‹ Œuvres dramatiques, avec les notes de tous les commentateurs, publ. par m. Aimé-MartinChapitre 112 sur 397 · HOMME · texte numérisé non relu

HOMME

Retiens tes cris ; et, par d'indignes larmes, De cet heureux moment ne trouble point les charmes. Si tu ni'aimois, Phoedime, il falloit me pleurer ^ Quand d'un titre funeste on me vint honorer. Et lorsque, m'arrachant du doux sein de la Grèce, Dans ce climat barbare on traîna ta maltresse.

1 C'est une espèce d'imitation de la réponse de Sophonisbe à Tesclave qui lui apporta le poison de la part de Massinissa: « Àccipio, « inquit, nuptiale munus; nec ingratum, si nihil majus vir uxori u prœstare potuit. » (Tite-Live, liv. XL, chap. x.) Plutarque écrit que Statira, sœur de Mithridate, u fit remercier ce prince, dans M une circonstance pareille, de l'attention qu'il avoit eue de se sou- M venir d'elle, et d'empêcher qu'elle ne tombât au pouvoir du vain- « queur. >» (L. B.)

t Excellent morceau : voilà cet intérêt de style, sans lequel celui des situations ne se soutient qu'à l'aide du théâtre et de l'actrice. Ici la douleur devient plus douce et plus calme, sans être moins touchante. et ce contraste avec le morceau précédent est encore un autre genre de mérite. Monime est plus tranquille, parcequ'elle se croit sûre de mourir. Ses paroles sont pleines de ce pathétique profond que les anciens savoient donner à ce qu'on appel oit en ïatin novissima verba, les dernières paroles, les paroles de mort : c'est chez eux que Racintr avoit appris.

Et lorsque, m'arrachant du doux sein de la Grèce, etc.

Ce retour vers son heureuse patrie, si naturel dans un pareil moment, rappelle le

« Dulces moriens reminiscitur Argos. »

et Vhistoire malheureuse de ma gloire ! Que de beautés ! iL.j

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