrai-je sëparelr salienfaisante mère ?

Non^,les inémes penchans tpus deu|: vbus ont unis.

Heureuse quand l'ëtat prospère , Sans chercher des grandèurs.rappa^eil fastueux. C'est dans un fils sage et respectueux- (

Qu'elle se plait^ se voir honorée ; ' ^

Son cœur dans vos veftius, etses jeux dans vos traits

Trouvent son imagé adorëe

E^e plus doux. d^ ses portraits. ' ^

Parmi les biens dtfut se compose

Votre gloire ^ votre bonheur, %

Si vous pouviez 'regretter quelque^ chose, Votre auguste moitié remplirait votre cœur :

Sa beauté du pouvoir rehausse la splendeur }

Sa tendre amitié vous repose

Des soins sénans de la grandeur : . Vos dons, vers.es par elle, en ont plus de doucear; C'est le miel exprimé d^un calice ae rose^

Pour moi , je n'oublîrai jamais Vos augustes faveurs, mon seul titre de gloire; Et ma muse sera, grâces à vos bienfaits,

Une des filles 'de mémoire.

A MADAME DEULLE ,

En loi dédiant to noèoie ds P Imagination.

O loi, de tous les biens. le plus dier à- mon cœur, Qui m'adoucis le» maux , m'embellis le bonheur, Dont la raison aimable et la sage folie, Quand du crime légal les sanglans Attentats Jetaient autour de nous les ombres du trépas,

M'opt tant de fois, dans^ma mélancolie , Consolé de la mort , et presque de la vie .

Reçois rbommage de ces vers , Douce distraction de. mes chagrins amers.

A qui de mon plus cher ouvrage I^lus justement pouvais-je offrir l'hommage/ Le sujet t'avait plu , ma muse l'embrassa ;

Et cette ouvrage commença

(Que cette époque m'intéresse ! ) Le jour même où pour toi coçamença ma tendresse : Ce jour, un seul regard sufBt pour m'enflammer ; Car te montrer c!est plaire, et te vçir c'est t'aimer. Oh! par combien de douces sympathies

Nos apaes étaient assorties!

Pour le malheur même pîtîé.

Même chaleur dans l'amitié ,

Pareil dédain pour la richesse ,

ParçiUe horreur pour la bassesse ; Mêmes soins du présent , même oubli du passé ,

100 EPITBES.

pont bientôt de notre mémoire Tout, hormis tatitd*amour, peuti'élre uffpeu de g^lotrc.

Va pour jamais être eifacë.

Dans les revers même fonstance ,

Surtout la même insouciance •

De rimpënëtrable avenir :

Que dis-îe ^ avec la Mort et sa lugubre escorte

De loin je crois le voir Venir : \ Déjà l'essaim des maux vient frapper à ma porte ;

Le Temps , dont je ressens TafFront, Déjà sur moi portant ses mains «ritlesi *

De ses inefta^ables rides .

Laboure* mpn visage et sillonne mon front.

Qu'importe y si je pni^^ dans mo|i heureuse ivresse ^ Reprendre quelc^uefois et mH Ijre-et mes chants l

Mais je n'ai plus ces sons touchans Qu'embellissait encor ta voix enchanteresse !

Jadis mes vers présomptueux Chantaient de Tunivers lés nombreux phénomènes^

Les* frais vallons , les monts mâTjestueux^ Des bataillons armes le choc tumultueux , Des volcans embrases les fureurs souterraines,

Et le volcan bien plus impétueux De nos discordes inhumaines.

Quelquefois^ déployant de plus riantes scènes , Je prêtais aux jardins de pUis riches couleurs Je guidais un ruisseau, je plantais un bocage. Et des austères lois de Itur vieil esclivage J'affranchissais les bois, j'émancipais les fleurs ; D'autre fois, dans la paix des domaines champêtres, Poètç duhamej^U; j'enseignais à loui^s maîtres

EPiTBES.. iOi

L'art d'jL nourrir raaliaue honneur, De vivre nenreux où vivaient leurs ancêtres, Et de répandra autour d'e\^x^leai: bouheur.

Mais aujourd'hui des arts , de Fa nature ^ Vainement j'oserais essayer la peinture : • Sur mes yeux se répand un nuage confus-^ £t comment peindre encor ce que ie ne vois plus I Le ^eu brillant du jour et de la lyre, Qui rarement daigne encor me sourire î N'est plus pour moi, dans ce triste univers, Le dieu de là' lumière, helas! ni de^ beaux vers. Les muses , à mes vœcix autrefois si dociles, Quand , jeune encor, je vivais sous leur loi , Se montrent d^jti difficiles , Même quand je chante pour toi f Déjà de mon aride Veine Les nombres cadetfcëajfie coulent qu'avec peine.

