‹ Œuvres diversesChapitre 17 sur 69 · A M. LEFRANC DE POMPIGNAN · texte numérisé non relu

A M. LEFRANC DE POMPIGNAN

De Th^mis autrefois soutenant la balance y Des fragiles mortels tu pesais les destins ; - Et le poids du crédit , celui de la puissance y Ne l'ont point fait pencher dans tes iidèles mains.

Vile adulation ^ ta lâclie perfidie Trompe et séduit les grands avec dextérité ; Lefranc ^ ce fat toi seul de qui la voix hardie Osa faire à ton roi parler la vérité^*

Du maître des humains tu nous peins la puissance : Il parle ; Tunivérs est sorti du chaos y Les cieux ont sous ses mains courbé leur voûte immense^' La terre au loin s'étend , la mçr roule ses eaux ^.

(1) Cette ode , dont on n*a pa retrouver qae quelques firagmen^ fat le début littéraire de Delille. Noua avons pris dans les jouij naax du temps deux strophes (la sixième et la huitième), quj nous igouterons à celles déjà publiées par les précédens éditeuri

(2) En sa qualité de président de la cour des Aides de Montaq ban,l<efianc avait défendu, avec autant de courage que d'ék quence , la cause et les intérêts du peuple auprès du roi.

(3) iUlnsion aux Poésies sacrées de Lefi anc.

lia ODES.

Il commande I et soudain , de.l'un à l'autre pôle^ Et la t^re^ et les mers , et les cieux confondus. Par lui crées d'un mot y au son de sa parole , Dans Tantique^haos tombent et ne sont plus.

Le luxe impérieux qui règne dans nos villes j £n dégradant la terre^ amène un goût pervers : Le riche l'abandonne à des âmes ser viles; Le poète orgueilleux lui refuse ses vers.

Pour moi| qu'un même espoir ^ non le même génie ^ Dans la même carrière entraîna sans succès ^^ Guide mes pas trem'blans ^ tien's-moi dieu d'Uranie ^ Et soutiens de ton nom mes timide^ essais*

Tel on voit le lierre à l'ombre qiii le cache Ramper dans les forêts , Qt languir sans appui : S'il rencontre le chêne , à "Spn trône il s'attache y Embrasse ses rameaux et s'élève avec lui.

Mais non, je n'irai point y Phaeton temeVaire, Te demander le char qui te ravit aux cieux; Content de t'applaudir y arrêta dans ma sphère y Et de suivre de l'œil ton vol audacieux.

(I) Oa sait qae Lefranc a traduit en vet$ français les Géorgiyues de Virgile. Delille jivait déjà tait paraître dans VAnnét littérair* an essai da même genre.

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