PARTIE II, CHAP. XXVI. 20g
alla donner contre un tronc de saule , qui la fit aussitôt chayirer. Notre héros et son écnyer tombèrent au milieu des ondes. Don Quichotte f qui sayait nager comme un poissoh ; eut bientôt gagné la riye , malgré le poids de ses armes.. Sancho, qu'il aida, se sauya de même ; et comme ils se regardaient à terre , ruisselant d'eau de toutes parts, ils se*yirent enyironnés de pêcheurs maîtres de la barque.
Ceux-ci demandaient ayec de grands cris qu'on leur pajât le dommage. Don Quichotte ne s'j refusait point, pourvu, disait-il^ qu'on lui indiquât la forteresse ou le château dans lequel on retenait captif le chevalier qu'il venait délivrer. Quelle forteresse et quel chevalier? répondaient toujours les pêéheurs. Il ne s'agit que de notre barque, que vous avez pensé omettre en pièces. Allons , dit enfin le héros , je vois que je prêche dans le désert, et je commence à deviner le grand secret de cette aventure : c'est un combat de magiciens. L'un voulait que j^tiélivrasse ce malheureux chevalier , l'autre veut le retenir j l'un m'envoya cette barque , et l'autre l'a renversée. J'ai fait tout ce qu'il m'était possible de faire ; apparemment que les destinées réservent à un autre un si grand exploit. Il suffit ; qu'on paie ces bonnes gens. Sancho convint du prix avec les
péclMurt , et sur-le-champ l'acquitta. Nos deui( héros , asses tristes , après s'être séchés an soleil, s'en retournèrent îoindre leurs coursiers. Telle fut la glorieuse ùa de Tayenture de la barque enchantée. *