‹ Œuvres dramatiques, avec les notes de tous les commentateurs, publ. par m. Aimé-MartinChapitre 175 sur 397 · ACTE IV, SCÈNE IV. MiU · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IV. MiU

Thésée avoit osé l'enlever à son père :

Vous savez, et Calchas mille fois vous Ta dit ^,

Qu'un hymen clandestin mit ce prince en son lit;

Et quMl en eut pour gage une jeune princesse

Que sa mère a cachée au reste de la Grèce.

Mais non ; Tamour d'un frère et son honneur blessé

Sont les moindres des soins dont vous êtes pressé :

Cette soif de régner, que rien ne peut éteindre.

L'orgueil de voir vingt rois vous servir et vous craindre»

Tous les droits de l'empire en vos mains confiés,

Cruel! c'est à ces dieux que vous sacrifiez;

Et, loin dé repousser le coup qu'on vous prépare.

Vous voulez vous en faire un mérite barbare :

Trop jaloux d'un pouvoir qu'on peut vous envier.

De votre propre sang vous courez le payer;

Et voulez, par ce prix, épouvanter Taudace

De quiconque vous peut disputer votre place.

Est-ce donc être père? Ah! toute ma raison

Cède à la cruauté de cette trahison.

Un prêtre, environné d'une foule cruelle, .

Portera sur ma fille une main criminelle.

Déchirera son sein, et, d'un œil curieux.

Dans son cœur palpitant consultera les dieux !

Et moi, qui l'amenai triomphante, adorée.

Je m'en retournerai seule et désespérée !

1 L'épisode de l'enlèvement d'Hélène, dit La Harpe, au milieu d'unr tirade si véhémente, est la seule imperfection de ce morceau, partout ailleurs si pathétique. Malgré l'autorité d'un si grand critique, nous ne pouvons adopter cette opinion. Ce récil, qui n'a que six vers, est bien placé, puisque c'est un moyen de sauver Iphigénie, et que l'amour maternel ne peut en oublier aucun. Après avoir accablé le roi des rois des outrages les plus sanglants, Clytemnestre couvre de mépris cette Hélène pour laquelle il veut immoler sa fille. Cette idée semble la calmer un moment, parcequ'elle fiatte ses espérances. C'est un repos qui étoit nécessaire au milieu d'une tirade si longue et si vive, et qui donne encore plus de véhémence aux transports que dans le moment même Clytemnestre va faire éclater. Remarquez que dans ce récit elle passe rapidement de la fureur au raisonnement, et du raisonnement au pathétique. Elle veut effrayer, convaincre, et \o\Lc\i«t \ «^\«stw%fcTw\. o^s* tout cela doit se présenter à la fois dans \e ccbxki \n»X«rGL<^.

Je verrai les chemins encor tout parfumés Des fleurs dont sous ses pas on les avoit semés!. Non, je ne Taurai point amenée au supplice, Ou vous ferez aux Grecs un double sacriûce. Ni crainte, ni respect ne -m'en peut détacher : De mes bras tout sanglants il faudra Tarracher. Aussi barbare époux qu'impitoyable père, Venez, si vous Posez, la ravir à sa mère *. Et vous, rentrez, ma fille, et du moins à mes lois Obéissez encor pour la dernière fois *.

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