ACTE II, SCENE IX
UNE AUTRE ISRAÉLITE^ « ' /'j'i ."
Pour comble de prospérité, /. :
Il espère revivre en sa poslérité; Et d'enfants à sa table un^ riante troupe Semble boire avec lui la joie à pleine coupe S .. • ?
(Tout le reste eslx^hant^.^ "• 1
LE CHOEUR. ' \-
' Heureux, dit-on, le peuple florissant ... *
Sur qui ces biens coulent en abondance! Plus heureux le peuple innocent ...
Qui dans le Dieu du ciel a mis sa confiance! •
UNE ISRAÉLrrE, .seule.
Pour contenter ses frivoles désirs, .
L'homme insensé vainement se consu^ie :
Il trouve Tamertume
Au milieu des plaisirs. ...-,»
UNE AUTRE, seule.
Le bonheur deriflipie est toujours agité; Il erre à la merci de sa propre inconstance.
Ne cherchons la félicité
Que dans la paix de Tinnocence. ,- . "
LA MÊME , avec une autre. : . , •
0 douce paix!
0 lumière éternelle !
Beauté toujours nouvelle!
Heureux le cœur épris de les attraits ! . ,
• t Boire la joie : expression énergique et audacieuse, empTuntér de Virgile, qui dit que Didon buvoit Tamour à longs traits.
« Longumque bibebal amorem. »
JÎNBiD., lib. I, V. 753.
Mais Virgile est beaucoup plus hardi : Uacine emploie un correctif ; il se sert du mot coupe, qui adoucit la métaphore. J.-B.- Rousseau dans sa Cantate de Bacchus, a plus imité Racine que Racine n'a imité Virgile:
La céleste troupe,
Dans ce jitsvanUy
Boita pleine; coupe-
L'immortalité. (G. • . . 1
O douce paix !
O iamière éternelle!
Heureux le cœur qui ne te perd jamais!
LE CHQBUP.*
O douce paix !
O lumière étemelle l Beauté toujours nouvelle !
0 douce paix l Heureux le coeur qui ne te perd jamais !
LA MÊME, «eule.
Nulle paix ppur Timpie : il la cherche, elle fuit^ ; Et le calme en son cœur ne trouve point de place :
Le glaive au dehors le poursuit ;
Le remords au dedans le glace.
UNE AUTRE
lA gloire des m(N^bants en un moment s*éteint ;
L^affreux tombeau pour jamais les dévore. (1 n'en est pas ainsi de celui qui te craint; Il renaîtra, mon Dieu, plus brillant que Taurore.
LE CHOEUR
0 douce paix !
Heureux le cœur qui ne te perd jamais !
1 u Mais les méchants sont comme une mer toujours agitée, qui ne peut se calmer... Il n'y a point de paix pour les méchants. » (Isai£, ch. LVii, vers. 20, 21 ; et ch. XLViii, vers. 22.) — Je doute, dit Tabbé d'Olivet, que le pronom relatif la puisse être mis après nulle paix. Tout pronom rappelle son antécédent; or l'antécédent est nulle paix. Ce vers signifleroit donc que l'impie cherche nulle paix et que nulle paix le fuit. Après cette observation, d'Olivet cite Dumarsais, qui a dit dans V Encyclopédie, au mot article : « Je crois que le feu, la « vivacité, l'enthousiasme que le style poétique demande, ont pu au> M toriser Racine à dire :
Nulle paix poar rimpie : il la cherche, elle fuit.
M Mais cette expression ne seroit pas régulière en prose, parceque la M première proposition étant universelle négative, les pronoms la et X elle des propositions qui suivent ne doivent pas rappeler dans un " sens aflSrmati^t individuel un mot qui a d'abord été pris dans un « sens négatif universel, n