PARTIE II, CHAP. XYÏl tti
était , héb» ! ia «eule cboie qu'il eût à lai n* procher ; «tir , «'il faut dire la vérité , la natuvé a pris sein de dédontmager Basile du tort quie lui fit la fortune. C'est le l>erger le plus ai** mable du pn^s; personne ne jette une barre auMi bien , personne ne peut le yaioere à Im lutte ni le gagner à la paume ; lea cerfs ne courent pas si vite , les cheyreutls sautent moins légèren^nt. U sait de plus la musique , fait de jolis yers, chante comme lalouette, touche admirablement bien de ia guitare , et fait des armes mieux qu'un maître.
Quand ce ne serait qu'à cause de cette dernière science , interrompit don Qvichotte , Basile mériterait d'épouser non-seulement la belle Quitterie , mais même la reine G«ueyiéye , en dépit d'Artus et de Lanceiot. Par ma foi ! a'écrié Sancho , que ma femme n 'estelle ici y elle dirait comme vous. Tbérése est toujours d'avis qu'on se marie avec «an égal. La brebi»avec le beiter, dit^cUe^ et tout va le mieux du monde. Tliérèsé a raison ; et je donnerais queli^e ckose pour que ce bon Basile , que j'aime déjà, épous&t demain Qoitterte , vous cette grande feuillée que monsieur Ga* mâche a fait construire. Pardâ oui'i parce que monsieur €ramache a des écus , voila une belle raison de lui bailler «me jolie fille ! C'est d'à-
ikU DON QUICHOTTE^
moiir , et non pas d ecus , qu une jolie fille a besoin. N'allons pas trop loin, reprit don Quichotte , et ne méconnaissons pas i*autorité paternelle. Si les filles avaient le droit de ehoisir seules leurs époun, nous en verrions qui souvent épouseraient le valet de leur père , ou le premier mauvais sujet qui passerait sous leur fenétte. L'Amour., avec son bandeau sur lès yeux , est assez su jet AUX erreurs pour souffrir que la raifton vienne quelquefois le guider. Un homme qui doit faire un long vojage met du temps et de la prudence dans le choix de son compagnon : ne doit-on pas hésiter et ré- ^échir encore plus quand il s'agit de l'hjmen, c'est-à-diré d'un vojage qui dure toute la vie, quand il s'agit de foioner un nœud qui n'est pas plus tôt serré qu'il devient le nœud gordien , et que rien ne peut le^'ompre , si cç n'est la faux de la mort ? Je pourrais m 'étendre sur oette matière ; mais j'aime mieux écouter monsieur le licencié , qui nous apprendra peutêtre quelque autre chose de ce Basile.
Seigneur , reprit l'étudiant , depuis que ce malheureux a su que la belle Quitterie épousait le riche '<jamache ,. il a quitté sa chaumière , s'est retiré dans les bois , où il vit tout seul , triste , morne , sombre , et ne se nourrissant que de fruits sauvages , et passant les