Ecoute donc ^ avant de meTermér les yeux , Ma dernière prièie et mes derniers adieux :

Je te l'ai dît, au bout de cette courte vie,' Ma plus chère espérance et ma plus douce envie ,

C'est de dormir an bord d\tn clair ruisseau, A l'ombre d'un vieux chêne ou d'un jeune arbrisseau. Que ce lieu ne soh pas une profane enceinte ; Que la religion y répande l'eau sainte , Et que de notre foi le signe glorieux , Où s'immola pouf nous le Rédempteur du monde. M'assure, en sommeillant dans cette nuit profonde, De mon réveil victorieux.

Là I quand 1% ciel voudra q\ie je succombe ,

102 mTfiES.

Dans le repos des champs place mon^mble tombe. Tu n'y poutrat gravée ces titres solennels

Sut survivent aux morts , et qu'au sein des tëaèbres mporte dans l'horreur de ses caveaux lunèbres L'incorri^ble orgueil des fragîles'môrtels :

Au lieu de ces honneurs suprêmes y Du néant vaniteux emphatiques emblèmes , Place sur mon tombeau qlielqu'up de ces ccrils Que ton goût apprécie et qne ton cœur inspire y Qae tu venges par un souris Des insuites de la satire.

Quand le céleste Raphaël , Aux pieds de f Eternel , pour cnantex' ses louanges , Alla se réunir à ses frèrea^ les anf;é8 1

Et rétrouver ses modèles au ciel ^ Sur la tombe précoce où périt son jeune âge ,

Il ne reçut point ob hommage Ces nobles attributs ^ ces brillans écussons Qui d'une race illustre accompagnent les noms ; Mais ce tableau fameux ^ son pmi subHfnè ouvrage ^ Du Christ transfiguré majestueuse image , Par la force et l'audace aux Romains enlevé > Et de ses derniers jours chcf-d'oéuvre inachevé. Quel ornement pompeux , quelle riche hécatombe y

Eât égalé des tributs si Aateuf»?

Un si touchant trophée attendrit tous les cœjurB ^ Et la Gloire y en pleurant^ lui vint ouvrir la tombe.

Je suis bien -loin d'avoir les mêmes droits ; Mais lorsque de ia moft j'aurai subi les lois y Pour rendre hommage à raa cendre muette , Snr mon cercueil arrosé de tcs|>leurs ,

EPiTRËS. 103

Rends à mes vers l'honneur qu'on fit à s^ palette ; Un vieil accord doit le peintre qt le poète : Les beàux-arts sont amis, et l€s muses sont sœurs. Dans ma retraite ten Arcuse y .

Si tu m'aimas I viens tfussi quelquefois A ma tombé silencieuse Faire ouîr cette douce voix Dont la grçce mélodieuse Et la justesse hapmonîeuse Rendront jaloux le;s Amphions des bois :

N« crains pas d'y changer Içs airs mélancoliques

'De ces Arions italiques Qui des sons modulés t'enseignèrent Ws lois ; J'ahnais toujours leurs accords pathétiques.

Peut-dêtre à tes sons «[émissans Ma muse ei^cor rendra quelques tristes accens ^

Car^ tu le sais^ cette aimable 4éease qui s'empara de mol quand je reçus le jour^ La Poésie , à la vive allégresse Préfère y pour former sa cour.

Et la Mélancolie y et la douce Tristesse , .

Filles çéveuses de l'Amour.

O de mon sort souveraine maîtresse !

Je leur vouai mon cœur en te donnant lAa foi : Et tout ce que les dieux ont d'une main féconde

Versé de bi<;ns et de plaisirj^^u monde N'égale pas Tespoir d'être pleuré par toi.

Qiie des muses audacieuses Dans leurs rimes ambitieuses Rêvent leur immorlalité .:

Moi p je n'aspire pllis qa*à la tranquillité

10& EPITRlïS.

De la rustique sépulture

Ou doit bientôt à la nature .

Se rendre inaT fragilité'. ,

Toi y viens me voir dans mon asile sombre !

Là I parmi les rameaux baJaqcës mollement^ La douce illusion te montrera mon ombre

Assise sur mon mohument ;.

