‹ Œuvres dramatiques, avec les notes de tous les commentateurs, publ. par m. Aimé-MartinChapitre 238 sur 397 · THÉSÉE, OENONE · texte numérisé non relu

THÉSÉE, OENONE

THESEE.

Ah! qu'est-ce que j'entends? Un traître, un téméraire < Préparoit cet outrage à l'honneur de son père?

1 Phèdre, dcp-.iis sa sortie, a eu le loisir de réfléchir sur le conseil d'Œnone ; elle a pu l'approuver dans le premier moment de son trouble, mais elle a di\ révoquer depuis son consentement, si réellement elle a tant d'horreur pour une aussi noire calomnie. Puisqu'elle- permet volontairement À sa nourrice d'opprimer et de noircir l'innocence, elle est donc encore plus odieuse que la Phèdre d'Euripide, qui, du moins, n'est pas hypocrite, et qui meurt pour expier d'avance l'atrocité d'une vengeance aussi barbare. Thésée est sorti à la fin du troisième acte, dans l'intention d'interroger Phèdre :

Que Phèdre explique enfin le trouble où je la voi...

(Act. III, se. V.;

et il ne l'a point interrogée. Il rentre au commencement du quatrième, à l'instant où Œnone vient d'accuser H ippolyte : tout annonce qu'il n'a parlé qu'à cette confidente, qu'il n'a entendu qu'elle ; et il parolt déjà convaincu du crime de son fils, sur ce seul rapport et sur l'indice très suspect de l'épée d'Hippolyte. Thésée ajoute foi, avec une légèreté inexcusable, à l'accusation la plus monstrueuse, la plus invraisemblable. Si le jeune prince avoit réellement employé la violence, les cris de Phèdre, la fuite du téméraire, auroient excité un grand tumulte dans le palais ; il y auroit beaucoup de témoins : et la seule Œnone dépose l Phèdre elle-mtme se tait ! Que de motifs de douter I M. de La Harpe croit avoir trouvé un argument nouveau, décisif, péreniptoire et sans réplique, pour justifier la crédulité de Thésée : « D'abord, dit-il, le fait est consacré par la Fable, et dès lors il est .< reçu que le spectateur s'y prête jusqu'à un certain point... De plus, « les apparences sont ici très fortes, par la réunion des circonstances et u particulièrement celle de l'épée d'Hippolyte, moyen fort adroit que .' Racine a pris de Sénèque. Mais la raison la plus décisive en faveur

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