‹ Œuvres dramatiques, avec les notes de tous les commentateurs, publ. par m. Aimé-MartinChapitre 100 sur 397 · ACTE IV, SCENE II. i.Vi · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE II. i.Vi

Heureux! si je pouTois, afant qm> nriiinnoler'. Percer le tnltre cœur qui ma pu dcd'lcr!

MOMME.

Hé bien, seigneur, il faut vous U* faire connaître. !fe cherchez point ailleurs itet eiuirnii, n* tnittn' : Frappez : aucun respect ne vous doit retenir*. Tai tout fait : et c*est moi que vous «hîvez punir.

XIPHARKS.

Vous:

IIOMMK.

Ah ! si vous saviez, prince, avec qni^lle adi'csM; Le cruel est venu surprendre ma tendresse ! Quelle amitié sinc(*re il afftn'toit |K>nr vims! Content, sMI vous voyoit devenir mon éponx ! Qui n^auroitcni?... Mais non, mon umonr, plus timide, Devoit moins vous livrer à sa l)onte perlide. Les dieux, qui mMnspiroient, et que j'ai mal suivis. MVmt fiait taire trois fois pur de secrets :ivis->.

* On a déjà relevé cette faute nilliMira. On no croyoit poH alors que c'en fût une, puisque rien n'étoit plt» facile «lue de mettn* arnnt de. Le langage ne se fixe qu'avec le teniiMi. |L.i

t L'artifice théâtral paroît peut-étn* un ]>eu trop : c'étoit encore Tasage de présenter des amants qui veulent iHre tut'K par leurs maitresses, et des maitresse.<< qui excitrnt loiirs ainunts à les tuer. On sait très bien que ces exhortations sont rn pure perte. (0.<

9 Mademoiselle Clairon avoit observé que, dans Tacte précédent, où Mithridate fait avouer à Monime son secret, il n'y a pas plus de deux réticences : Mj*ai consulté, dit-elle, toutes les éditions de Racine : M tontes disent troi$\ toutes les actrices auxquelles j'ai vu juuer ce •4 rôle disoient iroi»: toutes les recherches (pie j'ai faites m'ont assurée u que mademoiselle Le Couvreur disoit frois, Quoiipie deux soit un u peu plus sourd que trois^ il fait également )a mesure du vers, et u n'en détruit point l'harmonie. Il étoit à présumer que Racine avoit u eu des raisons pour préférer l'un à l'autre; mais nulle tradition ne u m'éclairoit ; il ne m'appartenoit pas de c<»rriKer un si grand liomnH^; .1 je ne pouvois pas non plus me soumettre à dire ce que je regardois M comme une faute. J'imaginai de suppléer à la troisième réticence M par un jeu de visage. Dans le couplet où Mithridate dit ( acte III, - .se. V ) ,

Servez avec son frùrc.

Et Tcndex aux Romains le sang du votre père.

M je m'avançai avec la physionomie d'une personne qui va tout dire.

J'ai dû continuer; j'ai dû dans tout le reste... Que sais-je enfin ? j'ai dû vous être moins funeste ; J'ai dû craindre du roi les dons empoisonnés, Et je m'en punirai, si vous me pardonnez.

XI PHARES

Quoi, madame ! c'est vous, c'est l'amour qui m'expose? Mon malheur est parti d'une si belle cause ? Trop d'amour a trahi nos secrets amoureux ? Et vous vous excusez de m'avoir fait heureux ' ? Que voudrois-je de plus ? glorieux et fidèle, Je meurs. Un autre sort au trône vous appelle : Consentez-y, madame; et, sans plus résisler. Achevez un hymen qui vous y fait monter.

MONIME

Quoi ! vous me demandez que j'épouse un barbare Dont l'odieux amour pour jamais nous sépare?

XIPHARÈS

Songez que ce matin, soumise à «es souhaits. Vous deviez l'épouser et ne me voir jamais.

MONIME

Ehî connaissois-je alors toute sa barbarie? Ne voudriez-vous point qu'approuvant sa furie. Après vous avoir vu tout percé de ses coups. Je suivisse à l'autel un tyrannique époux 2; Et que, dans une main de votre sang fumante. J'allasse mettre, hélas! la main de votre amante?

«< et je fis à l'instant succéder un mouvement de crainte qui me défen- « doit de parler. Le public, qui n*avpit jamais vu ce jeu de théâtre, « daigna me donner, en l'approuvant, le prix de toutes mes recher- » ches... Sans le jeu de la physionomie, ajoute-t-elle, j'aurois perdu " la douceur d'être applaudie, et la gloire d'avoir deviné Racine, -f [Mémoires de mademoiselle Clairon. )

* Voilà de l'exagération, du romanesque. Xipharès, qui s'estimtheureux de périr «par l'imprudence de sa maîtresse, n'excite qu'une stérile admiration; le cœur n'est point touché de ce langage héroïque, qui n'est ni naturel, ni vrai. (G.)

5 Proprement l'adjectif tyrannique ne s'applique qu'aux choses, un pouvoir tyrannique, une conduite tyrannique, etc. Mais cette espèce de figure qui le transporte aux personnes n'a rien de répréhensible en poésie. (L.)

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