ACHILLE, CLYTEMNESTRE, IPHIGÉNIE, .EGINE
CLTTEMNESTRE.
Tout est perdu, seigneur, si vous ne nous sauvez ^ Agamemnon m'évite, et, craignant mon visage, Il me fait de Tautel refuser le passage : Des gardes, que lui-même a pris soin de placer, Nous ont de toutes parts défendu de passer. Il me fuit. Ma douleur étonne son audace.
ACHILLE
Hé bien ! c'est donc à moi de prendre votre place. II me verra, madame, et je vais lui parler *.
Ah, madame!... Ah, seigneur! où voulez-vous aller?
ACHILLE
Et que prétend de moi votre injuste prière? Vous faudra-t-il toujours combattre la première?
CLYTEMNESTRE
Quel est votre dessein, ma fille ? •
Au nom des dieux, Madame, retenez un amant furieux :
De ce triste entretien détournons les approches. Seigneur, trop d'amertume aigriroit vos reproches. Je sais jusqu'où s'emporte un amant irrité ; Et mon père est jaloux de son autorité. On ne connaît que trop la fierté des Atrides. Laissez parler, seigneur, des bouches plus timides.
1 Voyez comme le poëte fait avancer le péril à chaque scène. Cly teninestre espéroit fléchir ou intimider Agamemnon, il a refusé de la voir : des gardes l'ont repoussée. Et comme toute cette scène qui termine l'acte est animée et menaçante! Ni cette marche ni cette scène n« sont d'Euripide. (L.)
2 Dans la situation où l'on est, c'est Achille qui dit d' Agamemnon : Il me verra l Cest là de la terreur ; et combien celle que va témoigner Iphigénie ajoute à celle du spectateur! (L.)