Là quelquefois 9 plaintive et désolée ^ Pour- me charmer encor dans mon triste s^our^ Tu viendras visiter^ au déclin d'uiibeau jour^

Mon poétique mausolée; Là tu me donneras^ en*passanty uq soupir Plus doux pour moi qu'un souffle du zcpbjr ; Par toi ces lieux me seront l'Eljsc'e :

Le cieï y versera 'sa plus douce rosée*; ' L'ombre j sera plus fraîcbe , et les gazons plus Vextsf Les vents plus'moUement caresseront les airs ;

Et f si jamais tu te reposes^ Dans ce séjour de paix^ de tendresse et de deuil ^

Des pleurs versés sur mon cercueil Chaque goutte ^ en tombant ^ fera naître des roses^

A M. t)E BOUFFUERS.

Hojineur des chevaliers > la fieur des troubadours, Ornement du beau monde > et délices des cours . Tu veux donc ; dans le sèfa de ton champêtre asile;

EPITRBS, 105

•Vivre oukUiél La^hose est-di(Bcile Pour toiqne le bon gôdt recherchera toi^ours»

£n \j^\n , dans ua jrëdoit agreste > ' ^

Le campagnard mondain y l« poète modeste^ L'aimable' par&sseux veut être enseveli ; Toujours pour loi coulera \e Permes^e ^ Et jamais le fleuve *d'oubli. •• '

Ces vers pleiiM de délicatesse^ Oii ta muse présente aii lecteur enchante La gracè e^ la raison ^ Uesprit et là bonté , La bonhomie ek la finesse p L'élégance avec l^a justesse y La profondeuir et la légèreté ^ *•

Souvent, avec un art extrême^ '^ Prête au bon sens l'accent de la gaité ^ Et se caîofnnie elle-même Par un air.de frivolité ; .

Ces titres heureux de ta gWire •«

Seront toujours présens à la mémoire. .-.

Digne à la fois des palais et des champ s^^ Ton Aline toujours aura ces traits touchant , Qu'elle reçut de ta Muse facile , Lorsque ton pfnceau selducteur^ Toujours i)rillant , toujours fertile , Gai comme tori esprit, et pur comme {oncœur , Entre le dais et la coudrette , Entre Je sceptre et la houlette , • Nous peint cet objet enchanteur, .

Moitié' princesse et moitié bergerette..

Maigre toijout Paris cépéteca tes chant&r Et toujours tu jàinidriis.; d«ns^ ton aimable st^îe ,

106 EPURES.

A lu éimplicitcl des cbainpé , TpQles tes grâces delà ville.

Pais, quand il serait rrai que tes modestes vœux Pussent s'accommoderde ces msliqpes lieux , Pourrais-tu bien , au fond d'uûO éampagne , Enterrer Taimable compasne À qui àe terbeauz jours pous devons les douceurs? Si tu n'avais de ton doux hym^nee ^ Reçu pour dot qu'un immense tpe'sor , Je te dirais : • Va dans là soHtudb Cacher tes jours , et ta femme, et ton ot^ Et d'un triste richard l'avare inquiëtude. »

Mais Tesprit , la beauté' sont faits pour le grand jour, La ville est Iqur empire , et le monde leur cour : Le sa^c crjéatcur du monde Ensevelit les métaux corrupteurs Au sein d'une mine profonde ; Il cache l'or, et nous montre les^ura.

Si toutefois dans ton humeur aiistère , La& du monde et de- sel travers , Tu veux , dan» le fond des déserta ,- Cacher ton loisir solitaire, Avec tes goûts nouveaux pemi^ts-nôus de traiter; Prenons un temps pour nous quitter :

Attends que tu eedse» de plaire , Et tes .vers de nous enchatiter.

Alors , puisqu'il le faut , sois agricole , range Tes Jrui Id nouveaux dans tes celliers ^ Tes blës battus dans tes greniers; Tes blés en gerbe» dans ta grange , Dans tes caveaux tes phmix rouges ou verts.

Mais que m'importe ta vendange ,

SPITRES. 107

A moi qui m'eniyFai du nectar dé les vers ,,

Et quelquefois de ta Jouange? Plus d'un contrefacteur du vin le plus parfait Des pressoirs de IPomard .et des çuve^s du Rhône , Dés crus de Jurançon , de Tavel et de Beaune^*

Sait assez lûen imiter le fumet ; ' Même d'un âiux Sî la mousse mei^sougère ^

£n p^^illaot dan9 la/ougère y

Trompe.souvent plus d un gourmet ;

Mais tes eVrits ont un bouquet ' '

Que nul art*ne p€i\t contrefaire.

xyi.

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