SCÈNE VL
MITHRIDATE, ARBATE.
ABRATB.
r, tous VOS soldats refusent de partir : Phamaoe les retient, Phanuice leur n'>vôle Que TOUS cherchez à Rome uih* guerre nouvelle.'
MITHRIDATI.
Phamaoe?
ARBATE.
Il a séduit ses ganh^ les premiers; Et le seul nom de Romt; ôloiuie les plus fiers *. De mille alfreux périls ils se fonuent Tiinage. Les uns avec transi>ort embrassent le rivuge; Les antres, qui partoient, s*élancont dans les flots. Ou présentent leurs dards aux yeux des matelots. Le désordre est partout; el loin du nous entendre, Ils demandent la paix, et parient de S4î rendre. Phamace est à leur tète; et flattant leurs souhaits. De la part des Romains, il leur promet la paix.
MITHRIDATB.
Ah, le traître! Gourez : qu'on appelle son frère; Qa*il me suive, qu'il vienne au secours de son |>èn\
ARBATE.
J^ignore son dessein; mais un soudain transiK>rt Vti d^a fait descendre et courir vers le port; Et Ton dit que, suivi d'un gros d'amis lidéles. On Ta vu se mêler an milieu des rebelles *.
t Encore une mauraise rime pour Toreille, par la mCme raison que celle à» fier g et foyers. (L.)
t Cette méprise, très naturelle dans ces conjonctures, est un de ces moyens aussi simples en eux-mêmes qu'ingénieusement choisis, dont Racine se sert volontiers pour brouiller et resserrer les nœuds de son Intrigue. Le trouble croit de scène en scène. L'arrivée des Romains y va mettre le comble , et le dernier vers du quatrième acte laissera le spectateur dans une effrayante incertitude de tout ce qui peut arriver.
C'est tout ce que j'en sais.
Ah! qu'est-ce que j'entends? Perfides, ma vengeance a tardé trop longtemps! Mais je ne vous crains point : malgré leur insolence, Les mutins n'oseroient soutenir ma présence. Je ne veux que les voir; je ne veux qu'à leurs yeux Immoler de ma main deux fils audacieux.