‹ Œuvres Don Quichotte da la Manche, trChapitre 87 sur 124 · PARTIE II, CHAP. XX. i6i · texte numérisé non relu

PARTIE II, CHAP. XX. i6i

santé ; il en jette' un cri de joie. Après, dix brasses encore il yoit distinctement son maître. Ah! Dieu soit béni! dit-il, et soyez le bien revenu ! nous ayons eu une terrible peur que vous ne fessiez resté pour les gages. Don Quichotte ne répondait point. Quand il fut toutà - fait remonté , on s*aperçut qu'il était endormi. Aussitôt on Fétend par terre , on le délie, on le secoue; et te héros, ouyrant fës yeux qu'il porte à droite et â gauche , s'écrie : O mes chers amis,yous me priyez du plus doux , du plus beau spectacle de l'uniyers !

Hélas ! il n'est donc que trop yrai que le bonheur passe comme un songe , et que les plaisirs de la vie , semblables aux fleurs du matin , se flétrissent dés le soir même ! Que je yous plains , que je yous plains , 6 malheureux Montésinôè^ Durândart! 6 Belerme, triste Guadianal et yous , filles de Ruidera , dont les eaux toujours abondantes ne sont que les larmes que yos yeux répandent ! '

Sancho , le guide , tout surpris , écoutaient ces grayes paroles que don Quichotte prononçait ayec l'émotion et l'accent de la plus profonde douleur. Ils lui demandèrent de leur raconter ce qu'il ayait yu dans cet enfer. Ce n'est point un enfer, reprit-il, c'est le séjour des meryeilles. Assejez-yous , mes enfans ; écoutez bien , et croyez. 1 4

(Ga ' DOH QUICHOTTE-

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