BAJAZET, ROXANE, ATALIDE, ZAÏRE
ROXANE
Venez, seigneur, venez, il est temps de paraître.
Et que tout le sérail reconnoisse son maître :
Tout ce peuple nombreux dont il esl habité,
Assemblé par mon ordre, attend ma volonU*.
Mes esclaves gagnés, que le reste va suivre,
Sont les premiers sujets que mon amour vous livre.
L'auriez-vous cru, madame, et qu'un si prompt retour
Fît à tant de fureur succéder tant d'amour?
Tantôt, à me venger fixe et déterminée *,
Je jurois qu'il voyoit sa dernière journée :
A peine cependant Bajazet m'a parlé ;
L'amour fit le serment, l'amour l'a violé.
J'ai cru dans son désordre entrevoir sa tendresse :
J'ai prononcé sa grâce, et je crois sa promesse.
Oui, je vous ai promis et j'ai donné ma foi De n'oublier Jamais tout ce que je vous doi; J'ai juré que mes soins, ma juste complaisance. Vous réiiondront toujours de ma reconnoissance. Si je puis à ce prix mériter vos bienfaits. Je vais de vos bontés attendre les effets.
1 On ne peut pas dire fixe a se venger; m&is fixe passeroit à la laveur de déterminée, s'il n'avoit pas l'inconvénient plus grave de former un pléonasme. (G.)