‹ Œuvres dramatiques, avec les notes de tous les commentateurs, publ. par m. Aimé-MartinChapitre 28 sur 397 · ACTE m, SCEXE IV. K · texte numérisé non relu

ACTE m, SCEXE IV. K

Mais vous n'auriez pas joint à ce titre cTépoax Tous ces gages (Tanioor qn^elle a reçus de Tooi '. Roxane s*estimoit assez récompensée, Et j^aurois en mourant cette douce i^ensée. Qu^, vous ayant moi-même imposé cette loi. Je vous ai vers Ro!iane envoya* plein fie moi : Qu'emportant chez les morts trnite voire leodresM, - Ce n'est |ioiut un amant en vous que je lui laisée.

Que pj riez-vous, madame, et dVfionx et «ramantt O ciel ! de ce discours quel est ly fijndement ? Qui peut vous avoir lait c^ récit iuGdèle? Hoi, j'aimerois Roxane, ou je vivrois prjur eile« 3fadame! Ah! croyez-vous que, loin de le peii«er, Ma lyjucbe seulement eât pu le prononcer? Mais l'un ni l'autre enfin n'étr^t point nécessaire : La sultane a «uivi son penchant ordinaire. Et, soit qu'elle ait d'abord ex|iliqué mon retour t^mme un gage certain qui marquoit mon amour : Soit que le temps trop cher la pressât de se rendre. A |ieiue ai-je parlé, que, sans presi|ue ra'enlendie. Ses pleurs précipités ont coupé mes discours : Elle met daus ma main sa fortune, ses jours, El, se fiant enfin à ma reconnois^ance. D'un hymen inf lillible a formé Tesfiérance. Moi-même, rougissant de sa crédulité.

Et d'un amour si tendre et si peu mérité. Dans ma confusion, que Roxane, madame, AttrilHioit encore à Ve%ch> de ma flamme. Je me trouvois barbare, injuste, criminel. Croyez qu'il m'a fallu, dans ee moment cruel. Pour garder jusqu'au liout un silence perfirle. Rappeler tout l'amour que j*ai pour AtalifJe. Cependant, quand je viens, après fie tels effort.*. Chercher quelque secours contre tous mes rem^inJ-. Vous-même contre moi je vous vois, irritée. Reprocher votre mort à mon aine agitée:

« Gayes d'awumr, î^sn d#- parler peu tn:ii^'K, et Tiri r^Ti-r.-! if j vravent dans cette pièce. «G.

Je vois enfin, je vois qu'en ce même moment Tout ce que je vous dis vous touche foiblemeut. . Madame, finissons et mon trouble et le vôtre. Ne nous affligeons point vainement Tun et l'autre . Roxane n'est pas loin ; laissez agir ma foi : J'irai, bien plus content et de vous et de moi, Détromper son amour d'une feinte forcée, Que je n'allois tantôt déguiser ma pensée ^ La voici.

1 C'est dans cette scène que l'on voit plus que jamais combien les moyens de l'intrigue que l'auteur a foildée sur la jalousie d'Atalide et la pusillanimité de son amant sont foibles et faux. Il n'est pas concevable que les détails décisif;^ où Bajazet vient d'entrer touchent assez faiblement Atalide pour qu'il se croie obligé de tout risquer et de tout perdre. La confiance très juste qu'elle lui a montrée dans le second acte ne permet pas qu'au troisième elle soupçonne sa véracité, contre toute vraisemblance. Première faute. La seconde, bien plus grave, c'est le désespoir puéril ( il faut trancher le terme ) qui fait perdre la tête à Bajazet. Il devoit lui dire : « Dans la crise où nous sommes, il ne « s'agit pas de vous persuader, mais de vous sauver ainsi que moi. .« Grâce au ciel, je n'ai rien promis, et je suis à portée de tout faire. .< Encore un moment, et je vais être le maître de récompenser Roxane • comme il me plaira, de couronner Atalide, et de n'être ni ingrat d'un '< coté ni infidèle de l'autre. » En parlant ainsi, il parloit en homme. Quand on songe qu'il ne s'agit de rien moins que du salut d'un ami tel qu'Acomat, de celui d' Atalide, de Bajazet lui-même, et de l'empire, on est forcé d'avouer que les rafifinements de délicatesse d'un côté, et la folle complaisance de l'autre , sont l'opposé de la tragédie , parcequ'ils le sont du bon sens. Les madrigaux sont par trop déplacés au milieu des glaives ; et remarquez qu'en donnant à Bajazet cette fermeté qui le relevoit d'ailleurs, rien n'empêchoit que son intrigue avec Atalide ne fût de même découverte, et que l'action ne marchât vers le dénouement. Bajazet eût été ce qu'il devoit être, et le spectateur n'eût pas été dans le cas de dire que s'il périt , c'est qu'il l'a bien voulu ; et qu'un prince qui, dans de pareilles circonstances, sacrifie tout à de si minces scrupules de tendresse, non-seulement n'est point un héros , et encore moins un héros turc, mais ne mérite nullement qu'on se perde pour le servir. Je le répète, si Racine s'est mépris à ce point cette seule fois, c'est qu'égaré par le grand succès de Bérénice^ il s'est laissé aller très mal à propos au plaisir de traiter encore une fois ces délicatesses de l'amour, qu'il entendoit si bien, mais qui n'alloient bien qu'à Brtrnice. (L.)

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