PARTIE II, CHAP. XX. iS
A présent , la scole ebose qiiî doit Yims oce»» pcr, c'est d« tâelier de rendre miles k votre épouse , Il TOirs^néme , les dons que tous aves re^Q» de la nature. Quifterie est k vous pouf toujours ; tous ne devet plus désirer de plaire aux autres, ni d'obtenir des succès qui ne flattent que^Tanour-propre. Songea k Totre fortune; elle n'est rien sans Tamoiir, elle est beaucoup avec lui. Une belle et bonnôte femme est sans doute* le premier des biens ; mais celui qui la possède a besoin qu'elle soit heureuse ; qu'aucun souoi , qu'auenne inquiétude ne Tienne troubler les délices de leur amour mutuel : or pour cela , mon ami , uû peu d'aisance est nécessaire. Il vous sera facile de l'obtenir , si voua tournes votre esprit vers ce but, si vous emploies vos talens à forcer la volage fortune à favoriser un travail suivi.
Quand vous le voudres fortement , vous y paiviendrez bientôt; et c'est alors, c'est alors qu'il ne vous manquera pins rien ; car aucun bonheur sur la terre ne peut se comparer k celui de deux époux bien épris, dont l'un s'occupe k entretenir l'abondance , la prospérité dans la maison , dont l'autre en fait l'ornement, le charme, y fixe la joie, la gaieté, délass» celui qui travaille , le récompense da ses peines , le hit jouir et le remercie du pré*
sent et de layenir. Un. tel ménage est lé patadis; je le sens, j'en suis certain', ^oiq[ii*il: ne me soit point arriyé de serrer enctfre les nœuds d*hjménée, et que* des chagrins trop longs à vous dire m*en laissent à' peine la douce espérance.
L'époux de Quitterie, touché de ces pa^ rôles , remercia notre héros , et lui promit d'en profiter. Sancho, qui écoutait son maître^ disait entre ses dents : Ce diable d'homme parie à merveille de tout. J'ayais d'aObord craqu'il ne savait rien que sa chevalerie errante; mais il serait en état, s'il le voulait, de se faire prédicateur , et d'aller dans toutes les chaires instioiire et convertir ^son prochain. Que dis-tu , Sancho ? reprit don Quichotte ; je crois t'entendre murmurer. — Point du tout, monsieur ; je réfléchissais à part moi qu'il m'aurait été bien utile d 'entendre vos beaux discours avant de me marier; j'aurais peutêtre mieux choisi. — Comment! Thérèse , me semble , est une excellente femme. — Excellente , c'est beaucoup dire : il y en a de pires sans doute; mais il y en a beaucoup de meil-leures. *- Sancho , ce n'est pad bien à toi do dire du mal de ta femme ; elle est la mère de tes enfans; cette qualité suffit pour méritai ton respect. — Ah bien oui, ma foi, du res--
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pect ! elle en a joliment pour moi ! Allex, nou» ne nous devons rien ; yous ne sayes pas comme elle me traite quand ses jalousiesiui prennent;' elle est alors un y rai sa tan. . ^
Les trois jours étant éccFulés, don Quichotte youlut partir, et pria Basile de lui donner un guide qui le conduisit par le plus court chemin à la cayeme de Montéainos," dans laquelle il était résolu de descendre.
Basile lui amena un jeune écolier de ses parens, homme desprit, dont la conversation devait Famuser dans la route. Sancho fournit de nouveau le bissac , mit la selle sur Rossinante ; et bientèlfeotre héros , accompagné de son écujer et du guide, montés chacun sur leur âne, prit congé de ses aimables hôtes, qui le virent partir à regret.
Dans le chemin , don Quichotte s'informa du jetine écolier quelles étaient ses occupations. Monsieur , répondit celui-ci , je fais des livres qui m'amusent en attendant qu'ils amusent les autres. J'en ai deux sur. le métier: l'un s'appelle les Métamorphoses ; c'est une imitation comique de l'Ovide des Latins. Je m'abandonne dans cet ouvrage à la folie de mon.
imagination , et je tâche de donner une origine plaisante aux monumens célèbres de notre Espagne. L'antre portera le titre pom-<
lis B09 QVIGWOTT.B.
f&woL dm P^iHcipa de feulct choses. Je itt j ao^crti def p«.'daB», des eottineiitatetirs 7 de» étjmologistc», .cii reohcickaat» em dé* couvrant avec depé^aîblcstomsttdefteifitiotM mombrcttêes de graTss puérilités. Bnfin je tâeherfti dans ces deux ouvrages de verser le ridicule sur ees prétendus savans €pM sont to«t fiers d*ftyt>îr appris ce dont perfonAe ne se soucie , et nous étaient avec emphase leur profonde connaissance des riens.
En s entretenant ainsi , nos yo^rageurs arri> verent k un village où ils passèrent la nuit. Le guide avertit don Quiehotte qu'il n'était plus qu'il devoi lieues de la cavem%«t que s'ilf avait toujours le projet d j àêscepdre , de longues cordes étaient nécessaires. Notre béros en fît acbeter cent brasses. Le lendemain il partit avec Ses deux compagnons , et arriva vers les deux heures de l'après-midi à feutrée du préoipice , qui , quoique large et spacieuse , était si remplie de ronces , de broussailles , de figuiers sauvages , que Ion pouvait k peine l'apercevoir.
Don Quichotte, descendu de cheval, se fit passer sous les bras plusieurs doubles de la corde. Ah çà, monsieur, lui dit Sancho, que votre seigneurie prenne gai de k ne pas faire comme ces booteilles qu'on met rafraîchir