PARTIE II, GHAP. XTIr i^i
chère et malheureuse Dulcinée. Il s arrêta , fit UQ profond soupir, et, regardant les damejeannes avec, des jeux pleins de latmes, se mit à dire ces yers :
O G ACES çhen et douloureux . D'une amour ai belle et si pure , Pourquoi rallumez-Yous mes feux , Et dédûres-Yous ma blessure ?
Cette tendre excl^^nation adressée aux damefeannesfut interrompue par le jeune étudiant, fils de don Diégue , qui yenait au-^erant de son père avec sa mère doua Christine. Tous deux s'arrêtèrent inrolontairement pour con« sidérer Tétrange figure du héros. Celui-ci s« hâte de quitter Rossinante, et vient ayec beaucoup de courtoisie baiser la main de doua Christine. Madame, lui dit. don Diègue, je TOUS demande de recevoir avec la grâce qui vous est naturelle le seigneur don Quichotte de la Manche , que je vous présente comme le plus :vaillant , le plus instruit , le plus aimable des chevaliers errans. Doua Christine, malgré sa surprise, fit un accueil fort obligeant à don Quichotte, qui lui répondit dans des termes aussi respectueux ^uelégans, combla de politei^ses le fils de la maison , et ne
sit DOH QUICHOTTE.
tarda pas à lui donner une tréf bonne opinion de son esprit.
Notre che-v aller fht conduit dans une salk où Sancho le désarma , jeta sur sa tète cinq ou six aiguières , lui donna du linge blanc, et bientôt après le héros sortit en pourpoint de peau de chamois , un peu noirci du frottement des armes, ayec le collet vallon, sans dentelles et sans plis , des- brodequins à la mauresque , sa bonne épée à son côté suspendue h un baudrier de loup marin, et les épaules couyertes d'un manteau de drap minime. Dans cet équipage leste et galant , don Quichotte parut au salon , où l'attendait le fils de don Diègue, d'autant plus curieux de causer ayec son hôte, qu'à toutes les questions faites à son père sur cet homme singulier don Diègue avait répondu qu'il ne pouvait encore le juger, que ses actions et ses discours, presque toujours en opposition , étaient un mélange continuel de sagesse et de folie, mais plus souvent de cette dernière. Don Laurenzo , c'était le nom de ce fils , entretint notre héros , tandis que dona Christine faisait préparer un festin digne du noble convive qu*elle voulait bien traiter.
Monsieur , dit don Quichotte au jeune homme , votre père m*a déjà parlé de votre