‹ Œuvres dramatiques, avec les notes de tous les commentateurs, publ. par m. Aimé-MartinChapitre 299 sur 397 · ACTE II, SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IX

ÉLISE, sans chanter.

Mes sœurs, j'entends du bruit dans la chambre prochaine. On nous appelle : allons rejoind^re notre reine ^.

1 C'est ici principalement que bous devons admirer l'adresse avec laquelle Racine a su lier ses chœurs avec l'action. Les tragiques anciens, à l'exception de Sophocle, n'ont point atteint à ce genre de perfection. Le chœur, selon la remarque de Voltaire, remplissoit chez eux l'intervalle des actes, et paroissoit toujours sur la scène. Il y avoit en cela plus d'un inconvénient; car ou il pari oit dans les entr'actes de ce qui s'étoitjpassé dans les actes précédents, et c'étoit use répétition fatigante ; ou il prévepoit de ce qui devoit arriver dans le* actes suivants, et cette annonce déroboit le plaisir de la surprise ; ou enfin il étoit étranger au àujet, et par conséquent il devoit ennuyer. Ces inconvénients, ou plutôt les difficultés de les éviter, déterminèrent nos poëtes à ne plus faire usage des chœurs. Ce fut Hardy qui donna le premier exemple de cette réforme en 1617. ( L. B.) -^ Cette noie est un peu sévère, surtout pour les chœurs des tragédies grecques ; ceux de VHécube d'Euripide, par exemple, ne sont point étrangers à l'action, et ressemblent beaucoup à ceux d^EttAer, Nous en avons cité un exemple, acte I, se. il.

FIN DU SECOND ACTE

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