‹ Œuvres diversesChapitre 8 sur 69 · A MADAME L4 COMTESSE POTOCKA · texte numérisé non relu

A MADAME L4 COMTESSE POTOCKA

Présenté par la 8œardeM.meDeliUe , qui en avait reça ane

paire de bracelets.

Deux déitës^ qui de leur main féconde Yersent la paix et le bonheur au monde , Servant dans ses desseins le Dieu de. l'univers, Joignent d'un double nœud tous les êtres divers.

C'est toi, divine Bienfaisance!

C'est toi, sa digne sœur, tebdre Reconnaissance!

Grâce à ces deux divinités , De services rendus , de bienfaits acquittes

L'esprit social se compose :

Tout se tient dans le monde entier.

Voyez cet arbrisseau dont le suc nourricier Court abreuver, la fleur nouvellement éclose ; ^ Le rosier de sa sève alimente la rose , Et la rose à son tour embaume le rosier :

Ainsi l'aimable Bienfaisance

Répand ses dons consolateurs ; Ainsi le doux encens de la Reconnaissance

Rend hommage à ses bienfaiteurs.

Le cœur se plaît à comparer entr'elles Ces deux sœurs, qui'devraient, compagnes e'ternelles,

Pour consoler le genre humain ,

CEUV. Div. 6

Marcher toujbiirs ensemble en se donnant la raaîn ,

Et qui 90a vent , helas I l'pne et Tautre infidèle y

Brisent leur chaîne mutuelle

Et se séparent en chemin.

Toutes deux ont leur caractère ,

Et leur penchant^ çt l0ur pouvoir;

L'une de l'autre est tributaire ; L'une aspire à donner^ et l'autre aime'à devoir ; L'une offre avec bonte% l'autre accepte sans honte.

Par un instinct doux et puissant

La Reconnaissance remonte ;

Et la Bienfaisance descend :

L'ui\e appartient à la faiblesse , L'autre au pouvoir : l'une de la richesse Versele superflu sur l'indigence en pleurs j

L'autre , à sa sœur, pour recompense ,

Portant les hommages des cœurs

Sûr la douce correspondance

Des obliges, desbienfaiteurs,

Des besoins et de l'abondance.

Fonde l'utile dépendance t . Des protèges , des protecteurs , -

Du savoir et de Tignorance , Des grands et des petits, et du peuple et du roi ; L'une suit le bienfait , et l'autre le devance ; Et, pour mieux peindre encor leur différence ,

L'unçc'est vous, l'autre c'est moi.

Mais quelques traits encor manquent au parallèle :

De toutes deux la grâce naturelle

Sait nous plaire et nous attacher ; Mais Tvne aime à paraître , et l'autre à se cacher.

L'oubli sied à la Bienfaisance :

Créancière sans défiance ,

Jamais envers son débiteur

Sa généreuse insouciance

D'un impitoyable èxacteur Ne se permit l'avide impatience ;

Au lieu d'arracher à nos cœurs

Le prix forcé de ses faveurs y De son nobb abandon l'oublieuse indulgence

Laisse à d'orgueilleux protecteurs

De leur tjrannie obligeante

Les officieuses hauteurs ,

De leur mémoire exigeante

Les souvenirs persécuteurs.

Mais y si l'oubli sied à la Bienfaisance , Le souvenir convient à la Reconnaissance ; Il exerce sur elle un pouvoir souverain ; Elle retient des dons Vimage impérissable ; Par elle les bienfaits sont gravés sur l'airain ,

Et les injures sur le sable ; Par elle notre cœur s'acquitte à peru de frais. Ces liens qu'à mon bras votre main entrelace

- A vous m'encbatnent à jamais :

Reconnaître les dons et donner avec grâce ,

Voilà le code des bienfaits

Qui depuis long-temps est le nôtre.

A tous les cœurs bien nés Tune et l'autre est commun:

Votre ame vient d'éprouver l'un,

La mienne jouira de l'autre; Ainsi des nœuds bien chers se forment entre nous : Bien faire c'est jouir , et bien sentire'est rendre ; L'un marque une ame noble^et l'autre une ame tendre. Votre rôle est plus beau, mais le mien est plus doux.

Bk fiPITRES.

Voyes combien dé délices, rasseml^le Ma juste sensibilité :

V>>us chérir, c^est aimer ensemble L'esprit , la grâce et la boété.

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