HIPPOLYTE, ARICIE, ISMÈNE
HIPPOLYTE
Madame, avant que de partir, J'ai ci'u de votre sort vous devoir avertir. ' Mon père ne vit plus. Ma juste défiance Présageoit les résous de sa trop longue absence : La mort seule, bornant ses travaux éclatants, Pouvoit à l'univers le cacher si longtemps.
i L'auteur dit avec élégance y^ecAir un courage inflexible; et, dans Athalie, réparer un outrage irréparable. La beauté de ces vers consiste dans l'apparente incompatibilité des deux hémistiches ; mais si l'on fait le verbe négatif, on n'a plus qu'une niaiserie ou un jeu de mots, comme dans ce vers de V Electre de Longepierre :
Hais on n'efface point des traits ineffaçables.
rCiU PHÈDRE.
Les dieux livrent enfin à la parque homicide L*arai, le compagnon, le successeur d'Aidde. Je crois que votre haine, épargnant ses T^rtos, Écoute sans regret ces noms qui lui sont dus. Un espoir adoucit ma tristesse mortelle : Je puis vous affranchir d'une austère tutelle; Je révoque des lois dont j'ai plaint la rigueur >.. Vous |)ouvez disposer de vous, de votre cœur ^ Et dans cette Trézène, aujourd'hui mon partage. De mon aïeul Pitthée autrefois l'héritage. Qui m'a, sans balancer, reconnu pour son roi. Je vous laisse aussi libre et plus libre que moi.
ARICIE
Modérez des bontés dont l'excès m'embarrasse. D'un soin si généreux honorer ma disgrâce, Seigneur, c'est me ranger, plus que vqus ne p^sez, Sous ces austères lois dont vous me dispensez.
HIPPOLTTE.
Du choix d'un successeur Athènes incertaine. Parle de vous, me nomme, et le fils de la reine.
ARICIE
De moi, seigneur?
HIPPOLYTE
Je sais, sans vouloir me flatter, - Qu'une superbe loi semble me rejeter :
La Grèce me reproche une mère étrangère. Mais, si pour concurrent je n'a vois que mon frère. Madame, j'ai sur lui de véritables droits, Que je saurois sauver du caprice des lois. Un frein plus légitime arrête mon audace : Je vous cède, ou plutôt je vous rends une place, Un sceptre que jadis vos aïeux ont reçu De ce fameux mortel que la terre a conçu. L'adoption le mit entre les mains d'Egée. Athènes, par mon père accrue et protégée, Reconnut avec joie un roi si généreux,
t Avant Racine, on auroit dit : dont la rigueur a été cause que Je vous ai plaint. Ces tours, si remarquables par leur vivacité, ont été introduits par ce poëte dans notre langue.