‹ Œuvres dramatiques, avec les notes de tous les commentateurs, publ. par m. Aimé-MartinChapitre 336 sur 397 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

JOSABETH, ZACHARIE, SALOMITH, le chœur.

JOSABETH

Mais que vois-je? Mon fils, quel sujet vous ramène ? Où courez-vous ainsi tout pâle et hors d'haleine ?

ZACHARIE

O ma mère î

JOSABETH

Hé bien! quoi?

ZACHARIE

Le temple est profané ' !

Comment?

ZACHARIE

Et du Seigneur Tautel abandonné.

1 Admirons comment , dès les premiers vers da second acte , la scène est déjà tout en mouvement par cette irruption soudaine et imprévue d'Athalie dans le temple. On va bientôt savoir les raisons de cette démarche si étrange. Dans cette pièce, dont l'action est de la plus grande simplicité, rien ne languit ; tout marche, aan& x«as:^M>SÈ^ sage et sans épisode. (G.)

IL , -Sb

5U . ATHALΣ.

JOSABETH

Je tremble. Hâtez^vous d'éclaircir votre mère.

ZACHARIE

Déjà, selon la loi, le grand prêtre mon père , Après avoir au Dieu qui nourrit les humains De la moisson nouvelle offert les premiers pains, Lui préf^ntoit encore entre ses mains sanglantes Dtis victiipes de paix les entraille» fumantes ; Debout à ses côtés le jeune Éliacin Gomme moi le servoit en long habit de lin ; Et ce|)endant du sang de la chair immolée I^es prêtres arrosoient Tautel et l'assemblée * : Un bruit confus s'élève, et du peuple surpris Détourne tout à coup les yeux et les esprits* Une femme... Peut-on la nommer sans blaspbème? Une femme... Cétoit Athalie elle-même.

JOSABETB.

Ciel !

ZACHARIE

Dans un des parvis aux hommes réservé. Cette femme superbe entre, le front levé, Et se préparoi t même à passer les limites De Tenceinte sacrée ouverte aux seuls lévites. Le peuple s'épouvante, et fuit de toutes parts. Mon père... Ah ! quel courroux animoil ses regards .' Moïse à Pharaon parut moins formidable : « Reine, sors, a-t-il dit, de ce lieu redoutable, « D'où te bannit ton sexe et ton impiété. « Viens «tu du Dieu vivant braver la majesté?» La reine alors, sur lui jetant un œil farouche. Pour blasphémer sans doute ouvroit déjà la bouche : J'ignore si de Dieu l'ange se dévoilant

1 Racine s'est trompé ici sur les rites. On n'arrosoit point rassemblée du sang de la victime. Le prêtre trempoit simplement un doigt dans le sang, et en faisoit sept aspersions devait le voile du sanctuaire ; il en frottoit les cornes de l'autel, et répandoit le reste au pied du même autel. L'auteur a confondu avec le rite judaïque ce qu'il avoit lu dans le ch. xxiv de l'Exode, où il est dit que Moïse fit l'aspersion du sang de la victime sut \e pevipVe a&^«ca\>\é\ Tcva.\sll n'y avoit point encore de rite ni de céréinomea\é%a\ea. VAcad.^

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