‹ Œuvres dramatiques, avec les notes de tous les commentateurs, publ. par m. Aimé-MartinChapitre 252 sur 397 · ACTE V, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE I

Quelle peur vous retient? Vous sembiez balancer? Votre seul intérêt m'inspire cette audace : Quand je suis tout de feu, d'où vous vient cette glace *? Sur les pas d'un banni craignez-vous *de marcher?

ARICIE

Hélas! qu'un tel exil, seigneur, me seroit cher!

Dans quels ravissemeuts, à votre sort liée,

Du reste des mortels je vivrois oubliée !

Mais, n'étant point unis par un lien si doux,

Me puis-je avec honneur dérober avec vous'?

Je sais que, sans blesser l'honneur le phis sévère,

Je me puis afl'ranchir des mains de votre père :

Ce n'est point m'arracherdii sein de mes parents;

Et la fuite est |)ermise à qui fuit ses tyrans.

Mais vous m'aimez, seigneur; et ma gloire alarmée...

HIPPOLVTE.

Non, non, j'ai trop de soin de votre renonmiée. Un plus noble dessein m'amène devant vous : Fuyez vos ennemis, et suivez votre époux. Libres dans nos malheurs, puisque le ciel l'ordonne, Le don de notre foi ne dépend de personne. L^hymen n'est point toujours entouré de flambeaux. Aux portes de Trézène, et [)armi ces tombeau.^. Des princes de ma race anti(|ues sépultures. Est un temple sacré formidable aux parjures. C'est là que les mortels n'osent jurer en vain; Le perfide y reçoit un châtiment soudain ; Et, craignant d'y trouver la mort inévitable, I^ mensonge n'a point de frein plus redoutable.

I Comme il n*y a point d'auteur plus sobre d'antithèses que Racine, on peut dire que celle-là est assez commune pour qu'il ait dû n'en pas faire usage. |L.]

s II y a une grande délicatesse dans ce mot me dérober; c'est une femme qui parle, elle n'ose encore prononcer le mot /uir^ elle le prononcera plus loin, mais après l'avoir justifié en parlant de la tyrannie dont elle est la victime : en attendant, elle le prépare par ce mot me dérober. Se dérober^ c'est se soustraire; on dit se dérober aux ennuyeux, c'est presque comme si l'on disoit se voler aux ennuyeux. Le mot reste fidèle à son étymologie. Me dérober avec vous, c'est me soustraire avec vous à mes tyrans.

MH PHÈDRE.

I^, si vous m'ea croyez, (Kud amour éternel Nous irons confirmer le serment solennel ; Nous prendrons à témoin le dieu qu'on y révère : Nous It» prierons tous deux de nous servir de père. I)(vs dieux les plus sacrés j'attesterai le nom, Kl la chaste Diane, et Tauguste Junon, i:t tous les dieux enfni, témoins de mes tendresses, (îamntironl la foi de mes saintes promesses^.

ARICIE

Le roi vient : fuyez, prince, et partez promptement, Pour cacher mon départ je demeure un moment. All(?z; et laissez-moi quelque fidèle guide, (^ui conduise vers vous ma démarche timide *.

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