‹ Œuvres dramatiques, avec les notes de tous les commentateurs, publ. par m. Aimé-MartinChapitre 298 sur 397 · ACTE II, SCENE IX · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE IX

UNE AUTRE ISRAÉLITE^ « ' /'j'i ."

Pour comble de prospérité, /. :

Il espère revivre en sa poslérité; Et d'enfants à sa table un^ riante troupe Semble boire avec lui la joie à pleine coupe S .. • ?

(Tout le reste eslx^hant^.^ "• 1

LE CHOEUR. ' \-

' Heureux, dit-on, le peuple florissant ... *

Sur qui ces biens coulent en abondance! Plus heureux le peuple innocent ...

Qui dans le Dieu du ciel a mis sa confiance! •

UNE ISRAÉLrrE, .seule.

Pour contenter ses frivoles désirs, .

L'homme insensé vainement se consu^ie :

Il trouve Tamertume

Au milieu des plaisirs. ...-,»

UNE AUTRE, seule.

Le bonheur deriflipie est toujours agité; Il erre à la merci de sa propre inconstance.

Ne cherchons la félicité

Que dans la paix de Tinnocence. ,- . "

LA MÊME , avec une autre. : . , •

0 douce paix!

0 lumière éternelle !

Beauté toujours nouvelle!

Heureux le cœur épris de les attraits ! . ,

• t Boire la joie : expression énergique et audacieuse, empTuntér de Virgile, qui dit que Didon buvoit Tamour à longs traits.

« Longumque bibebal amorem. »

JÎNBiD., lib. I, V. 753.

Mais Virgile est beaucoup plus hardi : Uacine emploie un correctif ; il se sert du mot coupe, qui adoucit la métaphore. J.-B.- Rousseau dans sa Cantate de Bacchus, a plus imité Racine que Racine n'a imité Virgile:

La céleste troupe,

Dans ce jitsvanUy

Boita pleine; coupe-

L'immortalité. (G. • . . 1

O douce paix !

O iamière éternelle!

Heureux le cœur qui ne te perd jamais!

LE CHQBUP.*

O douce paix !

O lumière étemelle l Beauté toujours nouvelle !

0 douce paix l Heureux le coeur qui ne te perd jamais !

LA MÊME, «eule.

Nulle paix ppur Timpie : il la cherche, elle fuit^ ; Et le calme en son cœur ne trouve point de place :

Le glaive au dehors le poursuit ;

Le remords au dedans le glace.

UNE AUTRE

lA gloire des m(N^bants en un moment s*éteint ;

L^affreux tombeau pour jamais les dévore. (1 n'en est pas ainsi de celui qui te craint; Il renaîtra, mon Dieu, plus brillant que Taurore.

LE CHOEUR

0 douce paix !

Heureux le cœur qui ne te perd jamais !

1 u Mais les méchants sont comme une mer toujours agitée, qui ne peut se calmer... Il n'y a point de paix pour les méchants. » (Isai£, ch. LVii, vers. 20, 21 ; et ch. XLViii, vers. 22.) — Je doute, dit Tabbé d'Olivet, que le pronom relatif la puisse être mis après nulle paix. Tout pronom rappelle son antécédent; or l'antécédent est nulle paix. Ce vers signifleroit donc que l'impie cherche nulle paix et que nulle paix le fuit. Après cette observation, d'Olivet cite Dumarsais, qui a dit dans V Encyclopédie, au mot article : « Je crois que le feu, la « vivacité, l'enthousiasme que le style poétique demande, ont pu au> M toriser Racine à dire :

Nulle paix poar rimpie : il la cherche, elle fuit.

M Mais cette expression ne seroit pas régulière en prose, parceque la M première proposition étant universelle négative, les pronoms la et X elle des propositions qui suivent ne doivent pas rappeler dans un " sens aflSrmati^t individuel un mot qui a d'abord été pris dans un « sens négatif universel, n

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