ACTE IV. si:f:\ï: i\ . n
MITIIlIlIiATr.
Cest donc votre ré^ioiisi*? cl, sniis |ilii> iih' niiii|ihiin-. Vous refusez rboiineiir i|ii«' je viiiilni> vous f:iirr'* Peusez-y bien. J*atten(ls |ioiir iiii> «li-iiTiniiifr...
MOMVi:.
Non, seigneur, riimenicnl vnus cniyt»/ urctniiini-.
Je TOUS connais :^ sais tout vv que ji- iir;i)i|iivii'.
Et je vois quels malheurs j*:is>i!inhli' siir ma U'-W :
Mais le dessein est pris; rien iw |tii1 nri'hi'HiiIrr.
Jugez-en, puisque ainsi je vou^ ox' {Mi-ln-.
Et m'ein|>orte au delà i\v. celle iiuxleslii'
Dont jusqu'à ce niniiient je u'elfiis |Miiiit Hirtir i.
Vous vous (Mes servi de m:i tuiie>t<' iii:iîii
Pour mettre à votre Dis un iH»i;;iiard daii'> Ir M*iii :
longe qu'elle parle à MithrUrati». :i Mitliriii:iii- ,|..!i>ii\-, ri s:ir «jn'i! a un liTal, et nn rival ainné : et dans qui*! mi*ni<-iit lui |iiirli--t-i-lli> :iiii>>i ' Combien Tautcur avoit à faire! et il n'u rii-n laisse à ili'sin-r. ("i-nI que Monimc a l'espèce de fi'rniett* qui lui c*>iiiviint, et ipii ii'i-st iiu'ini sentiment vrai et profond dctnun svh ilf\oirs. I-'.Ili- li-s a ii-ii«> n-inplis. et ne craint point la mort; elle nv craint |>- iiit Mitliriilati'. mais i-!I< M le bra^c point ; elle Ini rend tout vv <\u\V.v lui «l->it . mais «.•Ui- li.i fait sentir tout ce qu'une femme dôlirnte 8«- dnit à ••Mr-mr-mc , et tnii'^ les avantages qu'il lui a donnés sur lui en la tniniftant si indignement. En mémo temps elle n'oublie |iaH Tiiiti-rét <le Xi]iliuri-N, qui lui dciieii' d'autant plus cher que c'est elle qui l'a rx|>i>h> . Les ciuinoisseurs |>p féreront toujours cette espèce de courage, ((rii ist celui de smi sexe d de sa sitmtion, à la violence plus que virile de la plupart <le.s iuToïnes de Corneille. Leur Jactance a quelques traits île force «lui attirent l'applandissement ; mais elle n'est le plus souvent <iu'une déclamation facile et une disconvenance choquante ; au lieu iiu'il faut un Jugement sûr et tin goût exquis pour observer toutra U-s nuances qui distinguent la fierté d'un sexe de celle de l'autre. Ces nuances sont toutes parfoitement saisies dans le r61e de Monimc. Sa fierté ne dément en rien la réserve, la modestie, la résignation qu'elle a fait voir jusiiuc-là. £lle n'a avec son amant que le de^é de foiblesse (prcUc devait avoir pour être tendre, et que le degré de force qu'il lui falloit pour suivre son devoir, et tracer celui de Xipharès. Avec Mithridatt^, elle n'est fière et décidée qu'autant qu'il le faut pour préférer la mort au plus grand malheur qui puisse arriver à une femme honnête et sensible, celui d'appartenir à nn homme qui sait qu'elle en aime un autre. (L.)
1 Je m'emporte au delà de cette modestie , dit-elle ; et ce dernier Irait prouve qu'elle n'en est pas sortie nn moment. (L.l
im BOTHRIDATE.
De ses feux innocents j'ai trahi lé mystère; Et, quand il n*en perdrait (lue Tamour de son père, Il en mourra, seigneur. Ma foi ni mon amour * Ne seront point le prix d'un si cruel détour. Après cela, jugez. Perdez une rebelle; Armez-vous du pouvoir qu'on vous donneur elle : J'attendrai mon arrêt; vous pouvez commmider. Tout ce qu'en vous quittant j'ose vous demander, Croyez (à la vertu je dois cette justice) Que je vous trahis seule, et n'ai point de complice; Et que d'un plein succès vos vœux seroient suivis Si j'en croyois seigneur, les vœux de votre fils.