‹ Œuvres dramatiques, avec les notes de tous les commentateurs, publ. par m. Aimé-MartinChapitre 130 sur 397 · ACTE I, SCÈNE II. 2tt · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II. 2tt

Lorsqu*un époux mortel fat reçu dans soo lit : Je puis clkoisir, dit-on, ou beaucoup d^ans sans gloire. Ou peu de jours suivis d*une longue mémoire. Mais» puisqu'il fout enfin que j*arrive au tombeau, Vondroîs-Je, de la terre inutile fardeau, Trop avare d*un sang reçu d'une déesse, Attendre citez mon père une obscure vieil lesi^e ; *

Et, toujours de la gloire évitant le sentier, Ne laisser aucun nom et mourir tout entier ^ ?. Ah.' ne nous, formons point ces indignes obstacles: I/bonneur parle, il suffit : ce sont là nos oracles *. .Les dieux sont de nos jours les maîtres souverains; Mais, seigneur, notre gloire est dans nos propres mains. Pourquoi nous tourmenter de leurs ordres suprêmes? Ne songeons qu'à nous rendre immortels comme eux-inènies Et, laissant faire uu soit, courons où la valeur ^

nées, il ett beau de mourir air oûKeu de pareils travaux. Je dois sang dont Je sors, non de vivre longtemps, mais du vivre avec gloire. • iQ. CuRT., llb. IX, cap. VI.)

• Cette belle expression appartient à Horace : Non omnis moriar. u Je ne mourrai pas tout entier. » Corneille s'en est d'abord emparé :

Sont-ili morts tout entier* avec leurs grands desseias I

Cinna, acte I, se. i.

La coQtume de Racine étant d'embellir et de perfectionner tout ce qu'il imite, cette expression, placée à la fin du vers, a bien plus d'énergie, et produit bien plus d'effet que dans Corneille, qui la place au premier hémistiche, et l'afibiblit dans le second, avec leurs grands desseins. (G.)

• Ce vers est imité d'Homère. Polydamas vient d'annoncer à Hector que les auspices ne sont pas favorables à la bataille qu'il veut livrer. Hector lui répond : « Combattre pour la patrie , voilà le meilleur et le » plus sûr des oracles n [Iliade^ liv. XII.) (G.)

8 Cette expression, laisser/aire, est ici d'une simplicité très noble, et semble empruntée, ainsi que la pensée elle-même, de cet admirable vers de Corneille :

Faites votre devoir, et laisseï faire aux dieux.

Horace, acte H, se. viii.

Dans le vers suivant, le leur est sec et peu harmonieux, et ce pronom est d'autant moins agréable qu'il est précédé des pronoms eux et leur y qui se rapportent au même nom, iés dieux. (G.)

Nuus promet un dcsliu aussi grand que le leur. C'est à TiH)ie, et j*y cours; et, quoi qu'on me prédise, Je ne demande aux dieux qu-^un vent qui m'y cpnduif>e; Et quand moi seul enGn il faudroit l'assiéger, Patrocle et moi, seigneur, nous irons vous venger <. Mais non, c'est en vos mains que le destin la livre ; JTî n'aspire en effet qu'à l'honneur de vous suivre. Je ne vous presse plus d'approuver les trans|)orts O'un amour qui m'alloit éloigner de ces bords; ("e même amour, soigneux de votre renommée, Veut qu'ici mon exemple encourage l'armée. Et me défend surtout de vous abandonner Aux timides conseils qu'on ose vous donner ^.

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