SCÈNE VIII
ROXANE, ZATIME.
ZATIME.
Pardonnez si j'ose vous troubler :
Mais, madame, un esclave arrive de l'armée ; Et quoique sur la mer la porte fût fermée. Les gardes, sans tarder, l'ont ouverte à genoux, Aux ordres du sultan qui s'adressent à vous. Mais ce qui me surprend, c'est Orcau qu'il envoie -.
ROXANE
Orcan î
ZATIME.
Oui, de tous ceux que le sultan emploie, Orcan, le plug fidèle à servir ses desseins, Né sous le ciel brûlant des plus noirs Africains. Madame, il vous demande avec impatience. Mais j'ai crû vous devoir avertir par avance ;
1 Offre, du temps de Racine, étoit des deux genres ; aujaurd'hui il ne s'emploie qu'au féminin. (G.)
2 L'arrivée de cet Orcan, qu'on ne voit pas, redouble l'intérêt, augmente la terreur, parcequ'on soupçonne qu'il est porteur d'ordres atroces. Cet incident coupe le monologue de Roxane : la seconde partie est bien plus vive que la première, parcequ'il survient à Roxane un nouvel embarras. La situation de la sultane est vraiment théâtrale. {G.|