PARTIE II, CHAP. ;XVI. ra
c'était de pénétrer au fond de la caTerne d«, Montésinos , lieu célèbre où sont les sept sources du Roidera^ Don Diégue et son fils applaudirent à -ce projet, le supplièrent d emporter de chez eux tout ce dont il pourrait avoir besoin, et rassurèrent du plaisir extrême qu'il leur ferait en acceptant leurs offres. Don Quichotte leur rendit grâces , et fixa rinstant de son départ , au grand regret de Sancho , qui se trouyait fort bien chez don Diègue, ^'accommodait à meryeille de l'abondance qu'il j yp^it régner , et ne se souciait pas de retourner à la frugalité des dîners cheyaleresques : aussi le prudent écujer eut^il grand soin, ayant de partir, de bien garnir son bissac ; après quoi , les larmes aux ^eux , et jetant de tçndrea regards sur çpXîti bfUreuse maison, il amena llosAÎnante à spn Baaltre.
Celui-ci fit ses adieux à tout Iç mond43; et tirant en particulier don Laurenzo : Votre noble cœur, lui dit-il , est passionné pour la gloire i yous ayez deux chemins à suiyre. Le premier, difficile et long , est celui de la poésie , .où je yous prédis des succès^ surtout si F^tre boa esprit, gourmandant yotse yanité, devient lui-même un. censeur séyère deviOS pnyrages : l'autre route est beaucoup plus opurte., mais in^mmcnt plu» pénible,^ &ites-yoiu clbeyalier
i%B DON QUICÏtOtTR
errant. Vous aurez du mal, jeA conyiens, mais TOUS unirez par être empereur.
Don Laurenzo lui' représenta (|u'il était en-" core bien jeune pour prendre une si grande résolution , et lui promit cependant de réfléchir sUr ses conseils. Don Quichotte renouvela ses adieux, ses complimens, et, emportant les regrets de cette aimable famille , se mit en chemin , suiyi de Sancho.