A MES ENFANS
Beaux lieux où la moisson dore trois fois les plaines^ Que des tièdes zépbyrs fécondent les haleines ^ Que la nature et Tart ^ et les hommes et Dieu , Ornèrent à Tenyi ; belle Italie , adieu !
Je te laisse ^ ma sœur \ vents , soyez-lui fidèles ; Doux zëph jrs ^ portez-lui la santé sur vos ailes ; Pour elle , froids hivers y tempérez vos frimas^ Et que vos durs glaçons s'emoussent sous ses pas!
Salut, mâle Helvetie, et vous, pompeuses cimes, Dont Toeil avec plaisir voit les hori'eurs sublimes! Mon pays me rappelle, et, maigre soU attrait, D'un peuple libre et fier je m'ëloîgne à regret.
Le voilà ce Tésin , dont les eaux bondissantes, De rochers en rochers au loin rejaillissante^ , Gourent, vers TËridan , et , lassant les ëchos , Lui portent, en grondant, le tribut de leurs flots.
Fougueux enfant des monts, il voit sur sesrivagea De modestes hameaux ; de riches pâturages ,
œ\JV. Div. 17
i% TRADUCTIONS.
Ud pont reçoit nospasjet^long-tempscalme et
[doux , Le torrentirrit^ roule en grondant sous nous.
Parmi de noîrs rôchérs^sous des voûtes d'ombrages , Dans toutesa terreur s'offre l'affreux passage ; Et du torrent fougueux, qui'redoubleVèffroi, Les flots rejàillissans arrivent jusqilr'à moi.
Enfin jît à la vue une scène plus douce ; " Desprësduinont st^rileonttempldc^la mousse ; Au noir sapin succède un<*vert délicieux; Et l'héroïque Àltorf se découvre à nos jeux.
Je croîs les voir etrcor ces scènes délectables; Je crois voir les troupeaux regagner leurs étables^ Et du pipeau rusticpié et des douces chansons A mon oreille encor retentissent les sons.
Lucerne , de ton lac que j'aimais les rivages I Tantôt entre des bois et des roches sauvages Il resserre ses eaux; tantôt en liberté Mon regard le découvre en son immensité.
Salut, noble chapelle! et toi, lieu mémorable, Où d'une main terrible, ensemble et secoûrable, Tell fit voler deux traits, et d'un bras triomphant Terrassa l'oppresseur, et^sauva son enfant.
Vojezjsur l'autre bord, sous un épais ombrage. Cet autre monument: là contre l'esclavage S'armèrent trois héros, et leur sang indompté D'un peuplé généreux scella la liberté ,
Non celle qui se perd en clés paroles vaines |
TRADUCTIONS. iV
Veut du sang pour oArande^ et marche au bruit dei
[chaînes; Sur le bonheur public elle fonde ses droits , Prend laraisonpour guide ^ et pour garde Les loii.
Nous partons : nous voyons ces lieux où la culture Partout nous montre Tart secondant la nature^ D'un profit légitime uù emploi fructueux^ Et la simplicité d'un peuple vertueux.
Adieu, mâle Helvétie ^ où des Alpes altières Les étemels frimas nourrissent tes rivières; Où l'étranger surpris voit des fleurs^ des glaçoni. Sur tesmonis la nature y et l'art dans tes vallons!
Souvent le voyageur, de tes roches hautaines, Verra d'un céil charmé la beauté de tes plaines. Tes prés fl^ris, tés monts, leur sublime hauteur^ £t dans tous les regardsia douce paix du cœur.
Et vous, objets chéris deramela plus tendre, Mes enfans, vous serez empressés de m'en tendre î Mes plaisirs partagés en deviendront plus douxf Ahl je vais donc revoir et ma patrie et vous!
ÛISGOURS