‹ Œuvres diversesChapitre 69 sur 69 · A L'ABBÉ BARTHÉLÉMY · texte numérisé non relu

A L'ABBÉ BARTHÉLÉMY

Si vous ne deviez pas , monsieur . é^ dégoûté d'éloges , je vous dirais que votre ouvrage (l) m'a paru ellVayant d'érudition et de connaissances . comme il m'a paru enchanteur de style et d'exécution. Avant vous on n'iavait jamais imaginé qu'aucun ouvrage put dispenser de lire Platon, Xénophon, tous les historiens et tons les philosophes de la Grèce. Votre ouvrage , le plus beau résultat des plus profondes lectures, tient lien de tout cela. Et un littérateur peu fortuné avait raison de dire que votre livre est une véritable économie. Il était impossible de faire de toutes ces idées et de toutes ces pensées une masse plus brillante et plus solide , et votre ouvrage m'a rappelé ce métal de Corinthe , com-

tkosédetonsles métaux, et plus précieux qu'eux tous. Ccist e génie qni a fondu tout cela.

CI) F'ojrage du jeune Anacharsis 4m Criée.

MELAJNOES. 281

Ces Grecs , qni savent à peiue s'ils ont OA des aïeux illustres, seraient an peu étonnés si on leur disait qu'un étranger a passé trente ans de sa vie à faire leur intéressante généalogie , et a découvert les titres de leur gloire nationale.

On ne peut rien ajouter an charme de vos descriptions. Le plus |rand poète de la Grèce , cet homme dont vous avez si dignement parlé , passait pour le premier de ses historiens , et son nouvel historien aurait , comme Platon , passé pour un de ses plus grai^ds poètes , si une action dramatique , des caractères Sien sontendS, des images brillantes , sont de la poésie.

Les villes de la Grèce regardaient comme un titre de gloire d'être nommées dans les poèmes de celui dont elles se dispntai<<nt le berceau. Jugez , monsieur , si moi , qui occupe dans l'empire des lettres un si petit coin , je dois être fier de trouver mon nom dans votre magnifique ouvrage. Il est intéressant pour toutes les classes de lecteurs j mais il acquiert un nouveau de^ré d'intérêt pour ceux qui ont vu les scènes des grands évenemens que vous décrivez. Vous avez vu les lieux mêmes aussi bien q[ne les voyageurs les plus attentifs. En revenant d'Athènes, je m'étais flatté un moment d'être consulté par vous; je fus agréablement surpris d'être instruit par vous-même de tout ce que j'avais vu. On dit que l'académie d'Athènes va être associée a celle de Paris ; je rends grâces à celui par qni va s'opérer cette confraternité : il sait combien je me tiendrai honoré de la «ienne , et l'inviolable attachement que je lui ai voué.

A LA PRINCESSE GZARTORISKA.

Itondrei} 1799.

Xadahb,

J'avais retardé pour vous la réimpression de mon poème; Je l'aurais cru incomplet si vos jardins n'y eussent tenu la place qu'ils méritent. On se forme d'avance la figure des

(^0 La princesse avait envoyé à Delillo une description en prose de ses jardins, dpnt-i'iui avilit été nommé i'ifrcaciiV, et l'autre PtUhavU,

grottM, yofl rochers, le style enchanteur dont vons les dépeignez est la seale chose dont je n'avais pn me faire one idée. Le choix des inscriptions n*est pas ce c^n'il y a de moins heareox dans les ornemens dn sé^onr ravissant dont TOUS ayez bien voula me tracer une peinture si agréable. Jamais Virgile n*a en tant d*esprit que dans les applications heureuses que vous faites de ses vers. Mon poète aurait été surpris s^il avait pu prévoir que ses passages seraient tournés en éloges pour son traducteur, qui les a si souvent affaiblis, votre description est elle-même un charmant poème^ mais malheureusement il me reste peu de place : je serai forcé d*abréger la peinture de qnel<raes autres jardins pour donner au vôtre sa juste étendue. C'est ainsi que Virgue invitait le scorpion à se replier pour faire place à Tastre de César :

Tibi brachia contrahit ardens Scorpins , et cœli justa plus parta relinqnit.

Vos citations latines , Madame, m'autorisent à citer des ^ers latins. Il ne me reste qu'un regret ; c'est de ne pouvoir

Ïtarconrir qu'en idée des lieux pleins de vous et de Virgile, e voudrais pouvoir m'y transporter , et changer mon petit monument en autel , on je vous offrirais en échange et vos fleurs et mes vers.

Je suis donc réduit à choisir dans votre description ce qu'elle offre de plus brillant et de plus pittoresque. Le reste embellira mes notes , et malheureusement le charme de votre prose accusera la faiblesse de mes vers.

Je ne puis deviner pourquoi vons avez retardé l'envoi des jardins de l'Arcaoïe; les peindre sur les lieux , et d'après nature , aurait encore été un de mes plus ardens désira, et j'aurais voulu pouvoir dire aussi : Et ego inAcardid,

Page 1