ÉRIPHILE, DORIS
ÉRIPHILE
Dieux, qui voyez ma honte, où me dois-je caclier? Orgueilleuse rivale, on t'aime, et tu murmures ! Souffiirai-je à la fois ta gloire et tes injures*?
1 Ce vers a quelque chose de familier. Cependant, il fait trembler dans la bouche d'Achille, et l'annonce tel qu'il va se montrer bientôt, c'est-à-dire celui de tous les hommes le moins fait pour supporter une injure. (L.)
s Racine a trouvé moyen d'employer très heureusement le mot injures dans le sens d'invectives, quoique dans cette acception injure en poésie ne soit pas noble. Cette expression, qui s'emploie très bien lorsqu'elle signifie injure faite ou reçue, devient basse et triviale lors-
25S IPHI6ÉNIE.
Ah ! plutôt... MaiSy Dons, oa j'aime à me flatter, Ou sur eux qudqiie orage est tout prêt d'éclater. J'ai des yeux. Leur Ixmheor n'est pas encor tranquille. On trompe Iphigénie; on se cache d'Achille; Agamemnon gémit. Ne désespérons point; Et, si le sort contre elle à ma haine se joint, Je saurai profiter de cette intelligence Pour ne pas pleurer seule et mourir sans vengeance ^
qa'elle signifie paroles injurieuses. Il faut beaucoup d'art pour remployer en ce sens. On en trouve encore un autre exemple dans la tra-, gédie d'Andromaque. (L. B.)
* Le sens et la construction exigeroient en prose que Ton répétât la négation. On ne peut pardonner cette licence à la poésie que parceqtu* le sens est si clair qu'il n'y a pas lieu à se méprendre. Mais la Ifeénci* est forte, et il ne-faudroit pas l'imiter. Je ne sais m^me si Racine Va risquée deux fois. (L.)
FIN DU SECOND ACTE-