ACTE III, SCENE I. r>4r
Par tes conseils flatteurs tu in*as su ranimer : Tu m'as fait entrevoir que je pouvois Paimer.
œxoNE.
Hélas! de vos malbeurs innocente ou coupable, De quoi pour vous sauver n'étois-je point capable? Mais si jamais i*offense irrita vos esprits, Pouvcz-vous d'un sui>eii)e oublier les mépris? Avec quels yeux cruels sa rigueur obstinée Vous laissoit à ses pieds peu s'en faut prosternée î Que son farouche orgueil le rendoit odieux ! Que Phèdre en ce moment n'a voit-elle mes yeux !
PHÈDRE
OËnoue, il peut quitter cet orgueil qui te blesse ; Nourri dans les forêts, il en a la rudesse. Hippolyte, endurci par de sauvages lois, Entend parler d'amour pour la première fois : Peut-être sa surprise a causé son silence ; Et nos plaintes peut-être ont trop de violence.
OENONE
Songez qu'une barbare en son sein Ta formé * .
PHÈDRE
Quoique Scythe et barbare, elle a pourtant aimé.
1 Ce dialogue couié est une imitation de Sénèquc :
NuTBix. — « Tibi ponel odium, cujus odio forsitan
— ff Persequitur oranes?
PaysDBA. — « Precibas haad vinci polesl?
NcTRix. — « Forus est.
Pbjsdba. — « Aniore didicimus vinci fero«...
NuTBlx. — « Geniis orono profugit.
Phadba. « Pcllicis careo metu. »
Lk nourrice. — it Cessera-t-il de vous haïr, vous qui peut-être lui faites haïr toutes les femmes t
Phèdre. — Les prières ne peuvent-elle? le fléchir!
La nourrice. — C'est un cœur farouche.
Phèdre. — Ne sait-on pas que les cœurs les plus farouches cèdent à l'amour?...
La nourrice. — Il hait tout votre sexe.
Phèdre. — Je n'ai point à craindre d» rivale* »» [Hippolylc^ acte I, scène il.)
r>M» PHEDRE.
OBNONE.
Il a iK)ur toul le sexe une haine fatale.
PHÈDRE
Jn uo me verrai point préférer de rivale '.
Enfin tous tes coilaeils ne sont plus de saison :
Sers ma fureur, OBnone, et non point ma raison.
Il op]»ose à Taniour un cœur inaccessible;
i^herchons pour Tattaquer quelque endroit plus sensible :
l^'s charmes d*un empire ont paru le toucher;
Athènes Tattiroit, il n'a pu t*en cacher;
l)t*ja de ses vaisseaux la pointe étoit tournée,
Et la voile flottoit aux vente abandonnée.
Va trouver de ma part ce jeune ambitieux,
OEnoue; fais briller la couronne à ses yeux :
Qu'il mette sur son front le sacré diadème;
Je ne veux que Thonneur de Pattacker moi-même >.
Onlons-lui ce pouvoir que je ne pttts garder.
Il instruira mon fils dans Part de comiiiaiider;
Peut-^tre il voudra bien lui tenir Itôll de père :
Je mets sous son pouvoir et le iils el là mère.
Pour le fléchir enfin tente tous les moy^s t
Tes discours trouveront plus d'accès c^ue 1m llllens ;
Presse, pleure, gémis; peins-lui Phèdrt iilM>tiranie ;
Ne rougis point de prendre une vojx su(>pllfttile :
Je t'avouerai de tout; je n'espère qu'eu lot.
Va : j'att(mds ton retour pour disposa de ta<À.