‹ Œuvres Don Quichotte da la Manche, trChapitre 68 sur 124 · PARTIE II, CHAP. XVI. i · texte numérisé non relu

PARTIE II, CHAP. XVI. i

maîtres jusqu'au dernier domestique , tous savaient ce qu'ils deyaient faire , s'en acquittaient saùs murmure, sans jalousie, sans affectation ; tous'avaient Tair sage , heureux , et ne semblaient former qu'une famille de frères sans cesse du même ayis.

En sortant de table, notre héros pria de nouveau le jeune homme de vouloir bien lui montrer de ses vers. Celui-ci , sans se faire presser, lui lut alors cette glose, en excusant d'avance ses défauts sur la gène et la di^culté de ce genre de poésie :

« G BAH DE un s, trésors que l'on envie, « Pour moi vous n'avez poinUL d'attraits?

« Hélas ! que faut-il à ma vie ?

u La vertu , TaiDour et la paix. »

Taudis que la foule éblouie 1 Ose croire à vos vains plaisirs , ' Je vous préf^ mes soupirs , a Grandeurs, trésots.que Von envie. -»

TRAirsPORTs si voisins des regrets, Bonheur d'un jour, rapide ivresse, Que suit une longue v^stesse , K Pour moi vous n'avez point d'attraiis. »

Mais lorsqu'-aux pieds de mon amie Je lis dans ses yeux mon destin , Heureux bier, heureux demain , <c Héln ! ^que fiint-il à ma vie ? »

ia6 DOU QUICHOTTE.

L'espoib de Wi plaire a jaimiis

2M£ rend meiUeuTi ph|B doux, , plus sage ,

Et me iait'ciiârir davaqme

« I^ vertu, l'ainpar et la paix, i) ,

A peine don Quichotte eut-il ^tendu ces vers , qu'il se léye , saisit lamfdn ^e don Laurenzo ; et la serrant de ^toute sa foroe : Par la céleste lumière! s'écria-t-il , heureux et digne }eune homme , tous méritez d'être couronné par les académies d'Athènes, de Paris et de Salamanque. Puissent les juges^ stupide« qui TOUS refuseraient le premier prix devenir l'horreur des muses , le but des flèches d'A* poUon ! Je -lïénis le ciel et mourrai content^ j'ai vu , j'ai trouva un poëte.

Don Laurenzo remercia notre chevalier; et, quoique sa manière de s'exprimer lui parût un peu singulière, il ne l'en trouva pas moins aimable. Il Ait même flatté de ses éloges , et trouva que son esprit , ses connaissances , son goût, devaient rendre plus indulgent pour les écarts légers de son imagination. Après avoir passé quatre jours dans la maison de don Diègue, le héros de la Manche votilut retourner à la recherche des aventures , dont il savait, disait-il, que ce.paj^ abondait. Une (le celles qu'il désiirait le plus d'^ni^prendrc ,

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