A MADAME LA COMTESSE DE BOUFFLERS
SUR son JABOIN D*AUTBUIL. — 1774.
J'ai parcouru ce jardin enchante j Modeste en sa richesse^ et simple en sa beauté. Qu'on vante ces jardins tî-istement magnifiques , Où l'art I de ses mains sjmétriques^
Mutile avec le fer les tendres arbrisseaux ^
Où des berceaux pareils rëpoodeot aux berceaux.
Où le sable jaunit les terres nivelées ^
Où Tennujeux cordeau dirigea les allées ,
Où Toeil devine tout, et, prompt a tout saisir,
' D'un seul regarcT dévore son plaisir.
Oh ! que j'aime bien mieux Ténergique franchise £t la variété de ces libres jardins.
Où le dédale des cl^emins' M'égare doucem.ent de surprise en surprise , Ces bouquets d'arbres verts négligemment épars , £t cet.heureux désordre,- et ces savâns hasards !
En contein^plant cette heureuse imposture, Ces naïves beautés dontPIutus est jaloux^ J'ai dit de vos jardins ce que l'on dit de vous :
C*est l'art conduit par la nature.
Cet asile délicieux.
Peuplé de bois, tapissé de prairies^ Inspire, dites-vous, de doctes rêveries; Mais celle qui l'habite inspire beaucoup mieux | Et , malgré les attraits de ces simples retraites ,
Ce n'est^pas la beauté des lieux Qui fait rêver dans les lieux où vous êtes.