PARTIE II, CSAP. XVIIl
«t les deux troupes lécoociUées célébraîeiU dans une danse yiye le triomphe de la Fortune. Notre iiéros , attentif à ce que signifiait la pantomime , demanda quel en était Fauteur ; on lui répondit que c'était un bénéficier du village, homme de beaucoup d'esprit. Je suis sûr f reprit don Quichotte , que eet honnête ecclésiastique dine plus souvent chesGamache que chez le malheureiuL Basile. Écoutez donc ^ lui dit Sancho qui déjeunait non loin de là , je vous aToUe que le roi est mon coq , et qrut plus je vais , plus je me sens d'amitié pour monsieur "Gamashe. Je le crois , reprit don Quichotte , tu es du naturel de ceux qui sont toujours pour le plus fort. — Il ne s'agit point du plus fort ; il s'agit seulement de savoir si en écumant la marmite de Basile j'en aurais retiré ceci. Considérez, s*il vous plait, la mine de cette poularde , et convenez que dans ce monde, comme disait ma grand'mère, il n'jr a jamais que deux familles, ceux qui ont, ceux qui n'ont pas ; et ma grand'mère aimait beaueoap la famille de ceux qui Ont. Je suis de son avis , monsieur ; l'avoir est au-dessus du savoir , et ie préfère l'âne couvert d'or au cheval le mieux harnaché. — Crois-moi , mon pauvre Sancho , Bsangeau lieu de commencer tes sentences. •*«• Ohlsc^ez tranquille, monsieur, je n'en perds
pas un caup de dent. Dans la cuîsîne de Basile j'aurais plus de temps pour parler. — Tu en trouves toujours de reste. — Point du tout; je ne me permets une petite conversation parci par-là que lorsque je n*ai rien à faire. Je sais trop que dai^s l'autre monde on doitnous faire rendre compte des paroles inutiles ; ainsi je TOUS demande la permission de ne plus m*occuper que de ce poéloi^
Cela dit , le bèn écujer se remit k manger avec tant d'appétit, qu'il en aurait donné l'envie à son maître , sans les gprands événement que nous allons rapporter.