‹ Œuvres dramatiques, avec les notes de tous les commentateurs, publ. par m. Aimé-MartinChapitre 340 sur 397 · ACTE II, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE IV

Avec tout autre dieu toute société.

Hé quoi ! vous de nos rois et la fille et la mère, Êtes-vous à ce point parmi nous étrangère? Ignorez- vous nos lois? et faut-il qu'aujourd'hui... Voici votre Mathan : je vous laisse avec lui *.

ATHALIE

Votre présence, Abner, est ici nécessaire *. Laissons là de Joad Taudace téméraire, Et tout ce vain amas de superstitions - Qui ferment votre temple aux autres nations : Un sujet plus pressant excite mes alarmes. Je sais que, dès Tenfance élevé dans les armes, Abner a le cœur noble, et qu'il rend à la fois Ce qu'il doit à son Dieu, ce qu'il doit à ses rois. Demeurez.

• On a critiqué cette expression votre^ comme peu respectueuse. II est certain que le pronom vo^re, ainsi placé, n'est jamais insignifiant : il exprime toujours quelque sentiment particulier d'affection, de haine ou de mépris. Nous trouverons, dans Athalie même, des exemples de ces trois acceptions. Ici, votre Mathan marque du mépris, non pas pour la reine, mais pour cet indigne prêtre, et renferme même un secret reproche de la confiance qu' Athalie lui accorde : Abner, dans toute la sincérité de son zèle, ne croit pas devoir déguiser à la reine l'horreur que lui inspire cet apostfit. (G.)

s Âbner a suivi la reine pour prendre auprès d'elle la défense de Joad ; elle le retient, parcequ'elle veut se servir de lui pour satisfaire l'impatience qu'elle a de voir sur-le-champ Éliacin. Personne n'est plus propre qu' Abner à obtenir de Joad- cette complaisance, qu'il pourroit bien ne pas avoir, si le brave Abner ne la demandoit lui-même, et ne lui répondoit de l'enfant qu'tV prend sous sa garde. Athalie n'a pas encore autour d'elle ses moyens de force, et c'est pour cela qu'elle ne parle pas encore en souveraine. On sait que le temple étoit une espèce de forteresse susceptible de défense. Tel est le motif très plausible de l'espèce de confiance qu'elle témoigne un moment à ce même Abner, que d'ailleurs elle estime trop pour l'aimer : les méchants ne peuvent aimer que leurs complices. Aussi Abner a-t-il la discrétion de vouloir se retirer dès qu'il voit paroître le digne confident d'Âthalie; et les raisons qu'elle a de retenir Abner étoient le seul moyen de le mettre en scène avec Mathan, qu'il doit mépriser et détester. On verra dans la scène suivante les beautés qui en résultent. {L,\

:i«8 ATHALIE.

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