‹ Œuvres dramatiques, avec les notes de tous les commentateurs, publ. par m. Aimé-MartinChapitre 227 sur 397 · ACTE III, SCENE I. r>4r · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE I. r>4r

Par tes conseils flatteurs tu in*as su ranimer : Tu m'as fait entrevoir que je pouvois Paimer.

œxoNE.

Hélas! de vos malbeurs innocente ou coupable, De quoi pour vous sauver n'étois-je point capable? Mais si jamais i*offense irrita vos esprits, Pouvcz-vous d'un sui>eii)e oublier les mépris? Avec quels yeux cruels sa rigueur obstinée Vous laissoit à ses pieds peu s'en faut prosternée î Que son farouche orgueil le rendoit odieux ! Que Phèdre en ce moment n'a voit-elle mes yeux !

PHÈDRE

OËnoue, il peut quitter cet orgueil qui te blesse ; Nourri dans les forêts, il en a la rudesse. Hippolyte, endurci par de sauvages lois, Entend parler d'amour pour la première fois : Peut-être sa surprise a causé son silence ; Et nos plaintes peut-être ont trop de violence.

OENONE

Songez qu'une barbare en son sein Ta formé * .

PHÈDRE

Quoique Scythe et barbare, elle a pourtant aimé.

1 Ce dialogue couié est une imitation de Sénèquc :

NuTBix. — « Tibi ponel odium, cujus odio forsitan

— ff Persequitur oranes?

PaysDBA. — « Precibas haad vinci polesl?

NcTRix. — « Forus est.

Pbjsdba. — « Aniore didicimus vinci fero«...

NuTBlx. — « Geniis orono profugit.

Phadba. « Pcllicis careo metu. »

Lk nourrice. — it Cessera-t-il de vous haïr, vous qui peut-être lui faites haïr toutes les femmes t

Phèdre. — Les prières ne peuvent-elle? le fléchir!

La nourrice. — C'est un cœur farouche.

Phèdre. — Ne sait-on pas que les cœurs les plus farouches cèdent à l'amour?...

La nourrice. — Il hait tout votre sexe.

Phèdre. — Je n'ai point à craindre d» rivale* »» [Hippolylc^ acte I, scène il.)

r>M» PHEDRE.

OBNONE.

Il a iK)ur toul le sexe une haine fatale.

PHÈDRE

Jn uo me verrai point préférer de rivale '.

Enfin tous tes coilaeils ne sont plus de saison :

Sers ma fureur, OBnone, et non point ma raison.

Il op]»ose à Taniour un cœur inaccessible;

i^herchons pour Tattaquer quelque endroit plus sensible :

l^'s charmes d*un empire ont paru le toucher;

Athènes Tattiroit, il n'a pu t*en cacher;

l)t*ja de ses vaisseaux la pointe étoit tournée,

Et la voile flottoit aux vente abandonnée.

Va trouver de ma part ce jeune ambitieux,

OEnoue; fais briller la couronne à ses yeux :

Qu'il mette sur son front le sacré diadème;

Je ne veux que Thonneur de Pattacker moi-même >.

Onlons-lui ce pouvoir que je ne pttts garder.

Il instruira mon fils dans Part de comiiiaiider;

Peut-^tre il voudra bien lui tenir Itôll de père :

Je mets sous son pouvoir et le iils el là mère.

Pour le fléchir enfin tente tous les moy^s t

Tes discours trouveront plus d'accès c^ue 1m llllens ;

Presse, pleure, gémis; peins-lui Phèdrt iilM>tiranie ;

Ne rougis point de prendre une vojx su(>pllfttile :

Je t'avouerai de tout; je n'espère qu'eu lot.

Va : j'att(mds ton retour pour disposa de ta<À.

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